lundi 28 décembre 2009
"LE SARKOZYSME EST UNE PATHOLOGIE SOCIALE" !!
"Ce que Sarkozy propose, c'est la haine de l'autre" :

LE MONDE | 26.12.09 | 14h42 • Mis à jour le 26.12.09 | 15h21
Démographe et historien, Emmanuel Todd, 58 ans, est ingénieur de recherche à l'Institut national d'études démographiques (INED).
Inspirateur du thème de la fracture sociale, repris par Jacques Chirac lors de sa campagne présidentielle de 1995, il observe depuis longtemps la coupure entre élites et classes populaires. Il livre pour la première fois son analyse du débat sur l'identité nationale. Sans dissimuler sa colère. "Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature", estime-t-il.
Que vous inspire le débat sur l'identité nationale ?
Je m'en suis tenu à l'écart autant que possible, car ce débat est, à mes yeux, vraiment pervers. Le gouvernement, à l'approche d'une échéance électorale, propose, je dirais même impose, une thématique de la nation contre l'islam. Je suis révulsé comme citoyen. En tant qu'historien, j'observe comment cette thématique de l'identité nationale a été activée par en haut, comme un projet assez cynique.
Quelle est votre analyse des enjeux de ce débat ?
Le Front national a commencé à s'incruster dans le monde ouvrier en 1986, à une époque où les élites refusaient de s'intéresser aux problèmes posés par l'intégration des populations immigrées.
On a alors senti une anxiété qui venait du bas de la société, qui a permis au Front national d'exister jusqu'en 2007. Comme je l'ai souligné dans mon livre, Le Destin des immigrés (Seuil), en 1994, la carte du vote FN était statistiquement déterminée par la présence d'immigrés d'origine maghrébine, qui cristallisaient une anxiété spécifique en raison de problèmes anthropologiques réels, liés à des différences de système de moeurs ou de statut de la femme. Depuis, les tensions se sont apaisées. Tous les sondages d'opinion le montrent : les thématiques de l'immigration, de l'islam sont en chute libre et sont passées largement derrière les inquiétudes économiques.
La réalité de la France est qu'elle est en train de réussir son processus d'intégration. Les populations d'origine musulmane de France sont globalement les plus laïcisées et les plus intégrées d'Europe, grâce à un taux élevé de mariages mixtes. Pour moi, le signe de cet apaisement est précisément l'effondrement du Front national.
On estime généralement que c'est la politique conduite par Nicolas Sarkozy qui a fait perdre des voix au Front national...
Les sarkozystes pensent qu'ils ont récupéré l'électorat du Front national parce qu'ils ont mené cette politique de provocation, parce que Nicolas Sarkozy a mis le feu aux banlieues, et que les appels du pied au FN ont été payants. Mais c'est une erreur d'interprétation. La poussée à droite de 2007, à la suite des émeutes de banlieue de 2005, n'était pas une confrontation sur l'immigration, mais davantage un ressentiment anti-jeunes exprimé par une population qui vieillit. N'oublions pas que Sarkozy est l'élu des vieux.
Comment qualifiez-vous cette droite ?
Je n'ose plus dire une droite de gouvernement. Ce n'est plus la droite, ce n'est pas juste la droite... Extrême droite, ultra-droite ? C'est quelque chose d'autre. Je n'ai pas de mot. Je pense de plus en plus que le sarkozysme est une pathologie sociale et relève d'une analyse durkheimienne - en termes d'anomie, de désintégration religieuse, de suicide - autant que d'une analyse marxiste - en termes de classes, avec des concepts de capital-socialisme ou d'émergence oligarchique.
Le chef de l'Etat a assuré qu'il s'efforçait de ne pas être "sourd aux cris du peuple". Qu'en pensez-vous ?
Pour moi, c'est un pur mensonge. Dans sa tribune au Monde, Sarkozy se gargarise du mot "peuple", il parle du peuple, au peuple. Mais ce qu'il propose aux Français parce qu'il n'arrive pas à résoudre les problèmes économiques du pays, c'est la haine de l'autre.
La société est très perdue mais je ne pense pas que les gens aient de grands doutes sur leur appartenance à la France. Je suis plutôt optimiste : quand on va vraiment au fond des choses et dans la durée, le tempérament égalitaire des Français fait qu'ils n'en ont rien à foutre des questions de couleur et d'origine ethnique ou religieuse !
Pourquoi, dans ces conditions, le gouvernement continue-t-il à reprendre à son compte une thématique de l'extrême droite ?
On est dans le registre de l'habitude. Sarkozy a un comportement et un vocabulaire extrêmement brutaux vis-à-vis des gamins de banlieue ; il les avait utilisés durant la campagne présidentielle tandis qu'il exprimait son hostilité à l'entrée de la Turquie dans l'Union européenne dans un langage codé pour activer le sentiment antimusulman. Il pense que cela pourrait marcher à nouveau.
Je me demande même si la stratégie de confrontation avec les pays musulmans - comme en Afghanistan ou sur l'Iran - n'est pas pour lui un élément du jeu intérieur. Peut-être que les relations entre les Hauts-de-Seine et la Seine-Saint-Denis, c'est déjà pour lui de la politique extérieure ? On peut se poser la question...
Si vous êtes au pouvoir et que vous n'arrivez à rien sur le plan économique, la recherche de boucs émissaires à tout prix devient comme une seconde nature. Comme un réflexe conditionné. Mais quand on est confronté à un pouvoir qui active les tensions entre les catégories de citoyens français, on est quand même forcé de penser à la recherche de boucs émissaires telle qu'elle a été pratiquée avant-guerre.
Quels sont les points de comparaison avec cette période ?
Un ministre a lui-même - c'est le retour du refoulé, c'est l'inconscient - fait référence au nazisme. (Christian Estrosi, le 26 novembre, a déclaré : "Si, à la veille du second conflit mondial, dans un temps où la crise économique envahissait tout, le peuple allemand avait entrepris d'interroger sur ce qui fonde réellement l'identité allemande, héritière des Lumières, patrie de Goethe et du romantisme, alors peut-être, aurions-nous évité l'atroce et douloureux naufrage de la civilisation européenne.") En manifestant d'ailleurs une ignorance de l'histoire tout à fait extraordinaire. Car la réalité de l'histoire allemande de l'entre-deux-guerres, c'est que ce n'était pas qu'un débat sur l'identité nationale. La différence était que les nazis étaient vraiment antisémites. Ils y croyaient et ils l'ont montré. La France n'est pas du tout dans ce schéma.
Il ne faut pas faire de confusion, mais on est quand même contraint de faire des comparaisons avec les extrêmes droites d'avant-guerre. Il y a toutes sortes de comportements qui sont nouveaux mais qui renvoient au passé. L'Etat se mettant à ce point au service du capital, c'est le fascisme. L'anti-intellectualisme, la haine du système d'enseignement, la chasse au nombre de profs, c'est aussi dans l'histoire du fascisme. De même que la capacité à dire tout et son contraire, cette caractéristique du sarkozysme.
La comparaison avec le fascisme, n'est-ce pas excessif ?
Il ne s'agit pas du tout de dire que c'est la même chose. Il y a de grandes différences. Mais on est en train d'entrer dans un système social et politique nouveau, qui correspond à une dérive vers la droite du système, dont certains traits rappellent la montée au pouvoir de l'extrême droite en Europe.
C'est pourtant Nicolas Sarkozy qui a nommé à des postes-clés plusieurs représentantes des filles d'immigrés...
L'habileté du sarkozysme est de fonctionner sur deux pôles : d'un côté la haine, le ressentiment ; de l'autre la mise en scène d'actes en faveur du culte musulman ou les nominations de Rachida Dati ou de Rama Yade au gouvernement. La réalité, c'est que dans tous les cas la thématique ethnique est utilisée pour faire oublier les thématiques de classe.
Propos recueillis par Jean-Baptiste de Montvalon et Sylvia Zappi
lundi 7 décembre 2009
COMME PRÉVU, LE "DÉBAT" A TOTALEMENT DÉRAPE !!
"Une certaine idée…" du comptoir :

NOUVELOBS.COM | 04.12.2009 | 19:06
Toute ma vie, je me suis fait une certaine idée de la France…" (Charles de Gaulle, "Mémoires de guerre") -
Ne soyons pas sectaires ! Dans son "contre débat", nouvelobs.com peut accepter quelques occurrences du débat (le vrai, l'officiel) lancé par Eric Besson.
Le "contre débat" ne stigmatise personne, contrairement à son alter ego
gouvernemental. Reprenons donc quelques propos du ministre de
l'Identité nationale : "Les réflexions de comptoir, cela fait partie de l'identité nationale".
Eh ben voilà ! Ca va mieux en le disant. Eric Besson a bien dit qu'il
voulait débattre mais, de temps en temps, il fait un petit recadrage.
Il arbitre. Désormais, on sait que les fameuses "brèves de comptoir"
sont permises. Comme celle-ci, par exemple : "C'est pas du racisme de
dire qu'ils sont trop nombreux" (Jean-Marie Gourio, "Brèves de comptoir
2000, Ed. Michel Lafon). On a le droit de dire ça ?
Remarquez, le Monde a montré que le site du gouvernement comprenait son lot de phrases xénophobes.
Une de plus, une de moins... Et puis, peut-être que Besson dit ça par
solidarité gouvernementale. Brice Hortefeux a bien dit à propos des
Arabes : "Quand il y en a un ça va, c'est quand il y en beaucoup qu'il y a des problèmes".
Du coup, ça devient compliqué de dire que les "réflexions de comptoir"
ne sont pas les bienvenues. Remarquez, ça va sûrement mettre du piquant
dans le débat. Accoudé au zinc, un ballon de rouge
à la main, c'est ainsi qu'ont germé les plus belles envolées lyriques.
Il n'y a pas à rougir de ce monument national qu'est le bistrot du
coin. Et faisons fi des accusations de beaufisme. Au reste, le beauf
est incontestablement français. D'où vient l'expression "beauf" ? Des
épiceries alimentaires "Beurre – œuf – fromage" (BOF). Par la suite, "Bof" a servi à désigner la personne qui s'est enrichie durant la guerre grâce au marché noir.
Il n'y a donc plus aucun doute : le beauf est historique et a toute sa
place dans le débat sur l'identité nationale. Qu'en conclure ? Que le
débat du gouvernement ne doit pas être organisé par les préfectures
mais par les cafetiers. Ce sera moins hypocrite.
François Sionneau
mercredi 18 novembre 2009
FILLON NE SE FAIT PAS ENTENDRE AU CONGRÈS DES MAIRES !!
Copieusement sifflé par les maires, Fillon persiste sur la TP :

NOUVELOBS.COM | 18.11.2009 | 18:58
Malgré
de nombreux chahuts, le Premier ministre a évoqué "son respect" des
élus locaux. Il n'a toutefois pas réussi à désamorcer la fronde des
élus locaux face aux réformes controversées du gouvernement.
Venu
pour rassurer les élus locaux sur le bien-fondé de la réforme de la
taxe professionnelle, le Premier ministre François Fillon n'a pas
reculé d'un iota mardi 17 novembre, provoquant l'incompréhension et le
désarroi des maires de France venus en congrès pour discuter de la
réforme des collectivités territoriales. Déjà, cela commençait mal. Le
Premier ministre François Fillon a été copieusement sifflé dès son arrivée au Congrès des maires de France réuni à Paris. Opposés à la réforme de la taxe professionnelle, les élus ont crié : "Où est Sarko? Où est Sarko?",
le chef de l'Etat, bien qu'invité, n'étant pas présent. Le président
UMP de l'Association des départements de France, Jacques Pélissard, a
réclamé "du respect" et "un accueil républicain" pour le chef de
gouvernement. L'an dernier, François Fillon s'était déjà fait siffler
par les maires sur le service minimum d'accueil, que doivent mettre en
place les communes en cas de grève des enseignants.
Fillon persiste et signe
Malgré l'impopularité de la réforme parmi les élus locaux, François
Fillon ne veut pas reculer. Devant les maires réunis jusqu'à jeudi,
Porte de Versailles à Paris, il a assuré que l'exécutif ne "pouvait
accepter de repousser" la réforme de la taxe professionnelle, qu'il a qualifiée de "vitale".
"On peut toujours trouver des raisons de reporter une réforme, qui, au
demeurant, est réclamée depuis longtemps pratiquement par tout le
monde", a lancé le Premier ministre à la tribune, devant un parterre de
plusieurs milliers d'élus. Mais "la violence de la crise économique et
l'exacerbation de la concurrence internationale justifient sa mise en
oeuvre immédiate", a-t-il justifié.
"Ne pas inscrire cette réforme dans l'actuel projet de loi de finances,
cela aurait été prendre une année de retard au moins dans sa mise en
oeuvre. Une année de retard alors même que la reprise se joue
maintenant!", a insisté le chef du gouvernement.
Boycott du discours
Devant tant de détermination, plusieurs dizaines d'élus locaux ont
commencé à quitter l'enceinte où le Premier ministre continuait à
s'exprimer. "Ca sert à rien de rester. C'est du baratin
", a déclaré à l'AFP Pascal Cherki, maire PS du XIVe arrondissement de
Paris, un des élus qui quittaient la salle. Le président du groupe PS
au Sénat, Jean-Pierre Bel, a estimé que le Premier ministre "n'a pas
entendu le désarroi des élus locaux" face à des projets "régressifs".
Dans un communiqué, Jean-Pierre Bel "déplore l'entêtement du
gouvernement à improviser la suppression de la ressource principale des
collectivités locales et à imposer la réforme territoriale".
"Sous l'enrobage démagogique de la baisse de la dépense publique se
cachent des visées purement politiciennes: asphyxier les
contre-pouvoirs locaux et marginaliser les collectivités locales!",
ajoute-t-il.
Garanties
Pourtant, François Fillon a bien tenté de les rassurer. Il a garanti
que "les ressources financières des collectivités locales seront confortées"
après la réforme. "Il ne s'agit pas de réduire les ressources
financières des collectivités locales : elles seront confortées à
l'issue de la réforme que propose le gouvernement", a-t-il déclaré
"Il ne s'agit pas de redéployer les charges des entreprises vers les
ménages: les ménages ne sont pas affectés par la réforme", a aussi dit
François Fillon. Il a aussi annoncé qu'il désignerait "dans les
prochains jours un médiateur" pour venir en aide aux collectivités
confrontées à des "emprunts toxiques", lors d'un discours devant
plusieurs milliers d'élus réunis au Congrès des maires de France.
"Par respect"
Le Premier ministre François Fillon a justifié sa présence au congrès
des maires par "le respect" qu'il leur doit. "Le respect et la vérité,
c'est ce qui justifie ma participation à cette nouvelle session
annuelle de votre congrès", a lancé le chef du gouvernement. "Il y a
des questions, des doutes, parfois des inquiétudes ou des critiques sur
les réformes en cours", a-t-il ajouté devant une salle pleine, où le
public dépassait largement les quelque 4.000 places assises.
"C'est mon rôle d'être parmi vous pour vous faire part de mes
convictions et répondre aux questions légitimes que vous vous posez"
(..), a-t-il poursuivi. "C'est pourquoi j'ai répondu à l'invitation de
votre président", a-t-il ajouté.
Sarkozy aux abonnés absents
Un président étrangement bien absent. Nicolas Sarkozy, en
visite en Arabie Saoudite ne devrait pas participer au congrès. Le
président a préféré inviter le 20 novembre, au lendemain de la clôture
du Congrès, 700 maires à l'Elysée, toutes étiquettes confondues, pour
débattre avec eux des réformes.
Une formule qui ne satisfait pas le PS : il a demandé à Nicolas Sarkozy
de "venir expliquer" la réforme des territoires devant le Congrès. Dans
le cas contraire, il ne participera pas à la réunion du 20 novembre.
En revanche, pour le président de l'AMF, Jacques Pélissard (UMP), "c'est beaucoup mieux parce que cela permettra un échange entre lui et les élus".
Les maires pourront aussi affirmer leurs positions. "Nous sommes en
position idéale puisque, le 19 novembre, commence la discussion sur la
taxe professionnelle au Sénat et que les sénateurs s'inspireront de nos
travaux", a ajouté Jacques Pélissard.
L'AMF rassemble près de 36.000 maires et présidents de communautés.
lundi 14 septembre 2009
HORTEFEUX : LE SCANDALE C'EST QU'IL AIT ÉTÉ MINISTRE !!
Hortefeux, champion du rattrapage :

NOUVELOBS.COM | 12.09.2009 | 12:01
Le
ministre de l'Intérieur n'en est pas à son coup d'essai. Il a la
plaisanterie lourde, voire limite. A chaque dérapage, il a pour le
moment toujours su retrouver l'équilibre.
En août 2008, Brice Hortefeux et Fadela Amara
affichaient leur bonne entente. Brice Hortefeux vantait alors "une
volonté de travailler ensemble, nous sommes solidaires", soulignant les
origines auvergnates de Fadela Amara. Cette complicité régionale a
évolué : en janvier 2009, lors de la passation de pouvoir avec son
prédécesseur, Xavier Bertrand, Brice Hortefeux a présenté sa nouvelle
secrétaire d'Etat, Fadela Amara, en spécifiant qu'elle était "une
compatriote". "Comme ce n'est pas forcément évident, je le précise",
a-t-il ajouté. Il s'est plus tard empressé d'ajouter qu'il parlait
"évidement" de leur origine auvergnate partagée.
Lorsqu'elle était encore au gouvernement, c'est avec Brice Hortefeux que Rachida Dati a eu les rapports les plus compliqués. La garde des Sceaux dissimulait rarement ses inimitiés. Selon Libération, elle aurait qualifié à plusieurs reprises l'ancien ministre de l'Immigration de "gros raciste."
Azouz Begag a lui aussi eu des comptes à régler avec
Brice Hortefeux. Dans "Un mouton dans la baignoire", l'ancien ministre
délégué à la promotion de l'égalité des chances revient sur la manière
dont Hortefeux s'adressait à lui : "Allez, fissa, sort de la là! Dégage
d'ici, je te dis, dégage!", reprenant selon lui la manière dont les
soldats français s'adressaient à la population en Algérie.
En novembre 2007, Brice Hortefeux était l'invité du Magazine Capital sur M6.
Lorsque le présentateur lui demande s'il y aura "toujours des
sans-papiers sur le territoire français", Hortefeux répond : "Ben si
vous rêvez d'une société idéale dans laquelle il n'y aurait que des
citoyens honnêtes, propres (…), la vérité c'est que c'est un combat
permanent." Relativement passée inaperçue, la "maladresse" avait
pourtant provoqué l'indignation de Réseau éducation sans frontières.
A Seignosse, encore, Audrey Cerdan, photographe de Rue89, a surpris un
échange entre Brice Hortefeux et quatre jeunes Noirs qui voulaient se
prendre en photo avec le ministre. Les "jeunes pop"
auraient demandé au ministre : "Monsieur Hortefeux, une petite photo
pour la diversité ?" Ce dernier aurait répondu : "D'accord, d'accord,
mais vite alors. Parce que la diversité, j'ai déjà donné il y a
quelques années."
Tout récemment, en mars 2009, Brice Hortefeux voyageait avec Rama Yade.
La secrétaire d'Etat aux Sports venait de refuser de conduire la liste
UMP aux européennes en Ile-de-France, contrariant fortement Nicolas
Sarkozy. Lors de la tournée africaine de ce dernier, selon
Libération.fr, en montant dans l'avion, Brice Hortefeux, qui était du
voyage, aurait décoché à sa collègue d'origine sénégalaise: "Tu pars
avec nous et c'est bien, mais tu pourrais aussi ne pas revenir."
samedi 12 septembre 2009
LE MENSONGE COMME ULTIME ARME POUR HORTEFEUX !!
Pourquoi la défense d'Hortefeux ne tient pas :

NOUVELOBS.COM | 12.09.2009 | 12:02
Accusé
de dérapage, le ministre de l'Intérieur a pris à plusieurs reprises la
parole pour expliquer en quoi ses propos n'avaient rien de raciste.
Problème: ce qui figure sur la vidéo lui donne tort.
Accusé
de dérapage, le ministre de l'Intérieur a pris à plusieurs reprises la
parole pour expliquer en quoi ses propos n'avaient rien de raciste.
Problème: ce qui est visible sur la vidéo lui donne tort.
- L'entourage du ministre affirme que celui-ci "fait référence au
nombre de clichés déjà pris avec des Auvergnats", après qu'il eut été
"assailli" de demandes de la part de ces derniers pour poser avec eux.
Faux. Sur la vidéo, on peut entendre que la
conversation ne porte plus sur les Auvergnats mais bien sur l'origine
du militant. Ainsi, un participant parle de l'intégration, un autre
affirme qu'il (le militant) parle arabe. Enfin, juste avant que Brice
Hortefeux ne prononce sa fameuse phrase ("Il en faut toujours un. Quand
il y en a un ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des
problèmes. Allez, bon courage…"), on entend une femme dire "c'est notre
petit arabe".
Il n'est donc plus du tout question des Auvergnats ici.
- La majorité dénonce une "campagne de dénigrement " qui prouverait,
selon Xavier Bertrand, "que la gauche est prête à tout pour nous nuire".
Faux. Lemonde.fr a publié la vidéo, a interrogé le
jeune militant, a appelé le ministère de l'Intérieur. En bref,
Lemonde.fr a fait un travail journalistique. La gauche n'a
instrumentalisé personne, elle n'a fait que réagir aux propos du
ministre.
- Mise à jour vendredi 18h16 : Public Sénat a
diffusé ses propres images. Il s'agit bien des mêmes que celles
diffusées par lemonde.fr. Il n'y a eu aucun montage, contrairement à ce
que laissait entendre le jeune militant Amine Benalia-Brouch, qui a
déclaré au quotidien Sud-Ouest: "Il y a une légère coupure dans la
vidéo qui a été très bien faite".
Christophe Gueugneau
jeudi 10 septembre 2009
QUAND L'UMP S'ARRANGE AVEC LA RÉALITÉ SUR LE FORFAIT HOSPITALIER !!
Le gouvernement biaise sur le forfait hospitalier :
DESINTOX
Face aux critiques concernant le projet d'une hausse du forfait, la majorité tente de se défendre... non sans une certaine mauvaise foi.
CEDRIC MATHIOT
Intox
Dimanche dernier, le Journal du dimanche a lancé le débat en révélant un projet d’augmentation de 16 à 20 euros du forfait hospitalier, qui correspond à une prise en charge partielle des frais d’hébergement et de restauration des malades. Depuis, le gouvernement essaye de déminer les critiques. Dimanche sur Europe 1, Eric Woerth, ministre du Budget, a renvoyé les socialistes dans leur camp, affirmant : «C’est le PS qui a créé le forfait hospitalier en 1983. Et c’est le PS qui a le plus augmenté le forfait hospitalier. Il l’a augmenté sept fois, dont une fois de 38 %. Donc, qu’ils ne nous donnent pas de leçon.» Argument repris par Jean François Copé sur France Inter mercredi, avec une variante : «c'est le PS qui a crée le forfait hospitalier, et qui l'a augmenté, je crois, 38 fois».
Roselyne Bachelot, ministre de la Santé, a tenté elle une autre stratégie de défense, rejetant la responsabilité de la piste d'une hausse du forfait aux partenaires sociaux. Dimanche, sur France 5, elle affirmait : «Le JDD a repris un certain nombre de préconisations de l’assurance maladie qui étaient sans doute passées inaperçues dans la torpeur de l’été parce qu’elles datent du mois de juillet».
Desintox
Commençons par Eric Woerth. C’est bien le PS qui a créé, en 1983, le forfait hospitalier, qui s’élevait alors à 20 francs, soit trois euros. En revanche, Woerth a la mémoire un peu sélective lorsqu’il assure que c’est le PS qui a le plus augmenté le forfait depuis. Car droite et gauche ont mené, sur le sujet, une politique similaire, faite de hausses régulières, entrecoupées de quelques pauses et flambées ponctuelles. Entre 1983 et 1986, la gauche renchérit le forfait d’un franc par an. A partir de 1987, la droite, puis la gauche (à partir de 1989) le font croître de 2 francs par an. En 1991, avec la gauche, le forfait connaît sa première forte hausse, passant de 33 à 50 francs. La droite le fait ensuite progresser en moyenne de 5 francs par an entre 1993 et 1996. C’est sous le gouvernement Jospin qu’il connaît sa plus longue stabilité demeurant à 10,67 euros pendant cinq ans. En 2004, la droite l’augmente à 13 euros. Depuis, il a grimpé d’un euro par an entre 2005 et 2007, jusqu’à 16 euros. Montant inchangé depuis. Au total, la droite a fait croître le forfait hospitalier à huit reprises, le PS à sept reprises. La présentation de Woerth est au moins partiale… Copé, quant à lui, est totalement à côté de la plaque. L'affirmation selon laquelle le PS a augmenté 38 fois le forfait hospitalier est certes spectaculaire, mais tout à fait fantaisiste. Le chef des députés UMP (mauvaise lecture des fiches?) a probablement confondu le montant de la plus forte hausse du forfait sous les socialistes (quelque 38% en 1991) avec le nombre de hausses du forfait sous les socialistes.
Enfin, l'affirmation de Roselyne Bachelot est, elle, carrément mensongère. La hausse du forfait à 20 euros n’est pas une préconisation des partenaires sociaux de l’assurance maladie qui serait, selon la ministre de la santé, «passée inaperçue dans la torpeur de l’été». «L’augmentation du forfait ne figure absolument pas parmi les propositions remises au gouvernement en juillet par les conseils des caisses d’assurance maladie», a rectifié Michel Régereau, président (CFDT) du conseil d’administration de la CNAM. De fait, l’assurance maladie a bien rendu publiques, en juillet, 24 propositions pour 2010. Le forfait hospitalier n’y est nulle part mentionné.
mercredi 2 septembre 2009
NOUS VIDEO-SURVEILLER, UNIQUE PISTE DU GOUVERNEMENT FACE A L'INSÉCURITÉ !!
Les caméras de surveillance vivement dénoncées :

NOUVELOBS.COM | 02.09.2009 | 14:21
A l'occasion de la publication des chiffres de l'Observatoire de la délinquance, Brice Hortefeux a annoncé que le nombre des caméras de surveillance sur la voie publique passerait de "20.000 à 60.000 d'ici 2011". Une initiative contestée par le PS et la Cnil.
Réagissant au bilan de l'Observatoire national de la délinquance (OND)
publié lundi, qui pointe notamment une augmentation significative des
violences à la personne (+4,13%) et une hausse inquiétante de 12 % des
cambriolages, le ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux a annoncé dans une interview donnée au Figaro, mercredi 19 août, vouloir "tripler" le nombre des caméras de surveillance de l'hexagone.
Pour le "premier flic de France", ces dernières bénéficient d'un "fort
pouvoir de dissuasion", mais pas seulement. Le ministre leur trouve
également un sérieux intérêt pour identifier les auteurs de méfaits.
Leur nombre sur la voie publique "passera donc de 20.000 à 60.000 d'ici à 2011", peut-on lire dans l'article du Figaro, justement intitulé : "La riposte de Brice Hortefeux".
"Déplacer la délinquance"
Pour le secrétaire national du PS chargé de la sécurité, Jean-Jacques Urvoas,
"il s'agit d'une mauvaise réponse". "Aucune étude scientifique ne
démontre l'efficacité de la vidéo surveillance pour lutter contre la
délinquance", explique-t-il, avant d'ajouter, citant le criminologue
Alain Bauer, qu'"elle ne fait que déplacer le problème". Il s'amuse que
cette question refasse surface après la publication du bilan 2009 de
l'OND et avance une explication : "Brice Hortefeux ne fait que
gesticuler pour cacher les chiffres. La vérité c'est que depuis que Nicolas Sarkozy est au pouvoir, la délinquance n'a jamais baissé, pas plus que quand il était ministre de l'Intérieur", dénonce-t-il.
L'idée de Brice Hortefeux, ne date en effet pas d'hier, et n'est d'ailleurs pas de lui. Michèle Alliot-Marie,
ministre de l'Intérieur jusqu'au dernier remaniement ministériel, avait
annoncé en novembre 2007, vouloir 60.000 caméras en France avant...
2009. Une enveloppe d'1 million d'euros devait à
l'époque être versée à une vingtaine de communes ayant des
installations ou des projets de vidéosurveillance bien avancés.
Mais "le chantier à pris du retard", nous indique le ministère de
l'Intérieur, expliquant que "ce sont les communes qui financent ce
projet, avec le fond d'investissement interministériel de prévention de
la délinquance. [35 millions d'euros de budget en 2009, ndlr]. Voilà
pourquoi il ne pourra être terminé que fin 2011, portant le chiffre à
60.000".
Contrôle inexistant
"Le chiffre !? Quel chiffre ?", s'insurge Jean-Jacques Urvoas. Selon
lui, "il est impossible de connaître le coût de ces installations", ni
d'ailleurs le nombre exact de caméras de vidéosurveillance sur
l'hexagone. "Le gouvernement nous sert des chiffres invérifiables",
argumente-t-il, avant d'ironiser : "C'est bien beau de vouloir tripler
un nombre qui n'existe pas !" Pour lui, "il faut qu'il y ait un
contrôle plus important".
Pour l'instant, le contrôle n'existe pas. Le président de la Commission nationale informatique et liberté (Cnil), Alex Türk, est catégorique. "Personne, y compris au ministère de l'Intérieur, n'est capable de déterminer le nombre exact de
caméras de surveillance sur la voie publique [...] certaines sont
illégales". Il préconise un contrôle global et professionnel sur la
question, dont "la Cnil doit être investie", explique-t-il, avant
d'ajouter qu'il "attend depuis juillet une réponse du gouvernement".
Pour lui, "on ne peut pas continuer en l'état, il faut une garantie
pour le citoyen, et cette garantie passe par un contrôle et l'écriture
d'une charte".
Jean-Jacques Urvoas a, quant à lui, une autre solution : "Pourquoi ne
pas maintenir le nombre des fonctionnaires des forces de l'ordre, au
lieu d'en supprimer 8.000?" propose-t-il.
jeudi 27 août 2009
PLUS ON EST DE FOUS ET PLUS ON RIT !!
Le gouvernement Fillon victime d’inflation :

L’exécutif va passer la barre des quarante membres avec de nouvelles nominations.
Par ALAIN AUFFRAY
Nicolas Sarkozy l’avait promis pendant sa campagne présidentielle : avec lui, plus question de distribuer généreusement les maroquins pour récompenser des services rendus ou pour amadouer de futurs partenaires électoraux. La «rupture», c’était aussi ça.
De cette promesse, il ne reste rien. Avec la nomination attendue de nouveaux secrétaires d’Etat - notamment celle du fidèle Frédéric Lefebvre -, le gouvernement passe la barre des 40 membres, ce qui en fait l’un des plus peuplé de la Ve République. Dans son rapport sur la modernisation des institutions, le comité Balladur avait noté qu’avec trente-cinq ministres en moyenne, la France consommait nettement plus de ministres que la plupart des démocraties occidentales.
«Contradiction». Régulièrement renforcé par de nouveaux arrivants, le gouvernement «resserré» de François Fillon, qui se réunit aujourd’hui pour le Conseil des ministres de rentrée, est d’ores et déjà plus peuplé que ceux qu’avaient conduits Alain Juppé en 1995 ou Dominique de Villepin en 2005 sous les présidences de Jacques Chirac. Le premier comptait 33 membres, le second s’était contenté de 31.
Le porte-parole adjoint de l’UMP, Dominique Paillé, s’est efforcé hier de démontrer qu’en dépit des apparences, le gouvernement Fillon était bel et bien «resserré» : «L’engagement de Nicolas Sarkozy portait sur le nombre de ministres pleins. Il ne devait pas y en avoir plus de 20. Nous sommes à 18…» Il a souligné que les secrétaires d’Etat sont tous «délégués» auprès d’un ministre plein ou du Premier ministre et qu’ils n’ont donc pas d’administration propre. Il n’empêche : au moment où l’exécutif s’apprête à défendre une réforme de l’organisation territoriale qui supprime plusieurs milliers d’élus, l’inflation ministérielle fait mauvais effet. «Il y a là, c’est vrai, comme une contradiction», reconnaît un dirigeant UMP.
Dans l’entourage de Nicolas Sarkozy, on ne se donne même plus la peine de raconter que l’objectif serait de donner au pays un exécutif plus efficace. Il s’agit avant tout de «trouver quelque chose» à Frédéric Lefebvre, éjecté de son siège de député suppléant des Hauts-de-Seine après le retour de son titulaire André Santini, lui-même sorti du gouvernement en juin. Puisqu’on a promis de «ne pas le laisser tomber», Frédéric Lefebvre peut espérer un secrétariat d’Etat. Lequel ? La question n’est pas tranchée. Mais l’intéressé fait savoir, à toutes fins utiles que ses «centres d’intérêt» sont «la culture et la communication, ainsi que l’économie». L’hypothèse d’un rattachement à Bercy tient la corde. Lefebvre pourrait se voir confier la Consommation.
Maroquin. Par la même occasion, le chef de l’Etat pourrait aussi offrir un maroquin - celui de la Fonction publique, par exemple - au radical de gauche Paul Giacobbi, député et président du conseil général de Haute-Corse. Cela permettrait de donner un minimum de consistance à l’engagement pris de «poursuivre l’ouverture» tout en offrant à l’UMP un allié de poids pour les élections territoriales prévues dans l’île en mars 2010.
lundi 24 août 2009
CES MINISTRES QUI AIMENT LES GRANDES SURFACES !!
Les figurants lors des visites de ministres :

NOUVELOBS.COM | 21.08.2009 | 10:02
Les commentaires de la presse, jeudi 20 août, sur les figurants présents lors des visites des ministres.
Luc Chatel en visite à Intermarché : le ministre se défend
par rue89
LA CHARENTE LIBRE
(Jacques Guyon)
"(...)Du coup, ces mauvais esprits de journalistes n'ont pu s'empêcher d'évoquer quelques précédents: Nadine Morano dans une situation assez semblable l'an dernier, les intermittents engagés par la Ligue contre la violence routière pour écouter un discours de Sarkozy il y a trois ans, ou encore Olivier Stirn, ministre de Rocard, viré après qu'on ait découvert qu'il avait payé des figurants pour un colloque. Libération a consacré hier un article à cette affaire, regrettant que le ministère n'ait pas répondu à ses interrogations...Hier, la direction du supermarché est venue fort opportunément mettre fin à de telles vilenies. Elle explique que c'est elle seule, et donc 'ni le ministre, ni ses collaborateurs', qui est à l'origine de cette 'initiative d'inviter un certain nombre de salariés' pour faire la claque. Nous voilà soulagés. Et totalement convaincus par l'explication de ce directeur qui, la veille, expliquait pourtant: 'notre ministre n'a pas besoin de publicité'. Parole d'expert."
Nadine Morano en opération de com rondement menée
par rue89
Luc Chatel en visite chez Intermarché : une cliente séduite
envoyé par rue89. - L'info video en direct.
L'ALSACE
(Patrick Fluckiger)
"Luc Chatel, le ministre de l'Éducation, nie catégoriquement avoir demandé la mise en place d'une " claque " chargée d'illustrer sa visite, lundi, dans un supermarché de la région parisienne, où il venait s'enquérir du prix des fournitures scolaires. Il n'empêche : le comité d'accueil existait, et il avait pour but unique de mettre en valeur la visite gouvernementale face aux caméras de télévision. La direction du magasin a pris sur elle l'entière responsabilité de cette initiative " inappropriée ", et affirme que les laudateurs interviewés ce jour-là étaient des salariés de l'enseigne. Soit. Le malaise n'en demeure pas moins, car les couacs dans la communication politique tendent à se généraliser.(...) Mais le terrain ressemble de plus en plus à la scène d'un studio de télévision. C'est l'ère des clips politiques, avec des acteurs professionnels - les ministres - et des figurants même pas toujours rémunérés.(...)"
LA VOIX DU NORD
(Olivier Berger)
"(...)Rien de neuf en politique. On ressent toujours 'de l'éternel azur la sereine ironie'. L'an passé, Nadine Morano, la secrétaire d'État à la Famille, s'était fait pincer lors de la nouvelle allocation de rentrée scolaire (interpellée par un proche d'un député UMP de Marseille). Pour l'avoir constaté à Strasbourg au sommet de l'Otan et à Caen pour la commémoration du Débarquement, il fallait être carté UMP pour obtenir un laissez-passer permettant d'approcher Barack Obama et Nicolas Sarkozy. Rassurez-vous, la claque organisée n'est pas un phénomène de droite. En 1990, Olivier Stirn, ministre du gouvernement Rocard, avait dû démissionner pour avoir rémunéré des figurants lors d'un colloque.(...)"
mercredi 19 août 2009
CHATEL RATE SA MISE EN SCÈNE DE RENTRÉE !!
Supercherie au supermarché :
Histoire
Par MARWAN CHAHINE, LÉO RUIZ
Le ministre de l’Education, venu dans un supermarché du Val-de-Marne
vanter le blocage des prix des fournitures scolaires, y a croisé des
«clientes» étonnamment complaisantes.
Qui a dit qu’on ne trouvait pas de clients dans un supermarché un lundi 17 août à 11 heures ? Pas Luc Chatel en tout cas. Lundi, le ministre de l’Education nationale, s’est rendu à l’Intermarché de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne) afin de constater le maintien des prix sur les fournitures scolaires pour la rentrée. Interrogeant plusieurs clientes présentes sur place, il a eu l’heureuse surprise de rencontrer des personnes toutes au fait de l’opération des «essentiels de la rentrée» (1), et pour certaines ravies de la baisse des prix. Une coïncidence qui a surpris les journalistes présents, vite convaincus qu’il s’agit d’une mise en scène avec des militants ou sympathisants UMP. Une affaire révélée par France Inter hier matin.
Mère de famille. Une demi-heure avant l’arrivée de Luc Chatel, l’Intermarché est presque vide. A 10 h 45, selon plusieurs témoins, une petite dizaine de femmes, type mère de famille idéale, débarquent ensemble dans le supermarché. Elles prennent des chariots mais se comportent de façon très étrange, selon une journaliste reporter d’images de France 3 : «Elles se saisissent de quelques affaires au rayon des fournitures scolaires, mais au lieu de continuer à faire leurs courses, elles restent là, à attendre en rang d’oignons.» La présence de ces clientes modèles est d’autant plus heureuse que quelques heures plus tôt, lorsqu’il contacte l’Intermarché de Villeneuve-le-Roi pour obtenir une autorisation de filmer, un journaliste télé se voit répondre «qu’il risque de ne pas y avoir grand monde».
Vers 11 h 30, Luc Chatel arrive en compagnie d’Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Commerce. Célia Quilleret, journaliste à France Info, décrit l’attitude de ses femmes, «plantées au rayon fournitures scolaires derrière le ministre». Le doute s’installe chez les journalistes, dont beaucoup refusent d’interviewer ces «étonnantes clientes» et font part de leur suspicion à l’attachée de presse de Luc Chatel. D’après les journalistes, la conseillère, «gênée et écarlate», dément catégoriquement que ces consommatrices aient été dépêchées, mais s’inquiète d’éventuelles retombées de l’affaire (2).
Rush. Une des clientes se met alors «sur le chemin du ministre, de sorte qu’il ne puisse pas la louper», raconte Célia Quilleret qui, après s’être interrogée sur l’attitude à adopter, lui tend son micro. Son nom, Virginie Meyniel. Elle se présente comme une mère de famille qui ignore tout de la visite du ministre et profite de ses vacances pour anticiper le rush de la rentrée. A Luc Chatel qui lui demande : «Connaissez-vous "les essentiels de la rentrée" ?», elle répond par l’affirmative et s’enthousiasme «des prix intéressants et assez bas». En fait, Virginie Meyniel est conseillère municipale, chargée entre autres des affaires scolaires, à Vulaines-sur-Seine (Seine-et-Marne), dont le maire est proche de l’UMP. La ville où elle exerce son mandat est située à près de 50 km du supermarché de Villeneuve-le-Roi ! Des éléments qui font douter de son témoignage et renforcent l’hypothèse d’une scénographie. Le responsable marketing du magasin, joint par Libération, s’étonne de la polémique, et affirme que ces clientes sont des habituées. Puis lâche un étonnant : «Notre ministre n’a pas besoin de publicité !» Faut-il voir dans cette éventuelle supercherie une action zélée de militants UMP ou une initiative malheureuse du magasin ? Plusieurs journalistes ont vu les clientes modèles repartir sans achats, certaines, dans le même véhicule. Plus tard, des vendeuses rangeaient sans trop savoir pourquoi des fournitures scolaires laissées dans les paniers et chariots…
Luc Chatel n’est pas le premier responsable politique à être mêlé à ce genre de manœuvres. Il y a un an, à Marseille, Nadine Morano, alors secrétaire d’Etat à la Famille, était tombée sur le client idéal dans un supermarché, en réalité un proche du député UMP du coin, Richard Maillé. En 2003, lors d’une opération prévention organisée par la Ligue contre la violence routière, des intermittents avaient été embauchés pour assister au discours de Nicolas Sarkozy. L’événement avait été présenté comme une manifestation volontaire de jeunes préoccupés par la sécurité routière. Et surtout, en 1990, Olivier Stirn, ministre du Tourisme du gouvernement Rocard, n’avait rien trouvé de mieux que de payer des figurants pour remplir la salle d’un colloque sur l’avenir de la gauche. Une duperie qui avait contraint le ministre à la démission.
(1) Une opération gouvernementale visant à bloquer les prix de certaines fournitures scolaires (2) Joint par Libération, le cabinet de Luc Chatel n’a pas répondu.












