COMITÉ DE RÉSISTANCE CITOYENNE | BLOG

► Le Comité de Résistance Citoyenne lutte contre la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement. Constitué par de très nombreux résistants depuis le 6 mai 2007, il milite pour la réflexion avant l'action. ◄ ▌crc.contact@gmail.com▐

dimanche 30 août 2009

NOTRE SURSIS N'AURA DURE QUE QUELQUES SEMAINES !!

Sarkozy n'a pas changé !

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Juan - blogueur associé | Dimanche 30 Août 2009 à 07:01

121ème semaine de Sarkofrance. Petite semaine de travail pour le Président, rentré dès jeudi au Cap Nègre. Le temps de "régler" en quelques coups de menton le problème des bonus, du grand emprunt et de parler politique étrangère.

Le président était de retour, cette semaine, pour deux petits jours de travail et de discours. Jeudi, il était déjà reparti au Cap Nègre pour 4 jours de week-end supplémentaire. Lors du premier conseil des ministres de cette rentrée, mardi matin, Nicolas Sarkozy a demandé à ses ministres d'afficher leur détermination. Lutte contre la crise et poursuite des "réformes" sont les deux mots d'ordre du moment. Face à la crise, Sarkozy ne lutte pas, il communique. Quant aux réformes, elles sont motivées par l'intérêt particulier du Monarque: sa réélection de 2012. Sarkozy est à mi-mandat. L'échéance s'approche. Et le spectacle, imprévu, d'une opposition partiellement requinquée au sortir de l'été, démontre que rien n'est gagné d'avance.

L'imposture bancaire

Premier acte, tacler les banques. On en viendrait à plaindre les dirigeants de BNP-Paribas. Héros involontaires de l'actualité estivale, ils ont repris leurs habits de bouc-émissaires pour une séance de sermons à l'Elysée mardi. Depuis un an, la Sarkofrance a choisi cette diversion. Depuis un an, les progrès ont été maigres, et toujours obtenus sous la contrainte d'une polémique passagère. Cette fois-ci, Sarkozy crie victoire, négligeant de préciser qu'il a pompé ses idées sur les recommandations de l'autorité boursière britannique publiées voici 15 jours : étalement du versement des bonus sur 3 ans, annulation des bonus en cas de pertes ultérieures dans la période, contrôle des 100 plus fortes rémunérations par un mandataire (en l'occurrence, Michel Camdessus, ancien patron du FMI). Au G20, Sarkozy promet même de parler taxation internationale et plafonnement. Un vrai toilettage qui peut même s'avérer dangereux: : les traders resteront motivés à prendre des risques de plus en plus grands pour assurer le versement complet du solde de bonus de l'année précédente. Les banques s'en tirent bien.

L'imposture médiatico-bancaire continue. Sarkozy, comme les dirigeants du G20, est pris en tenaille entre deux impératifs contradictoires: faire patienter son opinion publique, outrée par les excès de quelques-uns, et préserver la "compétitivité" de notre place boursière. Le Monarque est contraint de sur-jouer sa détermination et les progrès accomplis plutôt que d'avouer son impuissance évidente. Il aurait pu saisir son docile gouvernement, faire voter une loi par le Parlement contre cette insécurité boursière persistante... Que nenni !

Grand Emprunt, fausse démocratie

Mercredi, Nicolas Sarkozy installait la fameuse commission chargée de définir, en deux mois, aux priorités du futur "Grand Emprunt". Cette affaire est un déni de démocratie. Une commission d'experts, sans aucun élu à l'exception des deux coprésidents Rocard et Juppé, va réfléchir et proposer d'engager l'argent des contribuables sur des sommes qu'on imagine faramineuses, puis le Monarque disposera. Quelle est la perméabilité aux lobbies de ces 20 experts ? Les finances publiques vont mal. Curieusement, Nicolas Sarkozy ne fixe aucune limite au montant de l'emprunt national: il "dépendra des besoins que vous allez identifier et de la capacité d'endettement que nous aurons". La commission Juppé-Rocard a deux mois pour livrer ses conclusions, deux mois pour établir la plus belle liste de Noël que la France ait connu depuis la Libération ! Cette démarche fusille deux ans de communication gouvernementale sur la réduction des dépenses publiques, déjà mise à mal par le "plan de relance" de novembre 2008.
L'obstination sarkozyenne à maintenir en l'état ses cadeaux fiscaux de l'été 2007, comme la défiscalisation des heures supplémentaires, l'abaissement du bouclier fiscal, ou les larges exonérations de droits de succession, et la crise ont eu raison des ambitions de rigueur budgétaire. En 2009, la dette publique française devrait dépasser les 1 400 milliards, et le déficit budgétaire les 130 milliards, un triplement en l'espace de 12 mois.

Mais ne changeons rien ! Jeudi, le quotidien La Tribune révélait que la droite avait renoncé à toiletter les niches fiscales cette année. Cet été, deux députés UMP, Pierre Méhaignerie et Gilles Carrez avaient avancé l'idée de remettre à plat les niches fiscales. L'annonce était opportunément tombée en pleine polémique sur les bonus provisionnés de BNP Paribas et l'annonce du triplement du déficit budgétaire. L'habile contre-feu a donc rapidement fait long feu. "Avec le débat sur la taxe carbone, il fallait éviter de prêter le flanc à la critique d'une droite alourdissant la fiscalité" a justifié Pierre Méhaignerie... La fiscalité risque effectivement de s'alourdir pour les ménages français. Christine Lagarde a recommandé de fixer à 15 euros la tonne le montant de la taxe carbone, soit une petite augmentation de 4 centimes par litre d'essence. Une décision qui ne sert à rien la cause environnementale  et pèsera quand même sur le budget des ménages...

Plus tristement, le chômage est reparti à la hausse en juillet. Le nombre total de demandeurs d'emplois s'élève à 3.668.100, en progression de 25% sur un an, et de 33 000 sur le seul mois de juillet. Christine Lagarde promet la publication de treize fiches pratiques pour aider les chômeurs dans leurs démarches. Et Laurent Wauquiez, son secrétaire d'Etat à l'Emploi, sort 1,6 milliards d'euros de budget supplémentaire pour financer de nouvelles exonérations de charges sociales (pour les TPE), et d'autres autres mesures d'aide. Il a promis également de relever à 1000 heures par an le plafond autorisé de chômage partiel dès septembre. Laisser l'inactivité dans les entreprises est la nouvelle recette du gouvernement. Les agents du pôle emploi redoutent l'engorgement. Moins de 2000 renforts arrivent dans leurs agences, quand les nouveaux recalés de l'emploi se chiffrent en centaines de milliers. La fusion ANPE-ASSEDIC, très certainement une bonne mesure en soi, a été réalisée dans la précipitation en janvier dernier.

Le discours aux ambassadeurs

Mercredi après midi, avant de repartir en week-end, Nicolas Sarkozy recevait les ambassadeurs français, pour son traditionnel discours de politique étrangère : Iran, crise mondiale, réchauffement climatique, les grands sujets du moments ont tous été évoqués. Sarkozy a surtout donné des leçons de moralité et de responsabilité tous azimuts. A ses homologues du G20, il pose un ultimatum: reprenant à nouveau à son compte, sans le dire, les propositions anglaises d'étalement des bonus sur trois ans, il toilette un système vicié et crie à l'exemplarité française. Plus tard, il traite les dirigeants iraniens de menteurs, quelques jours après avoir évité une catastrophe humanitaire avec la détention de Clotilde Reiss. La violence de certains mots frise l'irresponsabilité diplomatique. Barack Obama a choisit de prendre à revers le régime iranien, en lui tendant la main. Sarkozy n'a rien compris, et joue au taurillon. Qui a oublié ses embrassades à répétition avec tous les dictateurs "utiles" de la planète ? La "real-politik" est un fait. Il n'est pas question de se fâcher avec tout le monde, juste de tenir un peu son rang et la crédibilité française sur la scène internationale. Quelle légitimité Sarkozy a-t-il encore à fustiger l'Iran, à crier à la guerre contre "la barbarie" en Afghanistan quand il embrasse aussi facilement la Chine ou la Syrie ?

Comble du narcissisme, il réécrit aussi complètement l'histoire et s'érige en sauveur du monde: la crise aurait démarré à cause des excès de la finance mondiale ? C'est faux; en France, comme ailleurs, la situation de l'emploi a commencé à se dégrader dès avril 2008, avec la chute du marché de l'intérim et l'envolée des prix de l'énergie depuis 2001 devait bloquer tout ou tard la croissance mondiale. Grâce à Sarkozy, les dirigeants du monde se seraient concertés, les paradis fiscaux auraient disparu, la catastrophe aurait été évité: "dès le 23 septembre 2008, à la tribune des Nations Unies, au nom de l’Europe, j’ai proposé la tenue d’un sommet des principaux dirigeants mondiaux. Cinq semaines plus tard, c’était le sommet de Washington ; cinq mois plus tard, c’était le sommet de Londres ; et fin septembre, ce sera Pittsburgh." Pourtant, qui a oublié l'attentisme français des premières semaines ? Le 15 septembre, Sarkozy est resté tétanisé, paralysé tel un lapin les yeux pris dans les phares d'une voiture en pleine nuit. Qui a oublié son visage crispé au lendemain de la faillite de Lehman Brothers, quand, pressé par des journalistes de réagir à l'effondrement en cascade des bourses du monde, il prétextait "une petite nuit", tout occupé qu'il était à "faire libérer" deux otages français pour pouvoir répondre ? Dix longs jours plus tard, la première réaction sarkozyenne ne fut pas un appel à la concertation. A Toulon, Sarkozy imita simplement ses collègues étrangers en promettant la garantie de l'Etat aux banques et épargnants français.

Mercredi devant les ambassadeurs, Sarkozy a donc fait son one-man-show où il a pu réécrire l'histoire, exagérer son importance, mettre en scène sa détermination.

La veille, Ted Kennedy  est mort. L'Elysée n'a publié aucun communiqué. En revanche, Kadhafi aura l'honneur d'une représentation française  pour le 40ème anniversaire de sa dictature en Libye. Les symboles ont la vie dure en Sarkofrance.

Rien n'a changé, tout continue.
Ami Sarkozyste, où es-tu ?

Marianne

mardi 14 juillet 2009

L'AMI JOHNNY DÉCROCHE LA TIMBALE DU 14 JUILLET !!

Addition salée pour le 14 Juillet :

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FETE NATIONALE / lundi 13 juillet par Marion Mourgue

Comme chaque année, au menu du 14 Juillet : défilé militaire, garden party dans les jardins de l’Élysée et concert géant le soir. Mais la Fête nationale a un coût. Retour sur l’addition.

67, 45 euros par invité à la traditionnelle garden party de l’Élysée du 14 juillet. Avec un vin rouge dont le prix ne devait pas dépasser les 9 euros la bouteille selon le cahier des charges fixé par le Palais, des buffets à n’en plus finir et surtout représentatifs des spécialités culinaires françaises, des hectolitres de bières, des glaces, des petits fours… Et plusieurs milliers d’invités : 7050 pour être précis en 2008, 5500 en 2007.

Le tout pour un total de 475 523 euros, selon les chiffres du député socialiste René Dosière qui a épluché les comptes pour l’année 2008. Joint à plusieurs reprises, l’Élysée n’a pas donné suite aux questions de Bakchich pour le coût de ces festivités. En ces temps de crise nationale, le Château aura sûrement entrepris un régime… Selon l’AFP, seuls 5000 convives sont attendus ce mardi.

Troisième exercice du genre pour Nicolas Sarkozy, deuxième pour son épouse Carla Bruni, la garden party sera précédée comme chaque année du traditionnel défilé du 14 Juillet, placé cette année sur le thème de l’Inde. Au programme de la matinée, trois détachements de l’Armée de terre, de la Marine et de l’Aviation indiennes, soit 450 soldats dans leur uniforme national, défileront sur les Champs-Elysées. Une centaine d’aéronefs, parmi lesquels le Rafale, et la Patrouille de France voleront au-dessus de Paris. 298 véhicules, 83 motos et 241 chevaux, rien que ça, suivront à 11h05, précédant de vingt minutes les hélicoptères. Pour clôturer le défilé, 7 parachutistes viendront se poser devant la tribune officielle. Mais là encore, difficile d’avoir même une estimation du coût de l’opération.

Quand la Cour des Comptes s’en mêle

Le soir, la journée se terminera par un concert gratuit de Johnny Hallyday. Enfin, gratuit, ça dépend pour qui. Comme le révélait un article du Point, en mars dernier, l’opération devrait s’élever à un million d’euros, financée sur le budget du ministère de la Culture. Comme en 2007 avec le concert de Michel Polnareff - estimé à 315 000 euros - l’organisation du concert a été confiée au producteur Jean-Claude Camus, sans appel d’offres. Johnny Hallyday qui touche d’habitude 200 000 euros par soir de concert, devrait là empocher la coquette somme de 500 000 euros. Vraiment, l’amitié, ça n’a pas de prix !

En somme, la journée du 14 Juillet reviendra à plus de 1,5 million d’euros. On espère qu’à ce prix, les petits fours seront bien digérés. Pour ceux qui resteront sur leur faim, il faudra attendre 48h. Ce jeudi 16 juillet, soit deux jours après cette sauterie nationale mais réservée à quelques « happy few », la Cour des comptes devrait remettre au président de la République son rapport sur les frais de fonctionnement de l’Élysée, évalués à quelque 113 millions d’euros en 2008. En somme, la cerise sur le gâteau pour Sarkozy.

Papier actualisé ce lundi 13 juin, à 18h30, après parution d’une dépêche AFP estimant à 5000 le nombre des convives attendus à la garden party.

Bakchich

lundi 13 avril 2009

MARRONNIER : LE FIGARO MENT POUR PERPÉTUER L'ILLUSION SARKOZY !!

Sondage : Sarkozy garde la confiance du Figaro :

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Rapportant un sondage paru dans Le Parisien, le site du quotidien a titré sur la confiance des Français dans Sarkozy... alors que le dit sondage montre un effritement de 5% de sa popularité à 42%!

Capture d'écran : LeFigaro.fr

Capture d'écran : LeFigaro.fr

 

Dans la presse, comme en politique, rien ne vaut la méthode Coué pour se sortir de la crise. Découvrant via une dépêche d'agence le sondage du Parisien du lundi 13 avril selon lequel Nicolas Sarkozy ne recueillerait la confiance que de 42% pour lutter contre la crise, le site du Figaro a tout de même titré :  «Crise : les Français soutiennent Sarkozy».

Certes, le chiffre est plutôt mauvais. Soit, il est en baisse de 5 points pour le Président ainsi que pour le gouvernement depuis septembre dernier. Mais bon : faudrait-il écouter ces Français qui osent, à 46%, donner foi au syndicats pour les aider dans la crise ? Ou bien même à l'Europe, qui recueille plus de confiance que Sarkozy lui-même ? De toute évidence, ils ne savent pas de quoi ils parlent : mieux vaut les remettre dans le droit chemin par un titre faux que les laisser dans l'erreur avec une information juste !

Source : Guy Birenbaum sur LePost.fr

 

Lundi 13 Avril 2009 - 12:32
Sylvain Lapoix

Marianne

dimanche 5 avril 2009

100 SEMAINES EN SARKOLAND !!

Sarkozy, satisfait, boudé, impuissant, moralisateur :

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Déjà 100 semaines que Juan décrypte les actes et discours du Président. Une semaine très active, entre Caterpillar, le G20, l'ouverture à gauche dans l'audiovisuel et l'OTAN.

Cent semaines déjà que Nicolas Sarkozy a été élu. Il a été cette fois-ci affiché son volontarisme dans les plus hautes sphères internationales : la réunion du G20 à Londres, qu'il avait initiée, puis un sommet de l'OTAN à Strasbourg. Il retrouvait enfin un rôle à jouer à l'extérieur de nos frontières. Pourquoi faut-il qu'il caricature le débat, exagère ses colères, fustige des bouc-émissaires ? Sans doute pour cacher son désarroi à imaginer une sortie de crise.

Président satisfait
Avant de partir aux sommets du G20 puis de l'OTAN, Nicolas Sarkozy a voulu partager son autosatisfaction avec les auditeurs d'Europe1. Mercredi, Jean-Pierre Elkabach s'est déplacé dans le salon Murat de l'Elysée, quelques heures avant le Conseil des Ministres, pour recueillir la parole présidentielle : il a répété son annonce sécuritaire de la semaine précédente, passée inaperçue. «Le simple fait d'appartenir à une bande armée, menaçante (...) sera punie d'une peine de 3 ans d'emprisonnement.» Comme il a sauvé Gandrange, il a promis de sauver le site de Caterpillar en Isère.
   La veille, à Châtellerault, dans la Vienne, le président français avait lâché quelques renforts au pôle emploi :  un temps désorganisé par la fusion des Assedic (15 000 agents) et de l'Anpe (30 000) en début d'année, le service de l'emploi va pouvoir recruter 1 840 agents supplémentaires. Le nombre de chômeurs a pourtant augmenté de près de 300 000 en trois mois. Côté médias, il a fait confirmer qu'il nommerait Jean-Luc Hees, réputé à gauche, à la tête de Radio-France le 12 mai prochain. L'ouverture à gauche se loge désormais dans les médias... Bref, tout va bien. Le Président à la «banane» !

Sarkozy caricature le G20
On ne reprochera pas à Nicolas Sarkozy de vouloir améliorer la régulation de la finance mondiale: la rémunération des traders incite à la prise de risques, les fonds spéculatifs sont mal encadrés; les paradis fiscaux pullulent au grand désespoir d'Etats surendettés. La critique vise ailleurs : Sarkozy caricature le débat. Et il a occulté systématiquement d'autres éléments fondamentaux de la réunion du G20: pourquoi l'Europe ne procède-t-elle pas à une véritable relance ? Quels moyens supplémentaires faut-il doter le FMI ? Quelle aide et quelle place dans la gouvernance mondiale accorde-t-on aux pays dits émergents ? Dans la crise actuelle, les économies, émergées ou émergentes, ont besoin d'un soutien financier public. A cet égard, le G20 n'a pas vraiment tenu ses promesses: les moyens du Fonds Monétaire International, comme ceux de la Banque Mondiale, ont été considérablement renforcés. Les 20 se sont également mis d'accord sur une relance de l'économie et de l'emploi, notamment par une accélération de «la croissance verte», l'augmentation de 4% du PIB de l'économie, et l'engagement à fournir l'effort budgétaire nécessaire pour restaurer la croissance.  Néanmoins, aucun plan de relance coordonné ni effort supplémentaire de l'Europe n'a été retenu. Et la publication, jeudi en fin de journée, d'une nouvelle liste des paradis fiscaux ne change rien au secret bancaire. Mathieu Pigasse  relevait cette semaine que le G20 est resté «très silencieux» sur les sanctions et les mesures de rétorsion à prendre à l'encontre de ces «zones de non-droit.» Chacun sait que tout G20 ne règlera pas tous les problèmes. Il eut été simple de le dire, d'expliquer qu'un tel accord est déjà très bien Mais non. Pour Nicolas Sarkozy, le G20 a «éradiqué» le secret bancaire et les paradis fiscaux. C'est faux, mais ça impressionne le téléspectateur du journal télévisé de TF1.

Président immature
Avant le G20, le président français a gesticulé. Il a fait semblant d'être terriblement déçu par la frilosité anglo-saxonne à l'égard du souci de régulation. Avant même d'en être, il a menacé de quitter le G20. On aurait dit un petit garçon tapant du pied pour qu'on cède à ses caprices. Barack Obama a semblé surpris. En arrivant à Londres, il s'est empressé de calmer le petit monarque : «Nous avons la responsabilité de coordonner nos actions et de nous concentrer sur les points communs et non sur des divergences épisodiques» ; «les divergences entre les différentes parties [au G20] ont été très exagérées». Exagérées ? Par qui ? Lors des réunions du G20, Barack Obama a usé de diplomatie pour rapprocher les positions. Une attitude à l'opposé des menaces françaises: «Je me suis engagé à respecter différents points de vue et à forger un consensus au lieu de dicter nos conditions. C'est comme cela que nous avons avancé ces derniers jours.» a-t-il expliqué jeudi soir.
Mercredi, Sarkozy s'était un peu calmé: «C’est embêtant pour moi de partir alors que je viens d’arriver».  Il a rejoué l'énervement contre les bouc-émissaires de la finance mondiale: la crise, c'est la faute aux «techniciens», une explication très vaseuse, que personne ne reprend ni ne comprend.
Jeudi soir, mêmes caricatures : Nicolas Sarkozy tient à expliquer à la presse que son G20 a «acté que c'est la défaillance de la régulation qui est à l'origine de la crise financière, laquelle crise financière est à l'origine de la crise de l'économie». Pourquoi dépenser autant d'énergie à caricaturer la réalité ? Pour sauver la face ? Ou pour masquer un désarroi ?

Président boudé
Vendredi, Nicolas Sarkozy avait enfin son entretien avec Barack Obama. Lequel a salué le leadership du président français. Dans la cour d'école européenne, le caïd, c'est Nicolas. Oublié l'affront du mois de janvier. Le 20 janvier, le président français avait félicité Obama le jour de son inauguration, tout en critiquant la débauche «bling bling» de cette célébration. Le président américain avait attendu deux semaines avant de le remercier. Cette fois-ci, Sarkozy jubile enfin. Après une heure et demi d'entretiens, il pouvait tenir une conférence de presse commune avec l'élu américain. Et Barack Obama ne tarit pas d'éloges... à double tranchant : «Sans son leadership, ce sommet (du G20) n'aurait pas été celui qu'il a été», puis : «Nicolas Sarkozy ne cesse de faire preuve d'imagination, de créativité» (...)  «il est présent sur tellement de fronts qu'on a du mal à suivre». Il a même remercié Sarkozy pour la réintégration de la France au sein du commandement intégré de l'OTAN: «La France fait preuve d'un leadership courageux au sein de l'Otan grâce au président Sarkozy». Plus loin, des heurts violents opposaient manifestants anti-OTAN et forces de l'ordre.
En fait, Barack Obama ne pouvait faire mieux: à Londres, tous les observateurs avaient noté combien le président américain avait snobé son homologue français. Lors de la "photo de famille", Obama passe devant lui sans le saluer, pour aller surjouer son enthousiasme avec Medvedev et Berlusconi un rang derrière. Le petit caïd gaulois est remis à sa place.

Président impuissant
Finalement, Nicolas Sarkozy ne semble ni comprendre ni vouloir comprendre les causes de la crise. La croissance mondiale s'est appuyée sur une bulle, celle d'un endettement généralisé des Etats et des ménages. On vit à crédit depuis des lustres, et pour toutes sortes de raisons comme financer des guerres (Irak, Afghanistan), ou compenser des pouvoirs d'achats sacrifiés (cf. le surendettement des ménages américains, la crise des subprimes, la faillite espagnole). On épuise aussi la planète. Dans une petite vingtaine d'années, les énergies fossiles seront inaccessibles, hors de prix ou épuisées. Face à ces défis, la France est impuissante. Et elle n'a pas le président visionnaire, ou à l'écoute que la crise exige. Il faudrait réflechir à une nouvelle économie, et non pas un toilettage incomplet, un nouveau partage des richesses, une nouvelle vision. Après son «travailler plus pour gagner plus», Sarkozy a simplement  trouvé un nouveau slogan, simple et creux comme le précédent, sa réponse unique à tous nos maux : «moraliser le capitalisme».
Le contraste avec la situation américaine est saisissant. Barack Obama parle d'investissements dans la recherche fondamentale, l'éducation des esprits, la protection du plus grand nombre, la responsabilité de chacun. Certes, il fait des erreurs et des compromis. Mais il les reconnaît et les assume. Il ne cherche pas systématiquement un bouc-émissaire. Quand AIG sert des millions de dollars de bonus à ses cadres, sa colère est publique, forte. Il a déjà plafonné le salaire des patrons des entreprises qu'il soutient, et viré le PDG de General Motors. En France, Sarkozy joue de sa grosse voix, publie un décret ridicule de minimalisme sur les bonus et stock-options (8 entreprises concernées !!), protège François Pérol, et couvre les dépôts occultes de ses amis dirigeants africains dans les banques nationales: on a en effet appris mercredi que le parquet de Paris s'oppose à l'ouverture d'une information judiciaire sur la plainte visant trois chefs d'Etat africains accusés d'avoir acquis en France des biens immobiliers grâce à des détournements de fonds... Belle Sarkofrance !

Président moralisateur de pacotille
En Sarkofrance, le ménage n'est donc pas fait. Nicolas Sarkozy a beau jeu de crier au loup. Le magazine Alternatives Economiques, relayé par Marianne, a relevé combien les grandes entreprises françaises usent et abusent des paradis fiscaux. Terra Nova a rappelé que les listes noires sont inutiles si des sanctions fortes et précises ne sont pas établies et partagées. Pourquoi ne pas commencer en France ? Chaque jour qui passe révèle son lot de scandales en tous genres sur la gouvernance d'entreprise : retraites dorées pour les dirigeants de la Société Générale (lundi), de BNP Paribas (jeudi); enquête préliminaire sur la nomination de François Pérol à la tête des Banques Populaires et des Caisses d'Epargne (mercredi), etc... Le fameux décret, que le gouvernement a fini par lâcher mardi 31 mars, pour encadrer les stock-options et rémunérations variables des dirigeants de banques et des constructeurs automobile est stupéfiant de timidité. La question centrale, le partage des revenus et des efforts, est occultée, oubliée, sous-évaluée. Mercredi soir, le Sénat s'est même rebellé contre le gouvernement en élagissant la porté du décret anti-stock options et bonus à tous les sous-traitants de l'automobile et les entreprises aidées par le Fonds stratégique d'investissement (FSI). On attend toujours de la part de cette présidence si volontariste, un plafonnement des rémunérations des patrons d'entreprises aidées par l'Etat, sur le modèle de la décision de Barack Obama il y a deux mois. Du bouclier fiscal à la gouvernance d'entreprise, «Pas touche aux copains !» semble nous dire Sarkozy.
Les électeurs sont des citoyens adultes. Ils méritent un discours adulte et responsable. Moins de 100 jours après son entrée en fonction, Barack Obama est clairement président.
Plus de 100 semaines après son élection, Nicolas Sarkozy n'est toujours qu'un caïd.
Ami Sarkozyste, où es-tu ?

  Retrouvez les articles de Juan sur Sarkofrance 

Marianne

mercredi 25 mars 2009

LES FRANCAIS PAYRONT 400.000 € POUR LE MEETING UMP DE SARKOZY A SAINT-QUENTIN !!

Le déplacement de Nicolas Sarkozy est estimé à 400.000 euros

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NOUVELOBS.COM | 25.03.2009 | 17:33

Le spécialiste PS du budget de l'Elysée, René Dosière, estime le coût du déplacement de Nicolas Sarkozy à Saint-Quentin à 400.000 euros. "Est-il moral d'utiliser autant de moyens publics pour un déplacement dont la finalité était partisane?", s'est-il interrogé.

Le député PS René Dosière, spécialiste du budget de l'Elysée, a épinglé mercredi 25 mars lors des questions au gouvernement le coût du déplacement de Nicolas sarkozy à Saint-Quentin (Nord), qui s'élève, selon lui, à 400.000 euros.
"Le président de la République s'est adressé au cours d'un meeting aux allures électorales à 4.000 sympathisants UMP qui avaient tous reçu par la poste un carton d'invitation", a lancé René Dosière.
En outre "près de 1.300 policiers, CRS, gendarmes ont été mobilisés", a-t-il ajouté en critiquant la fermeture du centre-ville de Saint-Quentin pour l'occasion.
"Est-il responsable, légitime, de bloquer toute l'économie d'une ville pour un déplacement de deux heures? ", a-t-il demandé.

 

Assurer la sécurité de l'événement

 

"Le coût de ce déplacement s'élève à 400.000 euros soit 100 euros par personne présente. Est-il honnête, est-il moral d'utiliser autant de moyens publics pour un déplacement dont la finalité était partisane?", a-t-il interrogé.
"En matière d'utilisation électorale, nous n'avons de leçons à recevoir de personne", a rétorqué Michèle Alliot-Marie.
"C'est quand il n'y a pas eu de précautions suffisantes et de forces de sécurité en nombre suffisant que nous nous trouvons confrontés à des violences", a affirmé la ministre.
"Les forces mobiles sont faites pour être sur place quand il y a un certain nombre d'événements pour sécuriser ces événements. Quant au coût, il est inscrit tout naturellement dans le budget que vous votez chaque année", a-t-elle dit.

Nouvel Obs'

mardi 24 mars 2009

SARKOZY EN GUERRE CONTRE LES PARACHUTES DORES

Il a trouvé mieux pour voler !

sarkodessin2

http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre21350.html

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vendredi 20 mars 2009

Sarkozy s'en tape des manifs

cari22

http://www.inlibroveritas.net/lire/oeuvre21350.html
http://dofactu.canalblog.com/

mercredi 25 février 2009

LE MENSONGE DE SARKOZY AU GOÛT D'AUTORITARISME !!

Pantouflage de Pérol: le gros mensonge de Sarkozy :

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Contrairement à ce qu'affirme Nicolas Sarkozy, la Commission de déontologie de la fonction publique ne s'est pas prononcée sur la nomination du conseiller de l'Elysée à la tête du futur groupe Banque populaire - Caisse d'épargne.

    Nicolas Sarkozy a manifestement quelques soucis avec la déontologie. Depuis Rome, lors du sommet franco-italien, le président de la République a déclaré devant la presse que la future nomination du secrétaire général adjoint de l’Elysée, François Pérol, à la tête du futur groupe Caisse d’épargne — Banque Populaire ne posait pas de «problème» aux yeux de la Commission de déontologie de la fonction publique.

    Cette dernière est censée se prononcer en cas de pantouflage, c’est-à-dire de départ d’un fonctionnaire vers le privé pour vérifier qu’il n’existe pas de conflits d’intérêts potentiels.

    D’après Sarkozy, la Commission de déontologie «a donné son point de vue, et son point de vue a été communiqué aux deux banques. Il sera rendu public et vous verrez qu’une fois de plus c’est la différence entre une polémique et un problème, de problème il n’y en a pas».

    Il semble que le président de la République prenne ses rêves pour la réalité. Car la Commission n’a pas été saisie du cas Pérol. Et ne s’est pas réunie pour en discuter. «On n’a jamais évoqué le cas de François Pérol, assure un membre de la Commission interrogé par Libération, puisque notre prochaine réunion est prévue pour le 11 mars».

    A l’Elysée, un porte-parole tente de rattraper le coup en expliquant que «la Commission ne s’est pas encore réunie, mais elle a émis un avis "off", positif, qu’elle a communiqué aux banques. C’est ce qui se passe dans les cas d’urgence».

    En réalité, il semble bien que cette procédure d’urgence soit totalement inconnue: «Cela fait des années que je siège à cette Commission, et à ma connaissance une telle procédure n’a jamais été convoquée», selon le membre de la Commission interrogé par Libération.

    Le président de la Commission de déontologie, Olivier Fouquet, n’a pas souhaité répondre à nos questions. Quant aux banques, elles refusent de dire si elles ont, ou non, reçu le fameux avis «off» de la commission. Mais puisqu’on vous dit qu’il n’y a pas de problème…

    Libération

    dimanche 15 février 2009

    NEUF INTELLECTUELS ANTILLAIS PUBLIENT LEUR MANIFESTE !!

    Le manifeste des neuf intellectuels antillais :

    "C'est en solidarité pleine et sans réserve aucune que nous saluons le profond mouvement social qui s'est installé en Guadeloupe, puis en Martinique, et qui tend à se répandre à la Guyane et à la Réunion. Aucune de nos revendications n'est illégitime. Aucune n'est irrationnelle en soi, et surtout pas plus démesurée que les rouages du système auquel elle se confronte. Aucune ne saurait donc être négligée dans ce qu'elle représente, ni dans ce qu'elle implique en relation avec l'ensemble des autres revendications. Car la force de ce mouvement est d'avoir su organiser sur une même base ce qui jusqu'alors s'était vu disjoint, voire isolé dans la cécité catégorielle –– à savoir les luttes jusqu'alors inaudibles dans les administrations, les hôpitaux, les établissements scolaires, les entreprises, les collectivités territoriales, tout le monde associatif, toutes les professions artisanales ou libérales...

    Mais le plus important est que la dynamique du Lyannaj – qui est d'allier et de rallier, de lier relier et relayer tout ce qui se trouvait désolidarisé – est que la souffrance réelle du plus grand nombre (confrontée à un délire de concentrations économiques, d'ententes et de profits) rejoint des aspirations diffuses, encore inexprimables mais bien réelles, chez les jeunes, les grandes personnes, oubliés, invisibles et autres souffrants indéchiffrables de nos sociétés. La plupart de ceux qui y défilent en masse découvrent (ou recommencent à se souvenir) que l'on peut saisir l'impossible au collet, ou enlever le trône de notre renoncement à la fatalité.

    GRÈVE LÉGITIME

    Cette grève est donc plus que légitime, et plus que bienfaisante, et ceux qui défaillent, temporisent, tergiversent, faillissent à lui porter des réponses décentes, se rapetissent et se condamnent.

    Dès lors, derrière le prosaïque du "pouvoir d'achat" ou du "panier de la ménagère", se profile l'essentiel qui nous manque et qui donne du sens à l'existence, à savoir : le poétique. Toute vie humaine un peu équilibrée s'articule entre, d'un côté, les nécessités immédiates du boire-survivre-manger (en clair : le prosaïque) ; et, de l'autre, l'aspiration à un épanouissement de soi, là où la nourriture est de dignité, d'honneur, de musique, de chants, de sports, de danses, de lectures, de philosophie, de spiritualité, d'amour, de temps libre affecté à l'accomplissement du grand désir intime (en clair : le poétique). Comme le propose Edgar Morin, le vivre-pour-vivre, tout comme le vivre-pour-soi n'ouvrent à aucune plénitude sans le donner-à-vivre à ce que nous aimons, à ceux que nous aimons, aux impossibles et aux dépassements auxquels nous aspirons.

    La "hausse des prix" ou "la vie chère" ne sont pas de petits diables-ziguidi qui surgissent devant nous en cruauté spontanée, ou de la seule cuisse de quelques purs békés. Ce sont les résultantes d'une dentition de système où règne le dogme du libéralisme économique. Ce dernier s'est emparé de la planète, il pèse sur la totalité des peuples, et il préside dans tous les imaginaires – non à une épuration ethnique, mais bien à une sorte "d'épuration éthique 1" (entendre : désenchantement, désacralisation, désymbolisation, déconstruction même) de tout le fait humain. Ce système a confiné nos existences dans des individuations égoïstes qui vous suppriment tout horizon et vous condamnent à deux misères profondes : être "consommateur" ou bien être "producteur". Le consommateur ne travaillant que pour consommer ce que produit sa force de travail devenue marchandise ; et le producteur réduisant sa production à l'unique perspective de profits sans limites pour des consommations fantasmées sans limites. L'ensemble ouvre à cette socialisation anti-sociale, dont parlait André Gorz, et où l'économique devient ainsi sa propre finalité et déserte tout le reste. Alors, quand le "prosaïque" n'ouvre pas aux élévations du " poétique ", quand il devient sa propre finalité et se consume ainsi, nous avons tendance à croire que les aspirations de notre vie, et son besoin de sens, peuvent se loger dans ces codes-barres que sont "le pouvoir d'achat" ou "le panier de la ménagère". Et pire : nous finissons par penser que la gestion vertueuse des misères les plus intolérables relève d'une politique humaine ou progressiste. Il est donc urgent d'escorter les "produits de premières nécessités", d'une autre catégorie de denrées ou de facteurs qui relèveraient résolument d'une "haute nécessité".
    Par cette idée de "haute nécessité", nous appelons à prendre conscience du poétique déjà en œuvre dans un mouvement qui, au-delà du pouvoir d'achat, relève d'une exigence existentielle réelle, d'un appel très profond au plus noble de la vie.

    Alors que mettre dans ces "produits" de haute nécessité ?

    C'est tout ce qui constitue le cœur de notre souffrant désir de faire peuple et nation, d'entrer en dignité sur la grand-scène du monde, et qui ne se trouve pas aujourd'hui au centre des négociations en Martinique et en Guadeloupe, et bientôt sans doute en Guyane et à la Réunion.

    D'abord, il ne saurait y avoir d'avancées sociales qui se contenteraient d'elles-mêmes. Toute avancée sociale ne se réalise vraiment que dans une expérience politique qui tirerait les leçons structurantes de ce qui s'est passé. Ce mouvement a mis en exergue le tragique émiettement institutionnel de nos pays, et l'absence de pouvoir qui lui sert d'ossature. Le "déterminant" ou bien le "décisif" s'obtient par des voyages ou par le téléphone. La compétence n'arrive que par des émissaires. La désinvolture et le mépris rôdent à tous les étages. L'éloignement, l'aveuglement et la déformation président aux analyses. L'imbroglio des pseudos pouvoirs Région-Département-Préfet, tout comme cette chose qu'est l'association des maires, ont montré leur impuissance, même leur effondrement, quand une revendication massive et sérieuse surgit dans une entité culturelle historique identitaire humaine, distincte de celle de la métropole administrante, mais qui ne s'est jamais vue traitée comme telle. Les slogans et les demandes ont tout de suite sauté par-dessus nos "présidents locaux" pour s'en aller mander ailleurs. Hélas, tout victoire sociale qui s'obtiendrait ainsi (dans ce bond par-dessus nous-mêmes), et qui s'arrêterait là, renforcerait notre assimilation, donc conforterait notre inexistence au monde et nos pseudos pouvoirs.

    Ce mouvement se doit donc de fleurir en vision politique, laquelle devrait ouvrir à une force politique de renouvellement et de projection apte à nous faire accéder à la responsabilité de nous-mêmes par nous-mêmes et au pouvoir de nous-mêmes sur nous-mêmes. Et même si un tel pouvoir ne résoudrait vraiment aucun de ces problèmes, il nous permettrait à tout le moins de les aborder désormais en saine responsabilité, et donc de les traiter enfin plutôt que d'acquiescer aux sous-traitances. La question békée et des ghettos qui germent ici où là, est une petite question qu'une responsabilité politique endogène peut régler. Celle de la répartition et de la protection de nos terres à tous points de vue aussi. Celle de l'accueil préférentiel de nos jeunes tout autant. Celle d'une autre Justice ou de la lutte contre les fléaux de la drogue en relève largement... Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l'autre, confiance réduite en soi... La question de la responsabilité est donc de haute nécessité. C'est dans l'irresponsabilité collective que se nichent les blocages persistants dans les négociations actuelles. Et c'est dans la responsabilité que se trouve l'invention, la souplesse, la créativité, la nécessité de trouver des solutions endogènes praticables. C'est dans la responsabilité que l'échec ou l'impuissance devient un lieu d'expérience véritable et de maturation. C'est en responsabilité que l'on tend plus rapidement et plus positivement vers ce qui relève de l'essentiel, tant dans les luttes que dans les aspirations ou dans les analyses.

    Ensuite, il y a la haute nécessité de comprendre que le labyrinthe obscur et indémêlable des prix (marges, sous-marges, commissions occultes et profits indécents) est inscrit dans une logique de système libéral marchand, lequel s'est étendu à l'ensemble de la planète avec la force aveugle d'une religion. Ils sont aussi enchâssés dans une absurdité coloniale qui nous a détournés de notre manger-pays, de notre environnement proche et de nos réalités culturelles, pour nous livrer sans pantalon et sans jardins-bokay aux modes alimentaires européens. C'est comme si la France avait été formatée pour importer toute son alimentation et ses produits de grande nécessité depuis des milliers et des milliers de kilomètres. Négocier dans ce cadre colonial absurde avec l'insondable chaîne des opérateurs et des intermédiaires peut certes améliorer quelque souffrance dans l'immédiat ; mais l'illusoire bienfaisance de ces accords sera vite balayée par le principe du "Marché" et par tous ces mécanismes que créent un nuage de voracités, (donc de profitations nourries par " l'esprit colonial " et régulées par la distance) que les primes, gels, aménagements vertueux, réductions opportunistes, pianotements dérisoires de l'octroi de mer, ne sauraient endiguer.

    VICTIMES D'UN SYSTÈME FLOU, GLOBALISÉ

    Il y a donc une haute nécessité à nous vivre caribéens dans nos imports-exports vitaux, à nous penser américain pour la satisfaction de nos nécessités, de notre autosuffisance énergétique et alimentaire. L'autre très haute nécessité est ensuite de s'inscrire dans une contestation radicale du capitalisme contemporain qui n'est pas une perversion mais bien la plénitude hystérique d'un dogme. La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d'une société non économique, où l'idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d'épanouissement ; où emploi, salaire, consommation et production serait des lieux de création de soi et de parachèvement de l'humain. Si le capitalisme (dans son principe très pur qui est la forme contemporaine) a créé ce Frankenstein consommateur qui se réduit à son panier de nécessités, il engendre aussi de bien lamentables "producteurs" – chefs d'entreprises, entrepreneurs, et autres socioprofessionnels ineptes – incapables de tressaillements en face d'un sursaut de souffrance et de l'impérieuse nécessité d'un autre imaginaire politique, économique, social et culturel. Et là, il n'existe pas de camps différents. Nous sommes tous victimes d'un système flou, globalisé, qu'il nous faut affronter ensemble. Ouvriers et petits patrons, consommateurs et producteurs, portent quelque part en eux, silencieuse mais bien irréductible, cette haute nécessité qu'il nous faut réveiller, à savoir : vivre la vie, et sa propre vie, dans l'élévation constante vers le plus noble et le plus exigeant, et donc vers le plus épanouissant. Ce qui revient à vivre sa vie, et la vie, dans toute l'ampleur du poétique.

    On peut mettre la grande distribution à genoux en mangeant sain et autrement.

    On peut renvoyer la Sara et les compagnies pétrolières aux oubliettes, en rompant avec le tout automobile.

    On peut endiguer les agences de l'eau, leurs prix exorbitants, en considérant la moindre goutte sans attendre comme une denrée précieuse, à protéger partout, à utiliser comme on le ferait des dernières chiquetailles d'un trésor qui appartient à tous.

    On ne peut vaincre ni dépasser le prosaïque en demeurant dans la caverne du prosaïque, il faut ouvrir en poétique, en décroissance et en sobriété. Rien de ces institutions si arrogantes et puissantes aujourd'hui (banques, firmes transnationales, grandes surfaces, entrepreneurs de santé, téléphonie mobile...) ne sauraient ni ne pourraient y résister.

    Enfin, sur la question des salaires et de l'emploi. Là aussi il nous faut déterminer la haute nécessité. Le capitalisme contemporain réduit la part salariale à mesure qu'il augmente sa production et ses profits. Le chômage est une conséquence directe de la diminution de son besoin de main d'œuvre. Quand il délocalise, ce n'est pas dans la recherche d'une main d'œuvre abondante, mais dans le souci d'un effondrement plus accéléré de la part salariale. Toute déflation salariale dégage des profits qui vont de suite au grand jeu welto de la finance. Réclamer une augmentation de salaire conséquente n'est donc en rien illégitime : c'est le début d'une équité qui doit se faire mondiale.

    Quant à l'idée du "plein emploi", elle nous a été clouée dans l'imaginaire par les nécessités du développement industriel et les épurations éthiques qui l'ont accompagnée. Le travail à l'origine était inscrit dans un système symbolique et sacré (d'ordre politique, culturel, personnel) qui en déterminait les ampleurs et le sens. Sous la régie capitaliste, il a perdu son sens créateur et sa vertu épanouissante à mesure qu'il devenait, au détriment de tout le reste, tout à la fois un simple "emploi", et l'unique colonne vertébrale de nos semaines et de nos jours. Le travail a achevé de perdre toute signifiance quand, devenu lui-même une simple marchandise, il s'est mis à n'ouvrir qu'à la consommation. Nous sommes maintenant au fond du gouffre. Il nous faut donc réinstaller le travail au sein du poétique. Même acharné, même pénible, qu'il redevienne un lieu d'accomplissement, d'invention sociale et de construction de soi, ou alors qu'il en soit un outil secondaire parmi d'autres. Il y a des myriades de compétences, de talents, de créativités, de folies bienfaisantes, qui se trouvent en ce moment stérilisés dans les couloirs ANPE et les camps sans barbelés du chômage structurel né du capitalisme. Même quand nous nous serons débarrassés du dogme marchand, les avancées technologiques (vouées à la sobriété et à la décroissance sélective) nous aiderons à transformer la valeur-travail en une sorte d'arc-en-ciel, allant du simple outil accessoire jusqu'à l'équation d'une activité à haute incandescence créatrice. Le plein emploi ne sera pas du prosaïque productiviste, mais il s'envisagera dans ce qu'il peut créer en socialisation, en autoproduction, en temps libre, en temps mort, en ce qu'il pourra permettre de solidarités, de partages, de soutiens aux plus démantelés, de revitalisations écologiques de notre environnement... Il s'envisagera en "tout ce qui fait que la vie vaut la peine d'être vécue". Il y aura du travail et des revenus de citoyenneté dans ce qui stimule, qui aide à rêver, qui mène à méditer ou qui ouvre aux délices de l'ennui, qui installe en musique, qui oriente en randonnée dans le pays des livres, des arts, du chant, de la philosophie, de l'étude ou de la consommation de haute nécessité qui ouvre à création – créaconsommation. En valeur poétique, il n'existe ni chômage ni plein emploi ni assistanat, mais autorégénération et autoréorganisation, mais du possible à l'infini pour tous les talents, toutes les aspirations. En valeur poétique, le PIB des sociétés économiques révèle sa brutalité.

    Voici ce premier panier que nous apportons à toutes les tables de négociations et à leurs prolongements : que le principe de gratuité soit posé pour tout ce qui permet un dégagement des chaînes, une amplification de l'imaginaire, une stimulation des facultés cognitives, une mise en créativité de tous, un déboulé sans manman de l'esprit. Que ce principe balise les chemins vers le livre, les contes, le théâtre, la musique, la danse, les arts visuels, l'artisanat, la culture et l'agriculture... Qu'il soit inscrit au porche des maternelles, des écoles, des lycées et collèges, des universités et de tous les lieux connaissance et de formation... Qu'il ouvre à des usages créateurs des technologies neuves et du cyberespace. Qu'il favorise tout ce qui permet d'entrer en Relation (rencontres, contacts, coopérations, interactions, errances qui orientent) avec les virtualités imprévisibles du Tout-Monde... C'est le gratuit en son principe qui permettra aux politiques sociales et culturelles publiques de déterminer l'ampleur des exceptions. C'est à partir de ce principe que nous devrons imaginer des échelles non marchandes allant du totalement gratuit à la participation réduite ou symbolique, du financement public au financement individuel et volontaire... C'est le gratuit en son principe qui devrait s'installer aux fondements de nos sociétés neuves et de nos solidarités imaginantes...

    NOUS APPELONS À UNE HAUTE POLITIQUE, À UN ART POLITIQUE

    Projetons nos imaginaires dans ces hautes nécessités jusqu'à ce que la force du Lyannaj ou bien du vivre-ensemble, ne soit plus un "panier de ménagère", mais le souci démultiplié d'une plénitude de l'idée de l'humain.

    Imaginons ensemble un cadre politique de responsabilité pleine, dans des sociétés martiniquaise guadeloupéenne guyanaise réunionnaise nouvelles, prenant leur part souveraine aux luttes planétaires contre le capitalisme et pour un monde écologiquement nouveau.

    Profitons de cette conscience ouverte, à vif, pour que les négociations se nourrissent, prolongent et s'ouvrent comme une floraison dans une audience totale, sur ces nations qui sont les nôtres.

    An gwan lodyans qui ne craint ni ne déserte les grands frissons de l'utopie.

    Nous appelons donc à ces utopies où le Politique ne serait pas réduit à la gestion des misères inadmissibles ni à la régulation des sauvageries du "Marché", mais où il retrouverait son essence au service de tout ce qui confère une âme au prosaïque en le dépassant ou en l'instrumentalisant de la manière la plus étroite.

    Nous appelons à une haute politique, à un art politique, qui installe l'individu, sa relation à l'Autre, au centre d'un projet commun où règne ce que la vie a de plus exigeant, de plus intense et de plus éclatant, et donc de plus sensible à la beauté.

    Ainsi, chers compatriotes, en nous débarrassant des archaïsmes coloniaux, de la dépendance et de l'assistanat, en nous inscrivant résolument dans l'épanouissement écologique de nos pays et du monde à venir, en contestant la violence économique et le système marchand, nous naîtrons au monde avec une visibilité levée du post-capitalisme et d'un rapport écologique global aux équilibres de la planète...

    Alors voici notre vision : Petits pays, soudain au cœur nouveau du monde, soudain immenses d'être les premiers exemples de sociétés post-capitalistes, capables de mettre en œuvre un épanouissement humain qui s'inscrit dans l'horizontale plénitude du vivant..."

    Ernest Breleur, Patrick Chamoiseau, Serge Domi, Gérard Delver, Edouard Glissant, Guillaume Pigeard de Gurbert, Olivier Portecop, Olivier Pulvar, Jean-Claude William

    Rue89

    jeudi 12 février 2009

    LES MINISTRES SERONT-ILS TOUS MIS SOUS TUTELLE ??

    Médiateur pour ministres sarkozystes, un job d’avenir!

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    Dès qu’une réforme prend l’eau, le ministre qui en a la charge est désavoué en se voyant adjoindre les services d’un médiateur. Quatre ont été nommés en trois jours, cinq depuis le début de l'année!

    Inefficace la politique du gouvernement en matière d’emploi ? Il n’y a que les mauvaises langues pour le dire. Certes l'Unedic prévoit 282.000 chômeurs de plus en 2009. Mais c’est une peccadille car il est un secteur que Nicolas Sarkozy a décidé de relancer personnellement. Et quand le chef de l’Etat retrousse ses manches, il faut bien le reconnaître, les résultats sont immédiats. Non, il ne s’agit pas de celui de l’automobile. Le dada du Président c’est… le secteur de la médiation. Chaque ministre qui est confronté à un nouveau problème se voit affublé d’un médiateur (« démineur » de dossiers voire « fossoyeur » seraient des termes plus appropriés). Et c’est dernier temps, c’est carrément l’inflation. Une manière pour l’Elysée, sous couvert d’ouverture du dialogue, de reprendre la main dans tous les affaires et de désavouer des ministres qui ont eu le culot de rencontrer des difficultés...

    Hier, Jean-Louis Borloo recevait les élus du Sud-Est pour dénouer un nœud ferroviaire qui ne date vraiment pas d’hier : celui du tracé de la Ligne à Grande Vitesse en région PACA. Mais la réunion n’a rien donné et, à sa sortie, le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin, a annoncé qu’un médiateur allait être nommé dans ce dossier. Il faut dire que pour trancher, le ministre d’Etat à l’Ecologie ne peut pas vraiment compter sur l’aide de son collègue Hubert Falco, secrétaire d’Etat transparent à l’Aménagement du territoire et par ailleurs… maire de Toulon. Ce dernier voudrait bien que la nouvelle ligne passe par sa commune. De toute façon, choisir entre deux tracés suppose de faire des mécontents. Et des mécontents, le premier des Toulonnais n’en veut pas, lui qui a en ligne de mire les régionales de 2010…     Donc, place à la médiation !

    Jégo, Pécresse et Darcos ne sont plus seuls aux commandes   

    Dans la nuit de mardi à mercredi, c’est Yves Jégo qui a fait le voyage-retour en Guadeloupe avec deux médiateurs (il fallait au moins ça) dans ses valises. Pas de quoi rougir : même la bonne élève du gouvernement, Valérie Pécresse, a eu droit à sa médiatrice. Sa nomination a été annoncée lundi, à la veille du défilé des étudiants et des enseignants-chercheurs, histoire de couper, en vain,   les jambes des manifestants. Au mois de janvier, c’est un autre ministre en difficulté, Xavier Darcos, qui a eu le « renfort » d'un médiateur en or massif en la personne de Richard Descoings pour apaiser les esprits autour de la réforme du lycée.

    Quatre nouveaux médiateurs en trois jours, cinq au final depuis le début de l’année, 2009 commence sur les chapeaux de roue. Il reste au Président un nouveau médiateur à désigner d'urgence : celui de Matignon, François Fillon, ne fait plus l'affaire...

    Jeudi 12 Février 2009 - 15:28
    Gérald Andrieu

    Marianne




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