mardi 1 juillet 2008
"LE TEXTE LE PLUS DANGEREUX DU QUINQUENNAT" !!
Le PS avertit des dangers du projet de loi :

NOUVELOBS.COM | 01.07.2008 | 14:57
Alors que les députés commencent l'examen du texte sur la représentativité syndicale et le temps de travail, les socialistes estiment qu'il s'agit du "texte le plus dangereux du quinquennat".
Les députés socialistes
ont estimé, mardi 1er juillet, que le projet de loi sur la
représentativité syndicale et le temps de travail examiné ce jour à
l'Assemblée nationale, était "le plus dangereux du quinquennat".
Le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault, a affirmé que "si
cette loi passe, la protection dont (les salariés) bénéficient va
disparaître".
D'autre part, "cette loi risque d'être aggravée par la directive temps de travail de l'Union européenne", a-t-il ajouté.
"Pas un texte anodin"
"Cette majorité veut aller vers une relation de gré à gré entre chaque
salarié et son employeur. On imagine la pression sur les salaires, les
conditions de travail, la santé des salariés", a dénoncé Jean-Marc
Ayrault.
"Ce n'est pas un texte anodin. Ce n'est pas un hasard s'il passe en
plein cœur de l'été pour qu'il puisse passer sans que personne ne
résiste", a estimé le député PS. "Plusieurs centaines d'amendements"
ont d'ailleurs été déposées par le parti.
Pour le PS, à l'Assemblée, "les textes se suivent et se ressemblent".
Le parti rapproche celui-ci au projet de loi sur la modernisation de
l'économie (LME), encore en discussion au Sénat, et qui organise "la
concurrence à outrance", et à la loi travail, emploi, pouvoir d'achat
(TEPA, entrée en vigueur en octobre 2007) qui, toujours d'après le PS,
redistribue de l'argent aux plus aisés.
Jean-Marc Ayrault estime que ce nouveau projet de loi dépasse la seule
question des 35 heures : "On serait à 40 heures que la question serait
la même : démantèlement de tous les aspects protecteurs du salarié,
affaiblissements des accords de branche.
mardi 17 juin 2008
LA SUPPRESSION DE LA CARTE SCOLAIRE EST UNE GRAVE ERREUR !!
Carte scolaire: l'assouplissement renforce les ghettos :

La première étape de la suppression de la carte scolaire conduit à une nouvelle dégradation de la mixité scolaire, «accélérant les processus sociaux déjà à l’oeuvre depuis des années», selon un rapport officiel.
LIBERATION.FR : mardi 17 juin 2008
La première étape, en 2007, de la suppression de la carte scolaire a contribué à dégrader davantage la mixité sociale, selon un rapport de deux inspecteurs généraux de l’éducation nationale d’octobre 2007 qui n’avait pas été publié et que Le Monde révèle dans son édition datée de demain.
Selon le journal, le rapport juge que le principal effet de l’assouplissement de la carte scolaire a été de dégrader davantage la mixité scolaire, «accélérant les processus sociaux déjà à l’oeuvre depuis des années».
«Dans la plupart des départements visités, la question de la survie de certains collèges est ouvertement posée», selon ce rapport. «C’est aux deux extrémités de la hiérarchie des établissements que la mixité sociale est mise le plus rudement à l’épreuve: dans les établissements les plus convoités, il y a peu d’élèves de condition modeste; dans les collèges les plus évités, ce sont les catégories favorisées qui ont disparu».
Après l’élection de Nicolas Sarkozy à l’Elysée, le gouvernement avait entamé pour la rentrée 2007 une première étape d’assouplissement de la carte scolaire, sur laquelle porte ce rapport. L’objectif en est la suppression à terme.
Interrogé par l’AFP, le ministère de l’Education a confirmé l’existence de ce rapport, ajoutant que ceux de l’inspection générale de l’éducation n’avaient «pas tous vocation à devenir publics»
Ce rapport «tire le bilan de l’expérimentation» de l’été 2007 et est «déjà obsolète», a-t-on estimé au ministère, puisque l’assouplissement se poursuit pour la rentrée 2008.
Dans un communiqué mardi, l’Unsa-Education a réagi à la révélation du rapport en parlant de «logique du ghetto».
Selon ce syndicat, «le rapport montre» que la «liberté» pour les familles de choisir l’établissement de leurs enfants, promise par le gouvernement, «est un leurre: elle affaiblit les plus fragiles et les plus démunis».
jeudi 12 juin 2008
TOUJOURS PLUS D'ÉCONOMIES, PLUS DE RIGUEUR !!
Réforme de l'Etat : une troisième vague de mesures :

NOUVELOBS.COM | 11.06.2008 | 18:34
Celles-ci visent à réduire le train de vie de l'Etat de quelque 7,7 milliards d'euros.
Le
gouvernement a révélé, mercredi 11 juin, la dernière fournée des 332
mesures de son ambitieux programme de réforme de l'Etat, qui doit lui
permettre d'améliorer l'efficacité du service public tout en
économisant 7,7 milliards d'euros à l'horizon 2012.
Réuni dans la foulée du Conseil des ministres autour de Nicolas
Sarkozy, ce troisième conseil de modernisation des politiques publiques
a complété de 69 décisions la revue de détail des dépenses de l'Etat
engagée il y a un an et donné le coup d'envoi officiel de sa phase
d'application.
"C'est un exercice sans précédent de transformation en profondeur de
notre Etat (...) cette troisième étape clôture la phase diagnostic,
nous entrons à présent dans la phase de mise en oeuvre des décisions",
a résumé le porte-parole du gouvernement, Luc Chatel.
6 directions régionales au lieu de 35
Conjugué au non remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la
retraite, le catalogue finalisé mercredi prévoit au total la
suppression de 550 structures (administrations centrales, services
déconcentrés et établissements publics), selon les chiffres fournis par
l'Elysée.
Parmi les mesures dévoilées figurent la concentration des services de
l'Etat dans les départements et les régions. "Il y a 35 directions
régionales aujourd'hui à peu près dans les préfectures de région, c'est
beaucoup trop. On va passer à 5 ou 6 directions régionales", a expliqué
à la presse le ministre du Budget, Eric Woerth, qui pilote la réforme.
Cure d'amaigrissement pour les ambassades
Esquissée en avril par le chef de l'Etat, la réorganisation de la
représentation française à l'étranger a été précisée mercredi. D'ici
2012, le Quai d'Orsay disposera d'un réseau amaigri d'une trentaine de
grosses ambassades "polyvalentes", d'une centaine d'ambassades "à
missions prioritaires", délestées d'une partie de leurs services, et
d'une trentaine de simples "postes de présence diplomatique".
Les autres mesures annoncent une réforme du système de financement des
universités, la "déjudiciarisation" d'un certain nombre de litiges liés
à la famille et au voisinage, la "standardisation" de la construction
des prisons ou encore le changement de la gestion des Haras nationaux
ou de l'Office national des forêts (ONF).
Quelques unes des réformes prévues ont déjà été lancées, comme les
fusions de la Direction de la sécurité du territoire (DST) et des
Renseignements généraux (RG) ou de l'ANPE et de l'Unedic.
"Un calendrier de mise en œuvre"
Mais l'essentiel doit trouver sa concrétisation dans les lettres de
plafond qui vont être envoyées d'ici à la fin du mois aux différents
ministères dans le cadre de l'élaboration du budget triennal 2009-2011.
Afin d'assurer le suivi qui a jusque-là vidé de l'essentiel de leur
substance les précédentes réformes de l'Etat, chaque ministère sera
astreint à un "calendrier de mise en oeuvre" et Eric Woerth dressera
tous les trois mois un "bilan provisoire et public" de l'avancée des
réformes.
"Le président m'a demandé de bien suivre l'application de ces mesures",
a insisté Eric Woerth. "Pour l'instant, c'est un peu lent. On va
augmenter la vitesse de réalisation des mesures dans chaque ministère",
a-t-il promis.
"Tout le monde y gagnera"
Conscient de l'inquiétude suscitée par ce train de réformes, le
ministre de la Fonction publique a tenu à rassurer les fonctionnaires.
"Notre objectif, c'est un Etat qui s'organise mieux", a dit Eric
Woerth. "Tout le monde y gagnera. D'abord nous, les Français, comme
contribuables et comme usagers (...) et en même temps ceux qui sont au
service du public, c'est-à-dire les fonctionnaires, qui ont intérêt à
ce que le service public évolue pour que leur parcours soit plus riche,
plus diversifié".
samedi 7 juin 2008
LES ÉTRANGERS TOUJOURS DANS LA LIGNE DE MIRE !!
Amendement Warsmann : SOS Racisme alerte les sénateurs :
NOUVELOBS.COM | 06.06.2008 | 21:04

L'association exprime ses plus vives inquiétudes quant aux conséquences potentielles de cet amendement qui prévoit la désignation d’un juge unique pour les étrangers.
SOS Racisme alerte les sénateurs sur "les dangers" de l'amendement Warsmann
qu'ils devront examiner dans le cadre du projet de loi
constitutionnelle de modernisation des institutions de la Vème
République le 10 juin prochain, dans un courrier rendu public vendredi
6 juin. Cet amendement voté par les députés en première lecture prévoit
la désignation d'un juge unique pour les étrangers. "SOS Racisme ne
peut qu’exprimer ses plus vives inquiétudes quant aux conséquences
potentielles de cet amendement", indique l'association dans ce
courrier.
Eloignement
"En effet, cet amendement, en faisant entrer dans le domaine de la loi
la modification de la répartition des contentieux entre les différents
ordres de juridiction nous semble poursuivre un seul but : celui
d’unifier le contentieux du droit des étrangers à travers la
désignation d’un "juge unique pour les étrangers", s'inquiète SOS.
"Dans le climat politique actuel, nous craignons qu’une telle visée ait
pour résultat essentiel d’affaiblir la préservation des libertés
individuelles afin de passer outre des "difficultés" qui existaient au
niveau judiciaire dans l’application des mesures d’éloignement des
étrangers", affirme l'association.
vendredi 6 juin 2008
DANGER : LE GOUVERNEMENT S'ATTAQUE A INTERNET !!
Le gouvernement veut filtrer le net français :

par Sébastien Delahaye C’est une charte pour la « confiance en ligne »,
à l’apparence un peu anodine. Ce document, que le gouvernement souhaite
voir signée par les différents acteurs du net français (fournisseurs
d’accès, opérateurs mobiles, principaux éditeurs de contenus...),
contient cependant les bases d’un net filtrage du réseau en France, comme l’a révélé ce matin le site PCInpact.
Le but de la charte, améliorer la sécurité des internautes et protéger
les mineurs des contenus pornographiques et pédopornographiques,
implique en effet des recommandations informatives ainsi que des
actions techniques de filtrage. Certains engagements ne mangent évidemment pas de
pain : les signataires de la charte s’engagent à mettre en avant les
risques de sécurité (virus, phishing), les
problèmes de spam... bref, de la prévention, jamais inutile, au
contraire. Mais le texte contient également des engagements inquiétants
pour l’avenir du net français. Pour prévenir le spam, les fournisseurs
d’accès devraient ainsi imposer des quotas d’envois et du filtrage
(ainsi que la participation à l’association Signal Spam, presque
anecdotique tant elle est pour l’instant sous-équipée). Pour améliorer
la sécurité, les FAI devraient également fournir des équipements réglés
par défaut sur un niveau de sécurité élevé (selon des critères flous)
et bloquer les utilisateurs « mettant en jeu la sécurité du réseau ». Parmi les autres engagements à prendre, l’obligation de
supprimer les contenus non maintenus : tout contenu non mis à jour
(sans modération, sans édition, ajout ou suppression) depuis trois mois
devrait être supprimé. Une mesure extrême, qui s’accompagne d’une
modération renforcée sur les contenus et d’avertissements et de rappels
légaux pour les internautes. Autre engagement, qui risque ici de se
heurter à la réalité technique : filtrer les mineurs sur les sites pour
adultes, notamment pornographiques. La « charte de confiance » exige
également des différents acteurs du net qu’ils conservent les données
personnelles des internautes, afin de pouvoir les identifier en cas de
requête judiciaire. Surtout, ils devront volontairement dénoncer aux
autorités tout contenu, comportement ou discours illégal. Si cela vise
plutôt la pédopornographie, l’incitation à la haine raciale, la
discrimination ou le négationnisme, on peut facilement l’étendre à des
contenus protégés par le droit d’auteur... D’autant que la charte
indique que, en plus de répondre aux réquisitions judiciaires, les
signataires doivent également répondre aux demandes « non standards »
d’identification des internautes. Autrement dit, les sociétés de droits
d’auteur n’auront plus besoin de passer par le juge pour identifier un
internaute pris la main dans le téléchargement illégal. Le document, qui selon PCInpact n’a
pas spécialement été bien accueilli par les fournisseurs d’accès,
précise que les engagements de la charte restent dans les limites du
cadre réglementaire et législatif existant... « en définissant les conditions de bonne application de ces textes ».
lundi 2 juin 2008
POURQUOI LES LYCEENS DOIVENT CRAINDRE LE PIRE !!
Sarkozy annonce un nouveau concours de recrutement des enseignants pour 2010 :

Les nouveaux concours seront accessibles aux titulaires d'un Master. Quant aux lycées, ils devront être «transformés à l'horizon 2012».
AFP
LIBERATION.FR : lundi 2 juin 2008
Réforme du lycée, culture du résultat, nouveaux concours pour le recrutement des enseignants... Nicolas Sarkozy a passé en revue aujourd'hui les grandes lignes de son projet pour l'Education, dans un discours devant les cadres dirigeants de l'éducation, réunis à l’Elysée à l’occasion du bicentenaire du décret de 1808 fondateur du sytème éducatif français.
Un lycée transformé d'ici 2012
«Sur cette réforme, je souhaite que nous avancions vite, a déclaré le chef de l'Etat. Je
souhaite que la nouvelle seconde soit mise en place dès la rentrée
2009, avec un objectif, c'est que le nouveau lycée soit transformé à
l'horizon 2012.»
Dénonçant un système des filières «déséquilibré» car «écrasé par la section scientifique», Sarkozy a souhaité «un lycée beaucoup plus souple, qui dépasserait les impasses d'un cloisonnement trop rigide en filières».
La mise en place de la «nouvelle seconde» dès la rentrée 2009 devrait
permettre la mise en place d'un «nouveau baccalauréat» en 2012, selon
l'Elysée.
De nouveaux concours de recrutement des enseignants en 2010
Nicolas Sarkozy a annoncé lundi l’intégration des différents concours d’enseignants au cursus universitaire et précisé que deux «nouveaux concours» seraient «mis en place dès la session 2010» pour tout titulaire d’un «master 2».
«Je souhaite que l’enseignant de demain soit mieux formé, que la
durée de ses études soit allongée d’un an. Je souhaite en outre que la
place des universités dans cette formation soit pleinement reconnue (...) En échange de cette année d’études supplémentaire nous nous engageons à ce que les débuts de carrières soient revalorisés.»
Davantage de culture de l’évaluation et du résultat
Nicolas Sarkozy a affirmé lundi qu’il fallait que l’Education
nationale «entre résolument dans la culture de l’évaluation et du
résultat». «Votre rôle dans cette petite révolution est absolument
capital. C’est à vous, dans chaque académie, dans chaque département,
pour chaque filière et pour chaque disipline, de promouvoir cette
nouvelle façon de diriger l’école», a-t-il lancé aux inspecteurs d’académie, inspecteurs généraux et présidents d’universités.
«C’est à vous, sur le terrain, d’encourager les bonnes pratiques et de
récompenser des efforts, de repérer les difficultés, de traquer les
dysfonctionnements et de sanctionner les insuffisances», a-t-il ajouté.
jeudi 22 mai 2008
LES ETRANGERS EN FRANCE DEPUIS LONGTEMPS NE POURRONT TOUJOURS PAS VOTER !!
L'assemblée rejette le droit de vote aux étrangers :

NOUVELOBS.COM | 22.05.2008 | 19:06
Les trois amendements proposés par des députés de la gauche et du Nouveau Centre avaient reçu un avis défavorable du gouvernement.
Dans le cadre de l'examen du
projet de loi de réforme des institutions l'Assemblée nationale a
rejeté jeudi 22 mai, trois amendements de la gauche et du Nouveau
Centre visant à accorder le droit de vote aux étrangers.
Ces amendements avaient reçu un avis défavorable du gouvernement.
Celui de Jean-Christophe Lagarde (NC) prévoyait d'accorder le droit de
vote pour toutes les élections aux citoyens de l'Union européenne
résidant en France depuis 5 ans au moins, une loi organique devant
préciser ensuite les scrutins concernés.
Jean-Christophe Lagarde s'est étonné que "l'on n'admette pas le vote
des Européens aux élections régionales et cantonales" alors qu'ils
peuvent voter aux municipales.
Prévoyant d'aller plus loin encore, le groupe GDR (PCF et Verts) a
soumis a l'assemblée un amendement accordant le droit de vote aux
étrangers même non-communautaires, "résidant sur le territoire
français, après une présence légale continue de 5 ans, dans les
conditions déterminées par la loi", une loi organique précisant ensuite
les élections concernées.
Le dernier amendement, uniquement signé par les députés communistes,
prévoyait un droit de vote sans condition de durée de résidence pour
tous les étrangers.
vendredi 9 mai 2008
LES NOUVEAUX PROGRAMMES DU PRIMAIRE NE SONT TOUJOURS PAS SATISFAISANTS !!
Un prof internaute a planché sur les programmes de Darcos :

Par Chloé Leprince | Rue89 | 06/05/2008 | 11H13
Pendant deux mois, les enseignants ont été consultés par le ministère sur un projet de refonte des programmes. Une consultation qui avait valu à Rue89 de nombreux témoignages ou commentaires, la plupart s'émouvant du "tournant réactionnaire" acté par ces nouveaux programmes.
Parmi ces internautes, l'un d'eux, Sébastien Goyer, nous a contacté plusieurs fois: d'abord avant d'avoir pris connaissance de la version finale telle que Xavier Darcos l'a présentée mardi dernier. Puis après le discours du ministre de l'Education nationale, qui en dévoilait les grandes lignes la semaine dernière.
Bachotage dès le CE1
Directeur d'une petite école en Charente et prof dans une classe de trois niveaux (grande section, CP et CE1), Sébastien Goyer reproche au ministère d'avoir "transformé le rôle des enseignants en distributeurs de savoirs et de connaissances au lieu d'en faire des médiateurs" et instauré "un bachotage dès le CE1" en faisant la part belle aux apprentissages mécanistes et au par coeur.
Craignant que les résultats de la consultation sur le terrain ne soient étouffés, Sébastien Goyer a carrément lancé un blog spécifiquement consacré aux nouveaux programmes. Intitulé "Ecoles de Charente16: programmes 2008", son but était préventif: il entendait pouvoir confronter le ministre aux retours des enseignants, "extrêmement négatifs", assure-t-il.
Copie amendée... mais l'inquiétude demeure
Ayant décrypté pour Rue89 le dernier discours de Xavier Darcos, la semaine dernière, Sébastien Goyer reconnait que certaines "fausses bonnes idées" ont été retoquées dans la version définitive dévoilée mardi dernier, prenant en compte les remontées des enseignants. Exemple: le passé antérieur, qui devait être enseigné dès le CM1, attendra finalement le collège. Ou encore: la démarche scientifique expérimentale se trouve remise au goût du jour dès le cycle 3.
Toutefois, notre internaute enseignant reste sceptique sur la faisabilité du programme, au diapason du SNUIPP qui déplorait dans la foulée:
"Le ministre, dans l’embarras, procède à un véritable tour de passe-passe. Il ne publie qu’un volume horaire annualisé pour l’histoire-géographie, l’éducation physique, les sciences et l’éducation artistique, et cherche ainsi à masquer la forte réduction du volume horaire dévolu à ces domaines disciplinaires."
En pratique, Sébastien Goyer estime que le volet "découverte du monde", soit les sciences et l'histoire-géographie, devrait notamment pâtir des changements à la rentrée.
"Une approche électoraliste"
Mais, en dépit de quelques aménagements à même de rassurer les enseignants, le directeur d'école charentais déplore "le populisme" dont use Xavier Darcos dans cette réforme. Dès le début de la consultation, il a craint de se faire "enfumer", explique-t-il à Rue89:
"Xavier Darcos a une approche électoraliste. A longueur d'interviews, il vante ses résultats auprès des parents, mais c'est manipulateur et populiste: les parents ne sont pas informés sur le contenu réel, ce ne sont pas des pédagogues. Or on va vers un classement des établissements et un contrôle accru par les parents, qui pourront vérifier ce que leurs enfants ont vraiment appris."
Or, selon notre internaute, il peut être dangereux que Xavier Darcos invoque autant le soutien des parents.
Pour Sébastien Goyer, même si les programmes ont en partie changé, l'empreinte reste la même. L'enseignant charentais s'offusque notamment du "mépris" de Xavier Darcos pour ceux qu'il appelle "les pédagogistes".
Le directeur d'école estime en fait que l'entourage du ministre a choisi le dos à "trois décénies de pédagogie":
"Pour Xavier Darcos, les experts en science de
l'éducation sont des idéologues. Lui fait des programmes politiques.
Ils sont inspirés par un courant très minoritaire qui a une approche
mécaniste et réactionnaire de l'enseignement. C'était valable dès le
début et cela n'a pas évolué du tout après la consultation."
samedi 3 mai 2008
ALLONGER LA DUREE DE TRAVAIL N'EST PAS LA SEULE SOLUTION !!
Retraites: 41 ans de cotisation, la seule solution?
Par Julien Martin | Rue89 | 01/05/2008 | 13H45

Xavier Bertrand jure qu'il ne fléchira pas sur ce point de la réforme des retraites, mais opposition et syndicats n'ont pas désarmé.
Xavier Bertrand le clame depuis des semaines: oui il va négocier avec les syndicats la réforme des retraites en préparation, mais non il ne cèdera pas sur le point principal qu'est l'allongement progressif de 40 à 41 ans d'ici 2012 de la durée de cotisation pour une retraite à taux plein. Une mesure inévitable, selon le ministre du Travail:
"Si nous ne faisons rien, une retraite sur dix ne sera pas financée et le déficit des retraites atteindra 11 milliards d'euros pour la seule année 2012."
Le texte en est encore au stade des pourparlers, mais déjà il agite la sphère politique et sociale, notamment dans les couloirs de l'Assemblée nationale. Une occasion en or pour l'opposition de montrer les dents et de faire des contre-propositions. Mais les députés UMP demeurent sûrs du bien-fondé de la réforme.
Au premier rang de la majorité, le député Benoist Apparu estime que "c'est indispensable parce qu'on n'a pas cinquante leviers d'action" et "dès lors que les Français vivent plus longtemps, qu'ils travaillent un peu plus longtemps, c'est cohérent". D'autant que le gouvernement accompagne la mesure de revalorisations:
► Augmentées de seulement 1,1% le 1er janvier, les pensions de retraite bénéficieront d'une nouvelle hausse -non encore fixée- au 1er septembre.
► La pension de réversion pour les veufs et veuves augmentera par étapes d'actuellement 54% de la retraite du conjoint disparu à 60% début 2011.
► Le minimum vieillesse sera revalorisé de 5% par an d'ici 2012.
Pour le PS, l'urgence du moment n'est pas d'augmenter la durée de cotisation. "Le problème [du financement des retraites, ndlr] ne se posera vraiment qu'à partir de 2015/2020", selon le député socialiste André Vallini. "D'ici là, il y a d'autres urgences" et particulièrement "le problème de l'emploi des séniors".
L'échec de la réforme Fillon de 2003?
Seuls 38,1% des 55-64 ans travaillent en effet en France, selon les derniers chiffres de 2006, contre 43,5% dans l'ensemble de l'Union européenne, et "6 millions de personnes âgées vivent avec des pensions largement inférieures au Smic". Dès lors, a conclu le bureau national du Parti socialiste dans un communiqué:
"Nous récusons, en l’état actuel, tout allongement de la durée de cotisations qui réduirait encore davantage la proportion des salariés parvenant dans l’avenir à une retraite à taux plein."
Et aux syndicats d'emboîter le pas au PS en dénonçant l'échec de la loi Fillon sur les retraites adoptée en 2003 et qui devait remédier au sous-emploi des séniors. Une loi sur laquelle ils se basent également pour contester l'allongement à 41 annuités. La réforme Fillon prévoyait cet allongement, sauf si le taux d'activité des personnes de plus de 50 ans n'évoluait pas. Ce qui est le cas. D'où la promesse des syndicats d'émailler le mois de mai de "mobilisations d'ampleur".
Et le système de retraite par points?
Si un mouvement majeur venait à bloquer l'action gouvernementale, plusieurs personnalités du centre et de la droite proposent de réfléchir à une troisième voie. Le député UMP François Goulard est de ceux-là:
"L'allongement de la durée de cotisation n'est pas le système idéal. Le système idéal est celui de la retraite par points qui est le seul à assurer durablement l'équilibre des retraites. Mais au sein de la majorité, au sein du gouvernement, les esprits ne sont pas mûrs pour adopter ce système intelligent."
Un système déjà défendu par François Bayrou durant la campagne présidentielle. Le président du MoDem proposait de "remettre à plat tout le système des retraites" et expliquait la réforme qu'il voulait mettre en oeuvre:
"Dans ce système de retraite par points, où le montant augmente avec le temps de cotisation, les salariés conserveront le droit de partir à la retraite à 55 ans, mais leur retraite sera plus importante s’ils partent plus tard. Cette retraite à la carte aura pour principe le droit pour chacun de définir son temps de travail et son niveau de retraite."
Une réforme "fondée sur l'égalité", argumente François Bayrou, mais aussi plus "libérale", précise François Goulard. Pas de quoi, certainement, rassurer les syndicats.*
vendredi 2 mai 2008
UN AN APRES : POLITIQUE DE L'IMMIGRATION = ÉCHEC !!
Immigration: pourquoi les quotas ne marchent pas :

Par Chloé Leprince | Rue89 | 01/05/2008 | 18H03
Un an après, la mobilisation pour les travailleurs sans-papiers souligne l'échec de l'immigration économique chère à Sarkozy.
Un cortège noir de monde s'est ébranlé de la place de la République, à Paris, en début d'après-midi, pour la manifestation rituelle du 1er mai. Pour la première fois cette année défilaient, en tête des cortèges de la CGT et de l'association "Droits devant!!", des travailleurs sans-papiers. Des hommes pour la plupart.
Certains d'entre eux tiennent a bout de bras le menu du restaurant "Chez Papa", une chaîne dont plusieurs dizaines de salariés se sont mis en grève, mi-avril, pour réclamer leur régularisation. Nous étions alors le 15 avril et, en quelques heures, la CGT et l'association Droits devant!! avaient mobilisé sous leur double houlette plusieurs centaines de salariés sans-papiers sur une quinzaine de piquets de grève. Ils scandent "Le cas par cas, on n'en veut pas", en avançant d'un pas énergique tandis que l'encadrement de la CGT leur demande de ralentir l'allure.
La veille de la manifestation, mercredi, on apprenait que trois des quelque 900 dossiers soumis aux pouvoirs publics depuis le début de la grève en Ile-de-France, avaient été régularisés par la préfecture des Hauts-de-Seine. Régularisés? Le jour où ils ont déposé leur dossier en préfecture une autorisation temporaire de circuler sur le territoire et de travailler leur avait été accordée pour deux semaines. Avant que ce délai n'arrive à échéance, ils ont donc reçu un titre de séjour de trois mois, qui devra être suivi par une autorisation d'un an.
Du côté du gouvernement, on mulitiplie les signes de fermeté depuis le début du mouvement de grève, mi-avril. Non sans peine: ces premières régularisations, qui devraient être suivies par d'autres "au cas par cas", fissurent le discours de fermeté manifesté depuis l'élection présidentielle par la majorité. La politique de quotas mise en place par le gouvernement était censée suffire à répondre aux besoins exprimés en France. La mobilisation du patronat en mal de main d'oeuvre démontre son inefficacité.
Ces régularisations ne sont pas "une grande première", comme cela a pu être dit: bien que de moindre ampleur, d'autres grèves avaient déjà débouché sur des régularisations au cas par cas, comme par exemple au restaurant de l'avenue de la Grande Armée. Mais ces revendications, assorties d'une mobilisation sans précédent du milieu patronal, mettent à rude épreuve la stratégie que le gouvernement s'efforçait de valoriser sur le front de l'immigration. Officiellement, la France refuse en effet "toute régularisation massive" des travailleurs sans-papiers, y compris pour ceux qui payent cotisations salariales et impôts, parce que cela concourrait à "légitimer le travail clandestin".
La lutte contre le travail au noir en berne
Sur le terrain, on s'interroge sur la réelle motivation des pouvoirs publics à lutter contre le travail au noir. Lorsqu'après avoir été arrêté, un sans-papiers en rétention affirme travailler, que son employeur lui doit encore de l'argent et qu'il l'employait au noir, l'ANAEM (ex-OMI, qui dépend de l'Etat, et est la seule, avec la Cimade, présente en rétention) consigne toutes ces données et promet au retenu que tout sera fait pour contacter cet employeur. Cette salariée de l'ANAEM confie pourtant anonymement:
"Une grande majorité des retenus que je reçois travaille. Je dirais environ 80%, même si nous n'avons pas vraiment de statistiques solides. Un sur deux environ a été spolié. On leur promet de tout faire pour eux mais on n'a rien pour le faire. Si l'employeur nie l'avoir embauché, notre intervention s'arrête très vite.
"Il est très rare de réussir à convaincre le patron de se déplacer pour payer son dû au sans-papiers. Parfois, il faut négocier une somme d'argent qu'il serait prêt à concéder. Moi, je croyais qu'il y avait des gens dont c'était le métier, de s'occuper du travail clandestin. Nous, avec nos fiches, c'est n'importe quoi, il n'y aucun signalement, aucune transmission."
L'encouragement pour le travail au noir n'est pas la seul argument invoqué par le gouvernement contre une vaste régularisation des travailleurs clandestins. Nicolas Sarkozy le rappelait le soir de son intervention télévisée, fin avril: "Il y a 22% de chômeurs chez les travailleurs immigrés en situation régulière." En clair: à ces étrangers-là la priorité si les Français ne veulent pas de certains emplois, comme l'a dit le président de la République.
Les patrons mobilisés: le signe de l'impasse
La nouveauté du vaste mouvement de grève démarré mi-avril en Ile-de-France est le soutien sans précédent apporté par le patronat, qui affirme manquer de main d'oeuvre malgré un taux de chômage chez les étrangers presque trois fois plus élevé que la moyenne. Certains se sont même largement mobilisés pour réclamer la régularisation de leurs salariés sans papiers. Même les puissants syndicats des professionnels de l'hôtellerie-restauration, l'Umih et la Synhorcat (respectivement 80 000 et 20000 adhérents), ont réclamé un changement de traitement. D'autres, souvent issus de petites PME, ont carrément créé un réseau.
L'article 40 de la loi du 20 novembre 2007 (dite "loi Horetefeux") et une circulaire du 7 janvier 2008 encadrent la possibilité de régularisation sur demande de l'employeur. A condition que le salarié bénéficie d'un contrat d'un an minimum et qu'il relève d'un des secteurs dits "en tension". Ce sont les fameux quotas introduits par le législateur à l'automne dernier, et dont nous vous fournissions alors la liste.
Au total, 152 métiers traversés par des difficultés de recrutement sont accessibles aux ressortissants des nouveaux pays membres de l'Union européenne. Il s'agit en fait de métiers peu qualifiés. A l'inverse de l'autre classement, de 30 métiers celui-là, accessible aux seuls immigrés issus des pays du Sud, qui concernait des professions à forte valeur ajoutée connaissant une pénurie de main d'oeuvre.
Un classement conçu comme la clef de voûte de l'immigration de travail tant valorisée par le candidat Sarkozy. Lequel a placé la barre haut en la matière: il s'est engagé à faire passer de 7% au moment de son élection à 50% la part de l'immigration économique dans l'immigration totale. Et donc à faire reculer l'immigration familiale.
Le ministère refuse de communiquer
Accumulant les retards mais annoncée pour cette année, la carte compétences et talents et des accords bilatéraux doivent compléter le dispositif de cette immigration choisie. Or, depuis la mobilisation autour de la régularisation des travailleurs sans-papiers -populaire dans l'opinion-, le ministère de l'Immigration et de l'Identité nationale hésite à communiquer. Depuis une semaine, une bonne quinzaine d'appels sont restés lettre morte.
Combien de cartes compétences et talents ont-elles été distribuées? Combien de titre de séjour ont-ils été accordés au titre de l'article 40 et des secteurs en tension depuis l'entrée en vigueur de la loi, le 7 janvier? Quelle est l'origine géographique des titulaires de ces nouveaux permis de travail? Combien d'étudiants diplômés des universités et des écoles françaises sont autorisés à rester sur le territoire après leurs études? Pas de réponse: le conseiller ne m'a jamais rappelée.
Les quotas sont contreproductifs
Pour le chercheur Patrick Weil, spécialiste de l'immigration, "les quotas sont même carrément contre-productifs" dans la mesure où il n'appartient pas à l'Etat de faire le tri. Il s'étonne de voir qu'un gouvernement d'inspiration libérale s'immiscer ainsi dans le recrutement des entreprises privées.
Pour Patrick Weil, l'immigration de travail doit au contraire s'écrire autrement et privilégier la souplesse. Le chercheur milite ainsi pour un "permis à l'aller et retour" qui permettrait d'introduire de la fluidité dans la politique migratoire, en proposant par exemple à certains candidats à l'immigration de venir à plusieurs reprises en France travailler... pour mieux repartir dans leur pays.
Un des gros atouts de ce dispositif consistant, pour les métiers à forte valeur ajoutée, à ne pas organiser de fuite des cerveaux des pays en voie de développement en n'acceptant plus à nos frontières que les seuls candidats bardés de diplômes.









