samedi 5 juillet 2008
VIOLATION DES DROITS DE L'HOMME EN FRANCE !!
Lutte antiterrorisme: la France ne respecte pas les droits humains :

Par Pascal Riché | Rue89 | 02/07/2008 | 18H05
La "patrie des droits de l'homme" ne respecte pas toujours ces derniers: selon l'organisation Human Rights Watch, lorsqu'il s'agit de lutte contre le terrorisme, la France n'est pas exemplaire, loin de là.
L'organisation, dans un rapport publié sur son site, accuse les autorités françaises de s'appuyer sur des motivations fourre-tout pour coincer des suspects contre lesquels ils n'ont pas énormément de preuves:
"L'interprétation étendue de ce qui peut constituer une participation à une association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste se traduit en des critères peu exigeants en matière de preuve pour l’arrestation et la décision de mettre en examen un suspect."
Le rapport de quatre-vingt onze pages reproche à la France la durée trop longue de la détention des suspects précédant le procès, et les brutalités au cours des périodes de garde à vue:
"Human Rights Watch a eu des entretiens et obtenu les témoignages de treize personnes soupçonnées de terrorisme soumises à des interrogatoires incessants et oppressants et, dans certains cas, à des mauvais traitements psychologiques et physiques."
Selon HRW, "la privation de sommeil, la désorientation, les interrogatoires incessants et répétitifs ainsi que les pressions psychologiques sont monnaie courante en garde à vue".
L'organisation donne ainsi l'exemple de Rachida Alam, 34 ans, diabétique interpellée en même temps que son époux en mai 2004, soumise à vingt-cinq heures d’interrogatoire pendant les trois jours qu’elle a passés en garde à vue, sans voir une seule fois un avocat. L'accès à un avocat n'est en effet pas facilité en France, selon Human Right Watch:
"Le droit de voir un avocat pendant la garde à vue n’a été introduit qu’en 1993 et reste limité, même dans des affaires criminelles de droit commun. Le régime de la garde à vue dans le cadre d’affaires de terrorisme en particulier semble être organisé pour être le plus oppressant possible afin d’obtenir des aveux."
Selon Human Right Watch, ces mesures de sécurité abusives, qui de façon disproportionnée les musulmans", sont contreproductives:
"En fait, les mesures abusives et discriminatoires risquent de servir à radicaliser des personnes déjà sensibles aux vues extrémistes, pour des raisons personnelles, socioéconomiques ou politiques."
"Ne pas mener la lutte antiterroriste au détriment des droits des suspects"
Une telle politique risque de "miner la confiance dans les forces de l’ordre et de sécurité au sein des communautés dont la coopération s’avère cruciale dans la lutte contre le terrorisme", juge le rapport:
"La coopération du public et en particulier les informations sur toute activité suspecte sont nécessaires pour réussir à maintenir l’ordre et pour prévenir et poursuivre le terrorisme. Les voisins, les connaissances et les proches seront beaucoup moins susceptibles de faire part de leurs inquiétudes s’ils n’ont pas l’assurance que les autorités agiront de façon juste."
L'organisation invite le gouvernement français à prendre des mesures pour corriger la situation: "M. Sarkozy a qualifié la lutte contre le terrorisme de "bataille des idées", écrit Judith Sunderland, chercheuse à la division Europe et Asie centrale de Human Rights Watch, en conclusion: "Pour remporter cette bataille, il faudra veiller à ce que la lutte antiterroriste ne soit pas menée au détriment des droits des suspects."
vendredi 4 juillet 2008
INQUIÉTANTE DÉRIVE D'UN SUJET DE BREVET DES COLLÈGES !!
Après le brevet, quelle histoire pour les collégiens?

Par Bernard Girard | Enseignant blogueur | 01/07/2008 | 16H15
C'est un bien curieux sujet d'examen qui a été imposé aux collégiens passant l'épreuve d'histoire-géographie-éducation civique du DNB (Diplôme national du brevet). L'an passé déjà, les candidats avaient dû travailler sur des documents émanant du service de propagande de l'armée mettant en avant les missions de l'armée, documents évidemment à sens unique destinés à montrer que l'armée française était un facteur de paix. Pour la session 2008 (26 juin), "la puissance française dans le monde" était le thème retenu (à choisir avec un sujet sur l'Allemagne nazie).
Hubert Védrine au brevet
Parmi les documents à étudier, un texte d'un grand penseur du XXe siècle, Hubert Védrine (on ne rit pas…) chantant, avec des accents dignes de Déroulède, les louanges de "la France, puissance mondiale", vantant "notre politique étrangère, une de celles qui comptent, notre capacité militaire à l'extérieur, la plus forte après celle des Britanniques (…)". Et l'auteur de conclure:
"Ce tableau ne justifie pas un excès prétentieux de confiance en soi (…) mais il invalide le pessimisme ambiant. Il appartient aux dirigeants politiques de l'assumer."
Rappelons à ceux qui l'ignorent que les élèves de troisième sont âgés de quatorze, quinze ans et que l'épreuve d'histoire-géographie du DNB, censée conclure quatre années de scolarité en collège, est normalement destinée à mettre en valeur non seulement leurs connaissances mais leur capacité de réflexion et leur sens critique.
Le second document à étudier provient du ministère de la Défense (!), les organisateurs de l'épreuve n'en ayant probablement pas trouvé d'autres: il s'agit d'une carte intitulée "la France dans le monde en 2007", où, à part la mention des états francophones, la présence française se trouve limitée aux interventions de l'armée française ou à la présence militaire française.
Des questions tendancieuses
Les questions posées aux candidats sont d'une réelle indigence mais fortement tendancieuses: "Sur quel continent se manifestent à la fois cette puissance militaire et ce rayonnement culturel?" On appréciera à sa juste valeur la conjonction de coordination reliant en un même objet de vénération puissance militaire et rayonnement culturel. Le continent en question, on l'aura deviné, n'est autre que l'Afrique, dont on sait, depuis le discours de Dakar, en quelle haute estime le tiennent nos dirigeants.
Après ce bourrage de crâne, l'épreuve d'histoire-géographie doit se poursuivre avec un "paragraphe argumenté" (sic) d'une vingtaine de lignes destiné à montrer "que la France est une puissance mondiale". Pour ce qui est de l'argumentation, les candidats devront la chercher si possible ailleurs que dans les documents fournis mais il y a fort à parier que, pour se limiter à l'Afrique, les copies resteront muettes sur les ventes d'armement à des gouvernants douteux, les exactions commises par des militaires français sur des populations civiles en Côte d'Ivoire ou au Congo, pour ne pas remonter à la responsabilité de l'armée française dans le génocide du Rwanda.
Les copies resteront muettes, donc, la conscience politique des élèves vierge mais l'honneur national est sauf. Avec cette épreuve d'histoire-géographie-éducation civique, la pauvreté du contenu va de pair avec l'endoctrinement des élèves.
Comment des jeunes de cet âge ans peuvent-ils comprendre le monde dans lequel ils vivent -ce qui reste un des objectifs affichés de l'éducation- à partir d'une notion aussi fumeuse et pernicieuse que celle de "puissance mondiale" qu'on ne se donne pas la peine de définir autrement que par un planisphère piqueté de petits bateaux de guerre ou d'interventions militaires?
Comment une image aussi grossière et caricaturale permettrait-elle aux élèves de réfléchir aux enjeux du monde d'aujourd'hui, aux questions de développement, d'environnement, d'entrevoir l'injustice de l'ordre international ou de penser l'autre autrement que sous la forme d'un danger potentiel? Il est inadmissible que l'Education nationale, comme elle a tendance à le faire de plus en plus fréquemment, aille chercher ses sujets d'examens dans les bureaux du ministère de la Défense voire dans ceux de l'Immigration et de l'identité nationale.
On voit là les dérives d'une politique de rapprochement entre le ministère de l'Education et celui de la Défense, initiée au début des années 1980, visant à imprégner toute l'éducation d'un "esprit de défense", en réalité à ouvrir toutes grandes à l'armée les portes des établissements scolaires.
Depuis lors, dans une indifférence quasi générale, de nombreux protocoles ont été signés entre les deux ministères dont le plus récent, en date du 31 janvier 2007, ne prend même pas la peine de cacher son objectif: "Répondre aux besoins de recrutement de l'armée". Alors que le monde se mobilise sur le scandale des enfants-soldats, les écoles françaises s'ouvrent aux sergents recruteurs.
On enseigne une culture de guerre
La traduction en termes de programmes scolaires est particulièrement inquiétante:
"Au collège et au lycée, l'ensemble des disciplines doit concourir à l'idée de défense" (Bulletin officiel de l'Education nationale, circulaire du 13 septembre 2007).
C'est une véritable culture de guerre qui de façon insidieuse, pénètre l'école, pourtant en opposition avec les principes du socle commun de connaissances et de compétences inclus dans la loi d'orientation, principes qui affirment, entre autres choses: "maîtriser le socle commun (…), c'est être en mesure de comprendre les grands défis de l'humanité, la diversité des cultures et l'universalité des droits de l'homme, la nécessité du développement et les exigences de la protection de la planète".
C'est aussi "être capable de jugement et d'esprit critique" (JO, 12 juillet 2006). Avec
l'éducation à la défense, lorsque Bugeaud enfumait les Arabes dans des
grottes ou lorsque des paras torturaient en Algérie, les élèves
finiront par croire qu'ils faisaient acte d'humanisme.
jeudi 3 juillet 2008
CLIMAT TRÈS TENDU ENTRE LE RECTORAT ET LES ÉCOLES A PARIS !!
Un prof muté contre son gré: à Paris, le rectorat a la main lourde :

Par Chloé Leprince | Rue89 | 02/07/2008 | 19H06
Les internautes de Rue89 qui s'intéressent à l'éducation connaissent déjà Edouard Rosselet, inspecteur d'académie à Paris. C'est lui qui avait menacé Danièle de Chambrun, directrice d'école dans le XVIIIe arrondissement, de la démettre de ses fonctions de direction. Motif: avoir critiqué les réformes Darcos sur Rue89. C'était fin mai.
Un mois plus tard, un autre enseignant parisien est maintenant muté contre son gré. C'est en tous cas ce qu'a décidé Edouard Rosselet pour Dominique Piveteau, un enseignant de 49 ans qui enseigne depuis trente ans, dont douze comme "maître-formateur" pour de jeunes profs stagiaires.
Cette affaire est allée crescendo, depuis la mi-juin. A l'origine, il y a le refus de ce professeur des écoles, qui assure le CP à l'école Cavé, à la Goutte-d'or, d'être inspecté. Déjà inspecté il y a deux ans seulement - avec de bonnes notes à la clé-, il estimait que les relations entre l'établissement et Claire Boniface, l'inspectrice de circonscription, étaient devenues trop mauvaises pour que l'inspection se pratique sous des auspices acceptables.
Rectorat-écoles: un climat délétère
Depuis plusieurs mois, le climat s'était en effet franchement dégradé entre l'école du quartier très populaire du XVIIIe arrondissement et la hiérarchie à l'Education nationale. Clarisse Blanchot, collègue dans la même école (également syndiquée au SNUIPP) parle d'"escalade" et juge "pas anodin" le calendrier imposé par le Rectorat. De fait, alors que l'affaire remonte au 14 avril, c'est seulement fin juin, quand l'année scolaire s'achève, que Dominique Piveteau est reçu par deux fois par Edouard Rosselet.
Officiellement, il ne s'agit pas d'une mutation de force mais seulement d'une "mutation dans l'intérêt du service". Une lecture que ne partage pas la centaine d'enseigants mobilisés, mercredi matin, devant les portes du lycée Janson-de-Sailly, dans le XVIe arrondissement. C'est finalement là qu'a été acté le sort de Dominique Piveteau, au cours d'une commission paritaire où se décidaient les dernières affectations.
Une petite trentaine de personnes participait à cette commission paritaire, mais pas l'intéressé, qui patientait au milieu de la foule massée sous les fenêtres du lycée. Plutôt étonné de l'ampleur prise par son cas, ce "timide" qui se présente comme un "militant pédagogique" y a retrouvé de nombreux anciens stagiaires qu'il avait formés.
Connu pour ses travaux sur la lecture -notamment par les habitués des Cahiers pédagogiques, il est convaincu qu'on lui fait payer ses prises de positions pédagogiques. Et notamment son hostilité aux réformes préconisées par Xavier Darcos, qu'il regarde comme "de l'alphabétisation là où j'estime qu'apprendre à lire, c'est permettre à un enfant d'apprendre à penser par lui-même". Même s'il assure ne pas être "le leader de la contestation".
Fruits déguisés et article de Charlie hebdo au rapport
Si Dominique Piveteau a refusé l'inspection dans sa classe pendant qu'il enseignait, un rapport a tout de même été établi, sur la seule base des documents travaillés par les élèves. Craignant des suites judiciaires, il n'a pas souhaité rendre public le rapport qui en a été tiré.
Il a cependant accepter de dévoiler certaines des critiques qui y
sont consignées, et Rue89 a contacté plusieurs leaders syndicaux
parisiens qui ont pu le consulter. On y relève notamment des reproches
contre la place des tables dans la classe, l'utilisation d'un article
de Charlie hebdo et l'atelier patisserie -des fruits déguisés préparés
avec ses élèves de CP avant Noël.
Tandis que les slogans de soutien fusaient au pied du bâtiment,
Jean-François Fontana se trouvait à l'intérieur dans la commission
paritaire, au titre d'expert de Sud-Education. A la sortie, il raconte
à Rue89 une séance "qui a d'emblée démarré dans un climat extrêmement
tendu" et s'est poursuivie dans l'agressivité.
Pour lui, il n'y a aucun doute sur le fait qu'on reproche à
l'enseignant sa liberté pédagogique et ses prises de position contre
les réformes Darcos au moment de la consultation sur les nouveaux
programmes. Idem pour Jean-François Fontana, qui juge "obtuse"
l'inspectrice.
Côté syndicats, on précise bien que c'est bien d'un "refus conjoncturel" d'inspection qu'il s'agit et pas d'une opposition de principe... pour laquelle il existe de toute façon "une tolérance".
L'intersyndicale du premier degré annonçait à l'unisson, à la sortie de la commission paritaire, que l'affaire atterrirait au tribunal administratif si Edouard Rosselet ne faisait pas marche arrière. Jean-François Fontana raconte la réaction de l'inspecteur d'académie.
Rue89 a bien sûr essayé de joindre Edouard Rosselet. Dès mardi soir, ses services précisaient toutefois qu'il était plus qu'improbable qu'il communique sur le sujet. La sanction ayant été maintenue à l'issue de la commission paritaire, la délégation du lycée Janson-de-Sailly s'est dirigée mercredi dès midi vers le ministère.
Xavier Darcos est à présent sommé de "bloquer la main du recteur". Ce dernier a jusqu'au 1er septembre pour faire connaître son affectation à Dominique Piveteau si on l'éloignait pour de bon de l'école de la Goutte-d'or.
dimanche 29 juin 2008
EXEMPLE DES DÉRIVES POLICIÈRE FACE A LA JEUNESSE !!
Opération de police musclée à la sortie d'un concert de rap à Paris :

Par Larchet | Etudiant | 29/06/2008 | 16H21
Samedi, un internaute contacte Rue89 pour nous faire part de son incompréhension face à une scène qu'il a filmée la veille au soir, dans le XVIIIe arrondissement de Paris, dans le quartier de la Goutte-d'or. Il s'agit d'affrontements entre des jeunes venus assister à un concert de rap et la police, qui n'a pas hésité à user de gaz lacrymogènes malgré le nombreux public familial. Sans s'en expliquer auprès des habitants choqués.
Contactée par Rue89, la préfecture assure que les policiers ont été pris à partie par des habitants alors qu'ils intervenaient "à proximité de cette soirée africaine" pour une affaire de "recel de vol". D'après la préfecture, ce sont les jeunes qui auraient usé les premiers des gaz contre la police. Les renforts arrivant, les policiers auraient alors riposté à leur tour et envoyé des gaz sur la foule. Voilà le récit, sensiblement différent, que notre internaute fait de la scène.
Dans le cadre de la "Goutte d'or en fête", vendredi soir à Paris, un concert de rap était organisé de 19h00 à 22h40, devant l'église Saint-Bernard. Au moins 500 personnes étaient présentes, agglutinées entre le square et l'église et débordant sur les carrefours alentours. La plupart avait entre 15 et 30 ans, mais il y avait aussi pas mal d'enfants, certains très jeunes, et de parents. Les organisateurs étaient bien présents, et tout s'est semble-t-il déroulé normalement.
Cinq ou dix minutes après que le speaker eut annoncé la fin du concert, alors que les gens commençaient à rentrer chez eux, une dizaine d'agents de la police nationale se sont mis à remonter la rue Saint-Mathieu en courant en direction de la foule. Je n'ai pas pu voir précisément après qui, ou vers quoi, ils couraient. Les agents se sont eux-mêmes insérés au milieu de la foule, tandis que des jeunes resserraient les rangs autour d'eux, visiblement éméchés et énervés par ce qu'ils ont dû ressentir comme une provocation. A ce moment, j'ai commencé à m'éloigner en direction de la rue Stephenson. (Voir la vidéo)
Opération de police musclée à Paris
envoyé par rue89
La situation était visiblement très tendue, des jeunes s'insurgeaient contre le comportement de la police -surtout l'usage de gaz- et se tenaient à distance dans la rue Stephenson, sans que je n'ai vu de gestes de provocation ou de menaces. Quant aux policiers, ils se tenaient au milieu de la rue et discutaient avec des agents en civils, complètement coupés de la population. Aucun d'entre eux n'est venu expliquer aux habitants restés autour ce qui pouvait justifier un tel déploiement. Il était 22h57 quand je suis rentré chez un ami, rue Stephenson.
samedi 28 juin 2008
SOURIEZ, VOUS ÊTES FILMÉS !... ET OBSERVÉS !!
Vidéosurveillance: inefficaces, les caméras prolifèrent :

Par Pierre Vandeginste | Journaliste scientifique | 28/06/2008 | 14H17
Le sujet a fait le tour des rédactions britanniques (BBC, Telegraph, VNUNet): un projet de recherche mené à l’université de Portsmouth se propose de mettre au point en trois ans une caméra de surveillance “intelligente” capable de s’orienter automatiquement vers… le crime! Et de donner l’alerte, of course. Cela, on s’en doute, par la grâce de notre amie l’intelligence artificielle.
Exemple qui tue, livré par le communiqué de presse et repris ad nauseum: dans un parking, le bruit d’une vitre de voiture fracturée serait interprété comme tel par un logiciel et provoquerait illico la rotation de la caméra la plus proche en direction du forfait. Le même algorithme saurait interpréter des bruits de bagarre, tandis qu’un autre confirmerait la chose en analysant l’image. Merveilleux, non?
Bizarrement, cette information sort lorsque le public british découvre que les caméras de surveillance, qui ont envahi leur quotidien comme aucun autre (une caméra pour 14 habitants), sont tout le contraire d’une baguette magique. Le très sérieux Guardian présentait par exemple le 6 mai dernier les conclusions d’un rapport officiel du Viido (Visual images, identifications and detections office), un service de New Scotland Yard, qui admet que les milliards engloutis dans ces caméras n’ont pas rapporté grand chose. Ainsi, seuls 3% des vols dans la rue à Londres ont été élucidés grâce à elles.
L’inefficacité des caméras démontrée "again and again"
Aujourd’hui, le même Guardian enfonce le clou avec un article signé par le pape états-unien de la sécurité, Bruce Schneier. L’inefficacité des caméras a été démontrée "again and again" (encore et encore), affirme cet expert réputé. Elles résolvent très peu de crimes et leur effet dissuasif est minimal. Pourquoi? Les raisons sont multiples, je vous les range dans trois tiroirs.
Les premières sont d’ordre technique -mauvais éclairage, définition trop faible. On ne peut y répondre qu’en dépensant encore plus. Seconde catégorie: combien de flics regardent les 500 000 caméras de Londres? Si une scène inquiétante est observée, combien de temps avant qu’une patrouille intervienne? On met là le doigt sur le calcul initial: on a beaucoup investi dans le matériel, précisément pour économiser sur l’humain…
Et c’est là qu’intervient l’argument du logiciel “intelligent”: investissez encore un peu plus et on vous livre des yeux et des oreilles artificielles qui scruteront les images et la bande-son de milliers de caméras, à la recherche d’indices, et alerteront les surveillants humains à la moindre anomalie.
Seulement voilà, il y a encore et surtout les arguments du troisième type. Bruce Schneier relève que "les criminels ont tendance à ne pas regarder avec obligeance droit dans la caméra". Les salauds! Ce n’est pas tout: "Les meilleures caméras sont contrariées par les lunettes de soleil et les couvre-chefs." Il est bien temps de le découvrir. Cerise sur le gâteau, figurez-vous que les caméras ne couvrent pas 100% des quartiers, même les plus chauds, et que… les voyous sont au courant! Et jouent hors champ.
Une technologie sécuritaire qui permet surtout d’attraper des "innocents"
Surprise: le délinquant a un cerveau et s’en sert. Face à une mesure destinée à l’enquiquiner, il adapte son comportement. Ce qui est bête, c’est que les partisans de ces investissements massifs dans une technologie sécuritaire n’y pensent pas avant. Comment? Vous dites?… En fait, ils s’en doutent, mais s’en foutent? Le but visé serait surtout de donner l’impression de faire quelques chose? Et d’offrir des contrats affriolants à des entreprises privées, de réduire les effectifs du service public. C’est vous qui le dites.
Et le coup de la "caméra intelligente" nous montre la suite du scénario. Du déjà vu:
"Zut, notre première génération de bidules sécuritaires ne satisfait pas tout à fait le client. Pas grave, justement nous avons en magasin une nouvelle génération de la même camelote qui donnera toute satisfaction."
Comme si les voyous n’allaient pas apprendre à passer sous le nouveau radar aussi facilement qu’ils se sont moqués du précédent.
Voilà donc encore un bel exemple de technologie sécuritaire qui permet surtout d’attraper des "innocents". Je veux dire: d’une part des gens qui n’ont rien fait de mal, qui verront par exemple débouler les keufs parce qu’une caméra soi-disant intelligente aura pris une esquisse de capoeira pour une castagne. Et d’autre part, sans doute, des voyous un peu neuneu, à la ramasse, pas fichus de s’adapter à la quincaillerie dernier cri de la maison poulaga. Génial.
Au fait, si je parle de tout ça, c’est parce que la France d’après, après avoir étudié le fiasco britannique, s’apprête à le photocopier.
mardi 24 juin 2008
RÉFORME DE L'AUDIOVISUEL = TOUT BÉNÈF. POUR LE PRIVÉ !!
Commission Copé : vive les vases publicitaires communicants!

Au moment où la commission Copé rend sa copie sur « la nouvelle télévision publique », Le Parisien révèle que TF1 et M6 pourraient voir leurs recettes pub augmenter de 30% en cas d'alignement de la France sur la réglementation européenne.
C'est aujourd'hui à 16 heures que Jean-François Copé remettra sa copie
sur « la nouvelle télévision publique ». Pas de surprises à attendre.
Copé n'a cessé de tenir la presse informée de ses axes de recherche et
des options sur lesquelles sa commission travaillait.
Côté pile, une intention louable et difficile à critiquer,
tant elle semble animée des meilleures intentions du monde : supprimer
le mal publicitaire des chaînes de télévision publiques.
Côté face, des cadeaux en douce accordés aux chaînes
privées : allongement de la durée de la pub, rehaussement des seuils de
concentration, possibilité d'une deuxième coupure dans les films…
Une usine à gaz
Contraint de ménager la chèvre publique et le chou privé, à partir d'un
effet d'annonce précipité du président de la République, le rapport de
la commission relève de « l'usine à gaz » comme le souligne Dominique
Wolton dans le Parisien.
Les exemples sont multiples :
- la commission s'est engagée pour une suppression de la publicité
après 20 heures dès le 1er septembre 2009 tout en proposant la
facilitation des parrainages (publicité déguisée).
- La concentration des rédactions régionales de France 3 pour « mieux traiter l'information locale ». Il fallait oser !
- Rien n'indique que la commission européenne laissera passer le projet
français de taxer les télécoms pour assurer le financement des chaînes
publiques.
- Last but not least : il reste à savoir ce que Nicolas
Sarkozy retiendra de tout cela. Apparemment pas fan des montages trop
complexes, le président pourrait bien sortir un nouveau lapin de son
chapeau.
Une hausse des recettes publicitaires de 30% pour TF1 et M6
Si la télévision publique entre dans une longue période de lendemains
incertains, l'avenir des chaînes privées, et notamment de la première
d'entre elles, ne paraît aujourd'hui guère plus lisible.
A ceci près qu'en ces temps de disette publicitaire, selon une information du Parisien,
des experts de la régie publicitaire d'une chaîne privée ont étudié les
conséquences de l'éventuelle application en France des réglementations
européennes, qui prévoient entre autres des coupures pub de 9 minutes
par heure au lieu de six actuellement.
« Selon leurs
calculs, TF1 et M6 verraient ainsi chacune leurs recettes de publicité
augmenter de 30% en 2009 par rapport à 2008 ». Un bonus inespéré qui viendrait largement compenser la taxe infinitésimale envisagée sur la pub des chaînes privées…
Mercredi 25 Juin 2008 - 13:50
Régis Soubrouillard
RÉVÉLATIONS ET QUESTIONS SUR L'INCENDIE DU CRA DE VINCENNES !!
Incendie de Vincennes : à quoi joue l’UMP et l’État sur ce drame humain ?

Ce matin à 7 h 30 arrivaient à Nîmes 102 retenus en provenance de “feu” le CRA de Vincennes.
Un TGV spécial rempli de Gendarmes (2 par retenu) pour transporter
(est-ce le bon terme ?) une centaine de personnes qui un jour se sont
retrouvées sans papiers et avaient atterri arbitrairement au CRA de
Vincennes.
Je suis donc parti rejoindre devant le CRA les militants RESF, nous savions que certains retenus sortiraient aujourd’hui.
Je suis parti rempli d’interrogations sur ce drame, le moins qu’on
puisse dire est que la confusion régnait dans les médias : avant tout,
dans quel état étaient-ils et quelles avaient été leur condition de
transfert, et puis ces chiffres contradictoires sur les “disparus”, ces
informations changeantes sur les circonstances de l’événement, ces
accusations ubuesques de l’UMP sur la responsabilité du RESF …
Huit retenus ont été libérés cet après-midi … Libérés … Foutus dehors dans les faits.
Huit parisiens laissés devant le Centre de Rétention de Nîmes, bien
caché loin du centre ville, avec simplement les vêtements qu’ils
avaient sur eux … à Vincennes.
Certains ce matin sont arrivés pieds nus, d’autres les vêtements noircis par l’incendie.
Puis sont venus les témoignages des “libérés”, bien sûr le traumatisme
de la mort d’un des retenus quelques jours plus tôt, déjà avec quelques
révélations, tous le décrivaient comme visiblement très malade…
Puis le déroulement d’une journée anormale … Alors que le moindre petit
incident est réglé dans la minute grâce à la vidéo-surveillance, alors
que trois jours avant, l’incendie d’un matelas avait été réglé plus que
prestement. Comment se fait-il que cette fois-ci il ait fallu plus de
vingt minutes avant la moindre intervention alors que tout le monde
savait ce qui était en train de se passer. A-t-on volontairement laissé
faire ? Cela a-t-il un rapport avec les compte rendus de l’audit,
demandé par la Cimade à l’Inspection du Travail, qui devaient arriver
le 12 juillet et qui auraient pu contraindre à la fermeture de ce
centre ? L’impossibilité totale pour les retenus de s’enfuir, d’où sont
venus les chiffres de ce matin, 50 “évadés” ! ??Alors encore plus de
questions finalement …Les accusations ce matin de l’UMP sur une
responsabilité du RESF puis l’ouverture d’une enquête qui commence avec
le fait que la manifestation devant le Centre de Vincennes n’avait pas
été déclarée en Préfecture (???) , manipulation de l’opinion publique
sur le plus gros cafouillage du Ministère Hortefeux ? Volonté délibérée
de commencer une chasse aux militants du Réseau ? Commencerions-nous à
trop déranger ? Cet incendie et la propagande qui a suivi n’est pas
sans rappeler certains événements historiques.
Mais revenons à l’humain, huit sont sortis aujourd’hui sans argent,
sans solutions pour rentrer à Paris, sans un seul papier, perdus …Nous
avons obtenu pour l’instant un hébergement pour la nuit, et des papiers
de sortie du CRA, mais demain ? Leur retour à Paris ?
Et puis dès demain les plus de quatre-vingt-dix autres vont commencer à sortir …
Leur “transfert” s’étant fait illégalement : absence des dossiers par
exemple … ils devraient sortir rapidement.Ceux qui sont sortis
aujourd’hui étaient intégrés, avaient un travail, un logement, une vie
de famille, payaient des impôts …
Puis la machine infernale s’est mise en route, jusqu’à leur transport
comme du bétail à Nîmes, puis leur abandon pur et simple devant le
Centre de Rétention …
Quel pays est devenu la France ?
Et à quoi joue l’UMP et l’État avec leurs ridicules accusations sur le Réseau ?
Ludovic Bourely
samedi 21 juin 2008
LES ENTRAVES A LA LIBERTÉ D'EXPRESSION SE MULTIPLIENT !!
L'Intérieur poursuit un collectif pour des tracts antipolice :

Par Chloé Leprince | Rue89 | 21/06/2008 | 14H20
Le slogan "CRS SS" a vécu. Ces derniers mois, le nombre de plaintes pour outrage à agent dépositaire de l'autorité publique a considérablement progressé. Vous avez pu suivre sur Rue89 plusieurs affaires mettant en jeu l'outrage et/ou la rébellion.
Cette fois, c'est une internaute rennaise qui revient vers nous. La première fois que nous avions été en contact, elle nous soumettait le témoignage d'un proche qui fait partie du même collectif de défense des sans-papiers, à Rennes. C'était à la mi-avril. Nous avions publié ce journal de bord d'une nuit de militant en promettant l'anonymat.
Trois mois plus tard, elle revient vers nous car son collectif est poursuivi par le ministère de l'Intérieur. L'objet du délit? Des tracts et affiches, il est vrai pas franchement sucrés envers la police aux frontières (PAF). Sur l'un de ces tracts, on peut lire par exemple:
"Tu t'ennuies dans la vie? Tu veux soutenir notre Président dans sa pêche aux voix du FN? Tu trouves qu'il y a trop d'étrangers en France? Alors la police de l'immigration est pour toi!"
Ailleurs encore, la littérature du collectif brasse, comme souvent, "dérive sécuritaire", "police au faciès", "acharnement collectif", etc. Les militants rennais affirment qu'ils ont appris "par voie de presse" à la sortie du commissariat, le 18 juin, qu'une plainte avait été déposée à leur encontre pour "injure publique contre un corps constitué de l'Etat".
Pour le collectif, "le ton humoristique ou ironique et l'ambiguïté de certaines formulations, relativement habituels dans l'histoire de [ce] collectif", sont au coeur des poursuites du ministère. Eux n'y voient que "liberté d'expression et d'opinion".
Des répliques "totalement disproportionnées" et de plus en plus fréquentes
A l'automne 2007, Me Stéphane Fernandez, avocat à Montpellier, avait défendu des étudiants entre 18 et 22 ans, poursuivis pour avoir coup sur coup traité de "facho" Nicolas Sarkozy et la police locale. L'avocat relève que les cas se multiplient. Pour lui, ces répliques "totalement disproportionnées" sont une entrave à la liberté d'expression.
Quatre et cinq mois de prison avec sursis étaient réclamés contre les clients de Me Fernandez. Au final, tous ont été relaxés et il n'y a pas eu de procès en appel.
Chloé Leprince
vendredi 20 juin 2008
L'ÉCONOMIE FRANCAISE AU POINT MORT !!
Selon l'Insee, la croissance française va subir un "coup de frein" en 2008 :

NOUVELOBS.COM | 20.06.2008 | 14:27
Selon l'Insee, la croissance française sera seulement de 1,6%, alors que le gouvernement prévoyait un taux compris entre 1,7% et 2%. L'inflation et le pouvoir d'achat en stagnation sont mis en cause. Nicolas Sarkzoy a relativisé ces prévisions pessimistes.
L'économie
française va subir un net "coup de frein" en 2008 avec seulement 1,6%
de croissance, apprend-on par l'Insee vendredi 20 juin. Sont en cause
une inflation au plus haut depuis 1991, un pouvoir d'achat en
stagnation, une consommation peu dynamique et un retournement du marché
immobilier:
Le gouvernement prévoit pour l'instant une croissance comprise entre
1,7% et 2,0% cette année, mais l'Institut national de la statistique
estime qu'après une hausse inattendue de 0,6% au premier trimestre, le
PIB de la France, rattrapée par la crise financière internationale, ne
progresserait plus que de 0,2% au deuxième.
Il stagnerait ensuite (+0,0%) au troisième trimestre, avant de rebondir faiblement (+0,2%) les trois derniers mois de l'année.
Un très bas niveau et de mauvais augure pour la croissance en 2009, que
le gouvernement annonce pourtant en légère accélération (entre 1,75% et
2,25%).
Le facteur principal est l'inflation, provoquée par la hausse des prix
du pétrole et produits alimentaires, qui devrait rester supérieure à 3%
une bonne partie de l'année avec un pic à 3,6% en juillet.
Des prévisions "pessimistes", selon le gouvernement
Elle devrait ensuite progressivement s'assagir et atteindre 3,2% en
2008 (dont environ 1,2 point lié au prix de l'énergie et 1 point lié
aux prix alimentaires), mais seulement si le baril de pétrole se
maintient autour de 130 dollars.
Dans les dernières prévisions publiques, le gouvernement français
envisage une inflation moyenne de 2,2%. Mais avec un baril de Brent à
100 dollars...
Nicolas Sarkozy, interrogé sur les prévisions pessimistes de l'INSEE, a
dit "attendre la note de correction" de l'institut national de la
statistique.
"L'INSEE nous a habitués à faire deux, trois, quatre corrections. On
nous avait expliqué en 2007 que ça n'irait pas bien, on a eu trois
révisions de prévisions en 2007", a répondu le président français lors
d'une conférence de presse au conseil européen de Bruxelles.
"On a eu ça l'année dernière, l'année d'avant et l'année d'avant". "Ne
me demandez pas de me passionner pour un document dont je sais qu'il
sera révisé", a conclu Nicolas. Sarkozy.
"assez pessimistes pour Bercy"
Ces prévisions d'inflation seront réévaluées prochainement, a-t-on par
ailleurs affirmé dans l'entourage de la ministre de l'Economie,
Christine Lagarde.
Bercy juge néanmoins "assez pessimistes" ces prévisions de croissance
et d'inflation de l'Insee, soulignant qu'elles sont inférieures à
celles, déjà sévères pour la France, des principales institutions
internationales (OCDE, FMI, Commission européenne).
L'inflation record depuis 1991 "ampute" inévitablement le pouvoir
d'achat des Français qui n'augmentera que très faiblement tout au long
de l'année, avertit l'Insee. Il ne gagnerait au total que 0,9%, contre
3,3% en 2007.
Une consommation atone
Quant au pouvoir d'achat "par unité de consommation", qui prend mieux
en compte les évolutions démographiques de la société, il devrait même
stagner (+0%).
Il s'agit d'une moyenne sur l'ensemble de la population française. Or
les carburants et l'alimentation étant les dépenses qui pèsent le plus
lourd dans le budget des foyers les plus pauvres, il est vraisemblable
que le pouvoir d'achat de ces derniers régressera cette année.
Ces facteurs négatifs qui vont influer sur la consommation des ménages,
moteur de la croissance française ces dernières années, détaille
l'Insee. Déjà mal en mauvaise posture au premier trimestre de l'année,
cette consommation restera "atone", et la consommation alimentaire
devrait même reculer fortement (-1,1%).
Une autre victime de la crise financière et d'une croissance en berne:
l'investissement en logement des ménages, qui devrait reculer. Pour
l'Insee, le "retournement" de l'immobilier "est désormais engagé en
France", même si son ampleur reste encore incertaine.
Dans un environnement mondial moins porteur, le commerce extérieur
devrait par ailleurs encore creuser un peu plus son déficit et peser
davantage sur la croissance.
La seule nouvelle réjouissante est le taux de chômage qui devrait lui
continuer à baisser légèrement et atteindre 7,1% en métropole fin 2008.
vendredi 13 juin 2008
Les Irlandais ont rejeté le traité de Lisbonne… So what ?
Le « non » au référendum irlandais sur le traité de Lisbonne n'empêchera pas l'application du texte. En revanche, il risque de pourrir la présidence française de l'Union européenne.
«Nous n'envisageons pas l'hypothèse du non à Lisbonne», glissait-on à l'ambassade de France à Bruxelles deux semaines à peine avant le référendum. Maintenant que les Irlandais ont majoritairement voté «non» à ce texte, plus de raison de cacher le «plan b» -que Marianne2 avait annoncé - pour ne pas tenir compte du scrutin. Jean-Pierre Jouyet le laissait entrevoir sur LCI ce matin. Derrière les « arrangements juridiques» et les «modes de coopérations spécifiques sur des points précis» du traité soulevé par le secrétaire d'Etat aux Affaires européennes, nos informations sur les discussions institutionnelles autour d'un «régime dérogatoire» ou «opt-out» pour l'Irlande semblent confirmées. Et M. Jouyet est même plus précis encore !
Brian Cowen, Premier ministre irlandais... et victime expiatoire du Non. ©Wikipedia
Le Premier ministre irlandais missionné pour liquider le référendum
En pratique, le «non»
irlandais amènera probablement à des négociations par lesquelles les
Irlandais bénéficieront d'un statut qui les exonèrera d'appliquer le
charte des Droits fondamentaux (dont ils craignaient une instauration
de fait du droit à l'avortement) et les nouveaux volets de la politique
européenne de sécurité et de défense.
Comme le rappelait Jouyet sur LCI, le
prochain conseil européen (le dernier de la présidence slovène) se
tiendra les 19 et 20 juin prochain et mettra Brian Cowen, le Premier
ministre irlandais, face à ses responsabilités. A lui d'assurer la
lourde tâche consistant à trouver un moyen juridique compatible avec la
constitution irlandaise pour contourner le «non»
au référendum et écarter l'Irlande du chemin de la ratification du
traité de Lisbonne. Travail d'autant plus périlleux que, s'étant
impliqué personnellement dans la campagne du «oui», l'opposition
prévoit déjà d'exploiter cet échec pour déstabiliser Brian Cowen,
rentrer ne poste depuis moins de deux mois ! Mais ces épreuves semblent
négligeables au regard de celles qui attendent le Président français…
© «Non à des troupes européennes : votez non au référendum». ©Politics.ie
Présidence française et livre blanc sur la défense : en avant pour les galères !
Premier souci pour Nicolas Sarkozy, le livre blanc sur la défense (dont
la publication a déjà été repoussée pour ne pas effrayer les Irlandais)
a quasi intégralement été pensé dans la continuité des nouvelles
mesures du traité de Lisbonne sur la politique européenne de Défense et
de Sécurité (PESD). La présentation des travaux de la commission dirigée par Jean-Claude Mallet étant prévue le 17 juin,
il n'est pas exclu que de nombreux volets restent dans les cartons
jusqu'à ce que l'application de la nouvelle PESD soit confirmée.
Deux semaines plus tard, ce sera
l'inauguration d'une présidence française de l'Union européenne
particulièrement difficile à gérer. Comment renégocier la politique
agricole commune avec un mode de scrutin qui sous-représente la
Pologne, pays comptant le plus d'agriculteur dans l'Union ? Comment
envisager la prochaine étape de la Politique étrangère et de sécurité
commune dans le cadre de l'immigration sans le «haut représentant» qu'instaurait Lisbonne ? Un beau casse-tête auquel Nicolas Sarkozy ne s'était guère préparé.
Sommet de l'OTAN à Prague en 2002. ©Wikipedia
La réintégration de l'OTAN : le coup de grâce…
En plus des projets de défense intérieur et de la présidence du Conseil
européen, un dernier chapitre inattendu risque de poser de nombreux
problèmes au Président français : la réintégration de l'OTAN. Si, a
priori, le traité de Lisbonne et le retour de la France dans
l'organisme transatlantique ne semblent pas liés, ils le sont en fait
étroitement par le pont… de la PESD ! Comme l'expliquaient le 10 juin
dernier des responsables du ministère de la Défense, la constitution de
forces d'interventions militaires européennes (les fameux battlegroups)
et de structures de commandements propres à l'UE constituaient des
préalables à la réintégration de la France dans l'OTAN. La nouvelle
organisation militaire prévue par le traité de Lisbonne aurait en effet
permis à l'organisme de mandater l'UE pour investir des terrains
d'opération elle-même.
Le sommet de l'OTAN de
Strasbourg-Kehl, prévu en avril 2009, pourrait ainsi ne pas voir
Nicolas Sarkozy se faire consacrer comme « l'homme du retour dans les
structures militaires transatlantiques ». A ceux qui se demandaient
encore si le Président allait passer l'été au fort de Brégançon ou dans
une autre résidence, la réponse était dans les urnes irlandaise : ça
sera Bruxelles-plage.










