mardi 8 juillet 2008
L'OPPOSITION DOIT SE METTRE A RÉSISTER !!
Face aux provocations de Sarkozy, résister plutôt que réagir :

Par Jean-Philippe Roy | Politologue | 08/07/2008 | 13H32
En ce début d'été, et à la veille de vacances qui vont m'éloigner des claviers, blogs, Internet et autres activités courantes, j'aimerais livrer une petite réflexion issue de l'actualité immédiate, et de l'interaction qui s'est nouée à travers ce blog, pour peu que nos échanges aient valeur de révélateurs de la société telle qu'elle se construit.
Donc, dimanche dernier, à la "Mutu", lieu chargé symboliquement pour l'histoire de la gauche, notre Président, face aux représentants nationaux de l'UMP, lâche une phrase qui frappe l'opinion publique: "Elle change [la France] beaucoup plus vite et beaucoup plus profondément qu'on ne le croit, a-t-il souligné. Désormais, quand il y a une grève en France, personne ne s'en aperçoit." (Voir la vidéo.)
Sarkozy: "Quand il y a une grève en France..."
envoyé par rue89
Ce propos génère alors un tollé et de nombreuses prises de position hostiles, y compris chez les leaders syndicaux les plus acculturés à la négociation. Ce faisant, il se révèle dans la droite ligne de sa stratégie de toujours, peut-être de son stéréotype psychologique: la mise en tension.
Tout se passe comme si Nicolas Sarkozy avait besoin de construire cette tension pour sentir son accomplissement, peut-être, en fait, l'effectivité de son pouvoir. Pour ce faire, il semble désormais clair que l'instrument électif dont il use se nomme "provocation".
"Encore une fois, c'est un mot de trop du président."
Mais qu'est ce qu'une provocation? Le Littré nous dit:
"1°Action de provoquer. Provocation à la révolte. Appel à un combat singulier, à un duel.
2°Ce qui provoque. 'Ce langage est une provocation' Il se dit aussi des choses qui excitent à."
La situation semble bien relever de cette catégorie, si l'on observe, comme souligné plus haut, les réactions suscitées: "Encore une fois, c'est un mot de trop du président. Il devrait être beaucoup plus prudent que ça", car il y a "un réel mécontentement des salariés", a prévenu le secrétaire général de FO Jean-Claude Mailly, dimanche sur RMC.
C'est sur le même ton et avec une argumentation assez similaire que s'est exprimée Maryse Dumas au nom de la CGT. Et François Chérèque, leader du syndicat traditionnellement le plus réformiste, est encore plus vigoureux. Face à cette unanimité, il n'y a pas de doute, il y a quelque chose comme un effet d'action entraînant une réaction.
Action et réaction, là me semble, en effet être le vrai problème, surtout si l'on arrive à différencier deux notions: la réaction et la résistance.
Toujours selon le Littré:
"La réaction "en science sociale, [est une] action contraire suscitée par une action antécédente. 'Il en est [des parties d'un État] comme des parties de cet univers, éternellement liées par l'action des unes et la réaction des autres' (Montesquieu). 'Il y a entre les puissances européennes une action et une réaction qui, sans les déplacer tout à fait, les tient dans une agitation continuelle' (Rousseau).
Il se dit de l'ensemble des actes d'un parti opprimé qui devient le plus fort. Plus particulièrement, le parti conservateur considéré comme s'opposant à l'action de la révolution. Après la chute de Robespierre, la réaction royaliste fut très violente dans le midi de la France."
Pour ma part, je tire de l'ensemble de ces définitions, que la réaction est toujours, en politique, quelque chose d'assez peu raisonné, qui relève presque de l'allergie à un changement, et du coup, conduit naturellement le sens commun à utiliser à son égard, le qualificatif de "réactionnaire". J'ajouterai que, politiquement, la réaction est une faiblesse stratégique, car elle est prévisible!
Je vous souhaite un été vigilant et riche de résistances
La résistance, quant à elle, me semble une attitude assez différente. J'utiliserai volontiers, parmi les différents sens de ce terme complexe, celui-ci:
"Opposition aux desseins, aux volontés d'un autre. 'M. Jurieu dira peut-être: j'emploie, il est vrai, la résistance de la raison contre la présence réelle; mais c'est aussi que la raison y résiste plus qu'à la Trinité, à l'Incarnation et aux autres mystères que le socinien rejette' (Bossuet)."
Dans un état laïc et républicain, c'est sans doute plus de résistance que de réaction qu'une opposition a besoin pour se nourrir et équilibrer le pouvoir du gouvernant, dans un espace de discussion pluraliste, grâce à l'exercice de la raison.
Puissions nous, simple citoyens en échanges, nous astreindre à cet exercice au long des pages de ce blog.
Je souhaite à tous, à la rédaction, aux contributeurs, et à tous les lecteurs (c'est un masculin générique, bien sûr!) un été vigilant, riche de ressourcements.... et de résistances!
VOYNET SOUHAITE UNE GRANDE MANIFESTATION UNITAIRE !!
Voynet propose une manifestation en "réponse" à Sarkozy :

NOUVELOBS.COM | 07.07.2008 | 14:43
La sénatrice verte estime que "la plus belle réponse" aux propos de Nicolas Sarkozy sur les mouvements de grève serait d'organiser "une belle journée de manifestations unitaires" à la rentrée.
La sénatrice de Seine-Saint-Denis,
Dominique Voynet (Verts), a estimé, lundi 7 juillet, que "la plus belle
réponse" aux propos de Nicolas Sarkozy sur les mouvements de grève
serait d'organiser "une belle journée de manifestations unitaires" à la
rentrée.
"Nicolas Sarkozy confond l'action et la provocation. Il adore désigner
à la vindicte populaire des ennemis, il provoque, il asticote, il
aiguillonne en espérant une réaction", a déclaré Dominique Voynet sur
RMC.
Conflit social permanent
"Il considère que la réforme c'est prendre de face, tour à tour, tous
ceux qui essaient de moderniser la société française et qui considèrent
que sa façon de le faire n'est pas la bonne", a ajouté la maire de
Montreuil.
Selon elle, "la plus belle réponse que l'on pourra apporter à Nicolas
Sarkozy, c'est une belle journée de manifestations unitaires à la
rentrée pour lui montrer que ses propositions en matière de pouvoir
d'achat, de réforme des retraites ou de réforme de l'assurance maladie
ne sont pas les bonnes".
Il y aura "manifestation et grève" car "pour aller à la manif il faut d'abord être en grève", a-t-elle dit.
mercredi 2 juillet 2008
FICHAGE DES MINEURS INNOCENTS, BIENVENUE EN SARKOLAND !!
La LDH dénonce le fichage des plus de 13 ans :

NOUVELOBS.COM | 02.07.2008 | 18:06
"Il s'agit de cibler ceux que l'on étiquette d'avance comme de futurs délinquants hypothétiques" dénonce l'association qui critique une surveillance des citoyens "parfois généralisée".
La
Ligue des Droits de l'Homme (LDH) a dénoncé mercredi 2 juillet, le
fichage policier des mineurs de plus de treize ans "susceptibles de
porter atteinte à l'ordre public", l'imputant à une politique de
surveillance des citoyens "incompatible avec l'état de droit".
"Par deux décrets publiés au Journal officiel du 1er juillet 2008, le
gouvernement a accompagné la fusion des RG avec la DST d'une redoutable
extension du fichage politico-policier des citoyens", estime la LDH qui
s'indigne de ce que "poursuites pénales et fichage policier préventif
sont devenus une seule et même mission dans l'esprit des gouvernants
français".
Futurs délinquants
"Selon le décret, le fichier, appelé Edvige, contiendra des "données à
caractère personnel" concernant "des personnes physiques âgées de 13
ans et plus" avec notamment l'état civil, les adresses physiques,
numéros de téléphone et adresses électroniques, ainsi que les "signes
physiques particuliers et objectifs, photographies et comportement"".
"Avec Edvige, il ne s'agit plus de ficher les auteurs d'"infractions
constatées", mais, comme pour la rétention de sûreté, de cibler ceux
que l'on étiquette d'avance comme de futurs délinquants hypothétiques",
affirme la LDH qui ajoute: "Et il y a pire, désormais vont pouvoir être
eux aussi "tracés" comme futurs délinquants présumés les enfants, dès
l'âge de treize ans, que les policiers considèrent comme
potentiellement dangereux".
Discrimination
"Dirigeables équipés de caméras surpuissantes pour filmer les
banlieues, prison préventive à vie après la fin de l'exécution d'une
peine, extension massive des fichiers d'empreintes génétiques, et à
présent fichage d'enfants de treize ans désignés d'avance comme futurs
repris de justice", la Ligue des droits de l'Homme évoque un "niveau de
surveillance des citoyens, généralisée parfois, discriminatoire
souvent", qu'elle estime "incompatible avec l'état de droit".
lundi 30 juin 2008
JUSTICE SANS AUDIENCE : COLÈRE DES MAGISTRATS !!
Rapport Guinchard : le SM refuse "une justice sans audience" :

NOUVELOBS.COM | 01.07.2008 | 15:14
Le Syndicat de la magistrature "s'oppose à cette synthèse pour le moins partielle du rapport Guinchard, l'absence d'audience ne conduisant qu'à rendre la justice plus 'illisible' et 'inaccessible'".
Dans
un communiqué rendu public mardi 1er juillet, le Syndicat de la
magistrature (SM, gauche) manifeste son opposition au principe d'une
"justice sans audience" évoqué lundi par la ministre Rachida Dati, lors
de la remise d'un rapport de l'universitaire Serge Guinchard sur la
nouvelle répartition des contentieux.
Le SM "s'oppose à cette synthèse pour le moins partielle du rapport
Guinchard, l'absence d'audience ne conduisant qu'à rendre la justice
plus 'illisible' et 'inaccessible'".
Selon le syndicat, "la ministre de la Justice a fait preuve comme
souvent, en accueillant ce rapport, d'un grand sens de la confusion et
de la récupération".
Procédures allégées
Le SM "sera particulièrement vigilant à ce qu'une vision tronquée du
rapport Guinchard par la ministre n'aboutisse à de nouveaux reculs pour
les droits des justiciables".
Rachida Dati a salué lundi le rapport du groupe de travail présidé par
Serge Guinchard et son concept de "justice sans audience" à travers le
développement de procédures allégées. "L'ensemble de vos propositions
contribue à recentrer l'intervention du juge sur les contentieux
nécessitant de dire le droit", a déclaré la garde des Sceaux.
Le groupe de travail, installé en janvier, a formulé 65 propositions
pour un "allègement" procédural, notamment dans les litiges quotidiens
ou les divorces à l'amiable.
dimanche 22 juin 2008
POUR BESANCENOT, IL FAUDRA PLUS QUE DES MANIFS !!
Besancenot veut "des luttes qui bloquent" en octobre :

NOUVELOBS.COM | 22.06.2008 | 19:04
Le porte-parole de la Ligue Communiste Révolutionnaire veut relancer des mouvements sociaux qui se sont terminés "un petit peu en eau de boudin" avec la manifestation ratée de mardi.
Après les manifestations "traîne-savates" contre les 35 heures, le mouvement social doit se relancer à la rentrée grâce à "des luttes qui bloquent", a souhaité dimanche 22 juin le porte-parole de la LCR Olivier Besancenot.
La manifestation ratée de mardi (500.000 manifestants contre 700.000 le 22 mai) marque la fin d'un "cycle de lutte sociale qui se termine un petit peu en eau de boudin", a-t-il reconnu sur Canal+.
"Bloquer"
La prochaine journée de mobilisation qui doit s'organiser en octobre ne doit pas se traduire par "une nouvelle manifestation traîne-savates", a-t-il souhaité. "Les manifestations, il faudra en faire, mais ça ne suffira pas. Il faudra faire ce que pas mal de salariés ou de jeunes ont compris (...) : bloquer". (AP)
samedi 21 juin 2008
CHIRAC MARQUERA SON OPPOSITION A LA VENUE DU DICTATEUR SYRIEN !!
Chirac boycotte les cérémonies du 14 Juillet :

Selon RTL, l'absence de l'ancien président serait due à l'invitation lancée par Nicolas Sarkozy au chef de l'Etat syrien Bachar el-Assad.
AFP
LIBERATION.FR : samedi 21 juin 2008
Jacques Chirac ne participera pas aux cérémonies de la fête nationale du 14 juillet à Paris, a-t-on appris samedi dans l'entourage de l'ancien chef de l'Etat, qui n'a pas précisé les raisons de cette absence.
RTL a affirmé samedi que M. Chirac avait décidé de boycotter les cérémonies du 14 juillet en raison de la présence éventuelle du président syrien Bachar al-Assad, invité par le président Nicolas Sarkozy.
M. Assad est invité aux cérémonies du 14 juillet à Paris, comme la quarantaine de dirigeants étrangers qui doivent participer la veille au sommet de lancement de l'Union pour la Méditerranée.
Cette invitation a provoqué de vives critiques de l'opposition de gauche en France et de la majorité anti-syrienne au Liban.
Interrogé par l'AFP, l'entourage de l'ancien chef de l'Etat français a indiqué que Jacques Chirac "n'ira pas aux cérémonies du 14 juillet", sans en donner la raison.
M. Chirac avait coupé les liens avec le régime de Bachar al-Assad après l'assassinat en 2005 de son "ami", l'ex-Premier ministre libanais Rafic Harari, victime d'un attentat pour lequel une commission d'enquête internationale a mis en cause de hauts responsables des services de sécurité syriens. Damas nie toute implication.
La secrétaire d'Etat aux droits de l'Homme, Rama Yade, interrogée sur RTL sur le choix de l'ancien président français de ne pas assister aux cérémonies du 14 juillet, a déclaré: "je peux le comprendre dans la mesure où il a des relations très personnelles avec la famille Hariri".
"Mais la visite de Bachar al-Assad est indépendante du fonctionnement du tribunal qui continue à évoluer selon son agenda habituel et cela n'est absolument pas entravé par cette visite", a-t-elle ajouté, à propos du tribunal international qui doit juger les assassins de Rafic Hariri à la fin des travaux de la commission d'enquête mandatée par l'ONU.
"La présence de Bachar al-Assad est la conséquence logique de sa présence au sommet du 13 pour l'Union pour la Méditerranée", a affirmé Rama Yade, en répétant que cette invitation était "une main tendue", mais "pas un quitus, pas un chèque en blanc".
L'invitation de Bachar al-Assad intervient alors que Paris vient de relancer les contacts avec la Syrie et mène à son égard une politique d'ouverture depuis l'élection en mai du président libanais Michel Sleimane, un scrutin longtemps bloqué par les alliés de Damas.
dimanche 15 juin 2008
LAGUILLER POUR UNE GREVE GÉNÉRALE !!
Arlette Laguiller en appelle à la grève générale :
Regrettant les divisions syndicales, la porte-parole de Lutte ouvrière estime que seule une grève générale est susceptible aujourd'hui de faire reculer le gouvernement sur ses réformes.
Reuters
LIBERATION.FR : dimanche 15 juin 2008
Regrettant les divisions syndicales, Arlette Laguiller estime que seule une grève générale est susceptible aujourd'hui de faire reculer le gouvernement sur ses réformes.
"Face à tous les mauvais coups du gouvernement, il faudrait vraiment une grève générale, une grève d'ensemble", a déclaré la porte-parole du Lutte ouvrière dimanche sur Canal +.
"Malheureusement, à la fois les grandes organisations syndicales sont divisées et en plus, elles craignent en réalité une grève générale qui pourrait leur échapper", a-t-elle ajouté.
Arlette Laguiller a néanmoins souhaité le succès de la journée de manifestations de mardi pour la défense des 35 heures et des retraites à l'appel de quatre organisations syndicales.
"Le fait qu'il y ait du monde, c'est le meilleur moyen de pousser les confédérations syndicales à organiser vraiment une lutte d'ensemble, pas à diviser les luttes par profession, un jour la métallurgie, le lendemain les fonctionnaires", a-t-elle expliqué.
"Je crois que vraiment là, il faut s'y mettre tous ensemble", a ajouté la porte-parole de LO.
samedi 14 juin 2008
POUR THIBAULT, FILLON ET BERTRAND MENTENT SUR LES 35H !!
35 heures: Thibault dénonce les «mensonges» du gouvernement :

Le leader de la CGT estime, dans une interview publiée dans le «Journal du Dimanche», que François Fillon et le ministre du Travail Xavier Bertrand «mentent» en affirmant permettre aux salariés de rester aux 35 heures.
AFP
LIBERATION.FR : dimanche 15 juin 2008
Le leader de la CGT, Bernard Thibault, estime, dans une interview publiée dans le «Journal du Dimanche», que le Premier ministre François Fillon et le ministre du Travail Xavier Bertrand "mentent" en affirmant permettre aux salariés de rester aux 35 heures.
Le secrétaire général
de la CGT reconnaît que "la division syndicale va peser" sur la journée
d'action de mardi contre les projets gouvernementaux sur les 35 heures
et les retraites, puisque "hormis la CFDT et la CGT, les autres
syndicats ne suivent pas".
Il espère toutefois "une mobilisation supérieure à celle du 22 mai qui
avait déjà rassemblé 700.000 personnes", mais ne redit pas, comme il
l'avait fait le 2 juin, qu'il "faudrait un million de manifestants".
"François Fillon et Xavier Bertrand mentent lorsqu'ils affirment que
les salariés pourront choisir de conserver les 35 heures hebdomadaires
(...) L'extension du travail au forfait (en heures, en jours, mensuel
ou annuel), l'instauration de conventions individuelles et les libertés
de laisser se fixer unilatéralement les horaires de travail,
représentent un risque de régression du droit des salariés sans
précédent", estime-t-il.
"C'est la loi de la jungle qui va s'installer" et "on va tout faire pour que ce texte ne soit pas adopté", prévient-il.
"Nous sommes confrontés à un choix politique qui consiste à prendre une
revanche idéologique sur l'acquis des 35 heures et à restreindre le
champ de la négociation sociale", juge M. Thibault.
"Notre démarche est claire: savoir articuler propositions,
contestation, mobilisation, négociation. C'est l'attitude du
gouvernement qui nous conduit aujourd'hui à privilégier la
contestation", ajoute-t-il.
vendredi 13 juin 2008
"BASE ÉLÈVES" C'EST FINI : VICTOIRE !!
Ecole: le naufrage de la "base élèves" :

Par Christine Tréguier | Journaliste | 13/06/2008 | 08H38
"Le Naufrage de BE1D"... Ce pourrait être un titre de film, où Xavier Darcos jouerait le rôle du bon commandant, sauvant ce qui reste du navire BE1D (Base élèves du premier degré). Un film où le Commandant Darcos admettrait, au terme de quatre années de lutte acharnée, que les collectifs "Non à base élèves" ont eu raison de se mobiliser contre ce fichier. Où il annoncerait depuis le gaillard d'avant, qu'il fait stopper les machines et évacuer le navire avant qu'il ne sombre totalement.
Sauf que nous ne sommes pas dans un film, mais dans la réalité, saisie en direct dans un communiqué, ce jeudi 12 juin à 19H23: Darcos va "expurger" la "base élèves" de tout ce que les mutins demandaient depuis le début.
A 20h23, la FCPE et la LDH de Toulon commencent à faire circuler un communiqué titré "Darcos expurge à nouveau la 'base élèves' de données personnelles". Ce que les militants y lisent est tellement énorme qu'ils doutent et hésitent à crier victoire. On n'est pas le 1er avril, mais sait-on jamais. Mieux vaut vérifier. Problème, à 21 heures, le ministère est fermé, les syndicats d'enseignants et de parents d'élèves aussi. Rien de plus. Les militants s'interrogent.
Au bureau de la LDH Toulon, François, épuisé et toujours à son poste,ne sait que penser. Son téléphone sonne. C'est un ami journaliste, mis au courant une demie heure plus tôt qui le rappelle. L'info semble véridique, et le communiqué apparaît dans la base Pressed. L'agence, qui a enquêté et détaille la nouvelle ainsi:
"M. Darcos assure que 'la nouvelle version de cet outil ne fera plus apparaître la profession et la catégorie sociale des parents, ni la situation familiale de l'élève, ni l'absentéïsme signalé pas plus que les données relatives aux besoins éducatifs particuliers'."
Quatre ans de bagarres
Le ministère de l'Education nationale, qui a lancé l'expérimentation de ce fichier en 2004 dans la plus grand opacité, bloque des quatre fers depuis quatre ans pour faire la lumière sur les visées réelles de ce fichier. Il se heurte depuis le début au refus des enseignants, des directeurs d'écoles, des parents et des défenseurs des libertés publiques de renseigner une telle base de données.
Pour eux, "base élèves" peut trop aisément se transformer d'outil de gestion des établissements en un mouchard au service d'autres objectifs, fixés par la loi prévention de la délinquance, ou par ceux de la loi Borloo sur l'égalité des chances. Une version soft de la précédente, estiment certains, contenant sous des vocables rassurants des mesures similaires de repérage précoce et de prévention/répression des jeunes délinquants, des élèves et, par leur truchement, des familles à problèmes.
"Base élèves" a également souffert d'une sécurisation insuffisante, révélée par les enseignants, qui ne semble que théoriquement et partiellement résolue aujourd'hui.
Depuis quatre ans, les collectifs demandent donc au ministère de l'Education nationale et à la Cnil de régler ces problèmes et à défaut d'abandonner "base élèves", de supprimer les données potentiellement dangereuses -nationalité, absentéisme, besoins particuliers de suivi de santé ou de scolarité pour les élèves en difficulté. En octobre dernier, sous la pression des écoles , Darcos avait supprimé les références à "la nationalité, la date d'entrée sur le territoire, la langue parlée à la maison et la culture d'origine". Ce qui avait donné lieu en mai à une nouvelle déclaration auprès de la Cnil. Malgré cela, les collectifs restaient plus mobilisés que jamais.
Darcos dit aujourd'hui "attacher une attention personnelle à la mise en place effective et rapide de ces décisions". Outre les nouvelles suppressions de données, l'arrêté en cours de rédaction aura "une valeur normative forte" et précisera "l'interdiction de collecter une quelconque donnée relative à la nationalité et l'origine raciale ou ethnique des élèves et de leurs parents ou responsables". Et il n'y aura pas non plus d'utilisation des données précédemment collectées.
Pourquoi un tel revirement?
Le plus étonnant dans ce revirement est sa motivation. Selon le communiqué, il fait suite à "un courrier de jeudi adressé à la fédération de parents d'élèves PEEP" (Fédération des parents d'élèves de l'enseignement public, penchant plutôt à droite, contrairement à la FCPE) répondant à ses demandes.
Le gouvernement cèderait donc à la pression de la droite et non de la gauche dans cette affaire. Ce qui amène à deux hypothèses: soit le gouvernement navigue à vue, soit la FCPE et les collectifs avaient tellement bien vu les dangers de ce fichier, que mêmes les syndicats plus proches du pouvoir ne pouvaient que se rallier à leurs positions. Mais Darcos a pu aussi se laisser convaincre par le fait que des parents avaient annoncés leur intention de "dormir dans l'école de leurs enfants", lors de la "nuit des écoles" (nuit de vendredi à samedi).
Une chose est certaine ce jeudi soir: les collectifs peuvent se féliciter d'avoir maintenu la pression.
vendredi 30 mai 2008
LA REFORME DES INSTITUTIONS NE PASSERA PAS !!
Les députés socialistes voteront contre le projet de loi :

NOUVELOBS.COM | 30.05.2008 | 07:49
Lors d'un vote interne, les députés PS ont décidé à l'unanimité moins deux voix de s'opposer au texte, du fait d'avancées insuffisantes. De son côté, Jack Lang fait savoir qu'il ne votera pas contre la réforme.
Les députés PS ont pris la
décision, mardi 27 mai, à l'unanimité moins deux voix, de voter contre
le projet de loi sur la réforme des institutions en première lecture à
l'Assemblée nationale, apprend-on auprès de l'entourage du chef des
députés PS, Jean-Marc Ayrault.
Le vote interne a eu lieu lors d'une réunion du groupe socialiste à
l'Assemblée. L'ensemble des participants à cette réunion a voté contre
le texte, et même des signataires de l'appel en faveur de la réforme,
lancé la semaine dernière dans Le Monde par 17 députés PS (Manuel Valls, Didier Migaud...), a-t-on précisé.
Gaëtan Gorce et Martine Lignières-Cassou sont les seuls députés PS à s'être abstenus.
"Solidaire et fidèle à mes convictions"
De son côté, Jack Lang a déclaré qu'il ne pourrait pas voter contre la
réforme des institutions en première lecture, à la différence de la
position prise par le groupe PS à l'Assemblée nationale. "Je ne peux
pas voter contre un travail auquel j'ai participé et qui me paraît
largement repris aujourd'hui dans le texte qui nous est soumis", a
déclaré l'ancien vice-président du comité Balladur sur la réforme des
institutions.
Jack Lang a laissé entendre qu'il s'abstiendrait. "Je trouverai une
solution qui me permettra à la fois d'être solidaire avec mes amis et
en même temps fidèle à mes convictions", a-t-il dit.
Les députés socialistes ont décidé mardi de voter contre la réforme des
institutions en première lecture, tout en laissant leur vote ouvert
pour le Congrès qui entérinera la révision constitutionnelle.
Vote solennel mardi
Il s'agit selon Jack Lang d'un "non d'appel" au gouvernement pour qu'il
fasse des gestes supplémentaires en direction de l'opposition. "Je vais
me battre pour que le gouvernement accepte d'accomplir ces gestes
complémentaires", a dit le député socialiste du Pas-de-Calais.
Le vote solennel sur le texte devrait avoir lieu mardi prochain.
Selon des personnes ayant assisté à la réunion, la plupart des orateurs
ont admis quelques avancées sur le texte dans la discussion en cours à
l'Assemblée nationale, mais les ont jugées nettement insuffisantes.
Faire pression sur le gouvernement
La semaine passée, Jean-Marc Ayrault avait préparé les esprits à un
vote négatif en première lecture. Il a toutefois souligné qu'il ne
"préjuge pas" de la position du PS pour la suite, au Sénat, puis au
Congrès.
L'opposition tente, de cette manière, de faire pression sur le
gouvernement et la majorité pour tenter d'obtenir une réponse favorable
aux préalables qu'ils ont posés (mode de scrutin des sénateurs,
décompte du temps de parole du président dans les médias
audiovisuels...).
Les élus PCF et Verts devraient eux aussi voter contre le texte à l'Assemblée nationale.










