COMITÉ DE RÉSISTANCE CITOYENNE | BLOG

► Le Comité de Résistance Citoyenne lutte contre la politique de Nicolas Sarkozy et de son gouvernement. Constitué par de très nombreux résistants depuis le 6 mai 2007, il milite pour la réflexion avant l'action. ◄ ▌crc.contact@gmail.com▐

jeudi 9 avril 2009

FICHONS LES AUTEURS DES FICHIERS INTERDITS !!

Un quart des 58 fichiers de police n'ont aucune existence légale :

2_Rue89

En 2008, le fichier Edvige avait lancé la polémique. Deux parlementaires remettent les pieds dans le plat avec un rapport sur les fichiers de police baptisé « les défis de la République ». Résultats : 58 fichiers existent, un quart n'ont aucune base légale. Les plus mal tenus ne sont pas forcément ceux auxquels on pense…

Premier bilan :  58 fichiers pour la police et la gendarmerie

Delphine Batho (députée PS des Deux-Sèvres) et Jacques-Alain Bénisti (député UMP du Val-de-Marne) se sont visiblement amusés à explorer les bas-fonds informatiques des commissariats et casernes. Policiers ou gendarmes, ils ont toujours inventé des fichiers de travail, béquille indispensable à leurs enquêtes.

Est-ce pour dépassionner le débat ?  En tout cas, les deux parlementaires dressent le même constat :

 

  1. Les fichiers de police sont très utiles, lorsqu'ils sont bien faits : le taux d'élucidation des affaires grimpent en flèche avec un bon fichier.
  2. Il en existe beaucoup plus que prévu : 58, alors que la mission de contrôle présidée par Alain Bauer en 2006 n'en recensait qu'une quarantaine. De là à voir une France mise en fiches…

Voilà pour les premières surprises, à la grande satisfaction de Jacques-Alain Bénisti.

Et cela devient une manie. Prenez Octopus, fichier créé en 2008 par la préfecture de police de Paris. Octopus ? Outil de centralisation de traitement opérationnel des procédures et des utilisateurs de signatures. En clair : un fichier d'identification pour les taggeurs !

Ou encore Lupin, pour Logiciel d'uniformisation des prélèvements et identification, en phase expérimentale à Paris. Lupin sert à faire des rapprochements sur les modes opératoires des… cambrioleurs.

Un contrôle plutôt laxiste :  25% des fichiers n'ont aucune base légale

Ces deux fichiers, Octopus et Lupin, n'ont pour l'instant aucune base légale : pas de décret, pas de loi, aucun texte ne justifie leur existence. Comme un quart des fichiers recensés par les députés qui, du coup, réclament en choeur une régularisation massive. Autrement dit, ils souhaitent que la création ou la disparition de tous les fichiers de police fassent désormais l'objet d'une loi, avec débat public.

Cela permettrait par exemple d'éviter de découvrir l'existence d'un fichier de suivi des titres de circulation délivrés aux personnes sans domicile ni résidence fixe (FSDRF). En clair, le fichier des gitans, opéré par la gendarmerie, dont les individus fichés ne sortent qu'à trois conditions :

 

  1. Etre sédentarisés depuis six mois.
  2. Avoir plus de 80 ans, en l'absence de sédentarisation.
  3. Etre mort.

Pour Delphine Batho, spécialiste des questions de sécurité au PS, les fichiers les plus mal tenus ne sont pas ceux auxquels on pense. Le FNAEG, fichier des empreintes génétiques, est à la fois bien tenu, efficace et bien contrôlé. Même s'il souffre d'un certain engorgement (2 635 individus fichés en 2002, 806 356 en 2008) qui ralentit son fonctionnement.

Le Stic, Système de traitement des infractions constatés, est le plus décrié. Trop gros et avec trop d'erreurs : chaque année en France, il est consulté pour vérifier l'accès à un million d'emplois. (Voir la vidéo)

Au chapitre des réformes à mener, les deux députés sont d'accord pour proposer la suppression du fichier des personnalités. Ceux fichés en raison de leur activité politique, syndicale, associative, leur appartenance religieuse… etc.

Ficher les mineurs ?  Et si oui, comment ?

Le point qui sépare les deux rapporteurs a été au centre de la polémique Edvige : faut-il ficher les mineurs ? Et si oui, selon quels critères ? Au passage, le lecteur apprend (p.75) que « environ 3000 mineurs » étaient déjà dans l'ancien fichier RG, dont « près de 600 pour la seule finalité “sécurité du territoire” ».

Pour le député UMP, il faut prévoir la possibilité d'inscrire des mineurs n'ayant commis aucun délit, mais qui présentent un risque lorsque :

 

« En raison de leur activité individuelle ou collective, ils peuvent porter atteinte à la sécurité des personnes et des biens. »

En revanche, la députée PS pose comme conditions d'être déjà fiché pour des antécédents judiciaires (Stic ou Judex, son équivalent gendarme) et ceux qui peuvent :

 

« En raison de leur activité individuelle et collective, porter atteinte à la sécurité des personnes et des biens, par le recours ou le soutien actif apporté à la violence, ainsi que les personnes entretenant ou ayant entretenu un lien direct et non fortuit avec ceux-ci. »

Le débat sera sans doute tranché par la loi, donc à l'issue d'un débat public.

L'avenir ?  Un fichier de prévention des crimes et délits

Quelle que soit la solution retenue pour les mineurs, l'avenir s'appelle Gevi, pour Gestion des violences urbaines. Créé en 1996 par la préfecture de police de Paris, ce fichier de renseignement sert à repérer les personnes « susceptibles d'être impliquées dans des actions de violences urbaines ».

Définition un peu vague, mais résultats garantis selon les rapporteurs. Avec 7300 fiches, le Gevi permet d'identifier très précisément, par des sociogrames, la composition des bandes. Et donc d'anticiper leur comportement en cas de manifestation risquant de dégénérer par exemple. Or, ce dispositif s'articule parfaitement avec la récente proposition de Nicolas Sarkozy de créer un délit « d'appartenance à un groupement ».

Dernière avancée : le droit à l'oubli, soutenu à l'unanimité. Un mineur fiché, qui n'aurait pas récidivé pendant trois ans, se verrait effacer des fichiers.

Nouvel Obs'

samedi 4 avril 2009

UN BIG BROTHER AWARD COLLECTIF POUR LE GOUVERNEMENT ??

MAM et Darcos se tirent la bourre aux Big Brother Awards :

                                  

2_Rue89

Par Chloé Leprince | Rue89 | 03/04/2009 | 20H30

Michèle Alliot-Marie et Xavier Darcos l'ont-ils fait exprès ?  Ce vendredi matin, dans Le Parisien-Aujourd'hui en France, ils annonçaient leur intention de renforcer le dispositif de vidéosurveillance à l'école. Or ils sont justement les deux personnalités politiques les plus en vue parmi les nominés des Big Brother Awards, qui auront lieu ce week-end.

Depuis leur arrivée en France, en 2000, ces récompenses se veulent l'équivalent des « Césars de la surveillance ». Au jury, on relève la présence d'un sociologue, un biologiste, un avocat, un magistrat, des militants associatifs… Samedi 4 avril au soir, ils décerneront la palme aux plus grands Big brothers français dans une cérémonie restransmise en streaming sur le site des Big Brothers Awards.

Darcos et MAM nominés « pour l'ensemble de leur oeuvre »

La liste des nominés, catégorie par catégorie, est accessible depuis quelques jours. Quatre le sont « pour l'ensemble de leur oeuvre », mais seulement deux à titre nominatif : Xavier Darcos et Michèle Alliot-Marie. Ils ont été respectivement sélectionnés pour les fichiers en vigueur dans l'Education nationale (en particulier Base elèves) et pour les fichiers de police, à l'instar d'Edvige.

Déjà favoris, ils pourraient donc s'orienter vers un prix ex aequo samedi soir, avec leur dernière annonce au sujet de la vidéosurveillance à l'Ecole. Sur le terrain, certains établissements scolaires sont déjà équipés mais les deux ministres veulent étendre la chose.

La loi… et la pratique

Dans la loi, ces initiatives sont pourtant strictement encadrées : la Cnil doit donner son autorisation et les familles doivent impérativement être informées, puis avoir accès aux images si elles le souhaitent. Sur le terrain, pourtant, il en va parfois autrement et certains établissements scolaires se font taper sur les doigts pour y déroger : à Thonon-les-Bains (Haute-Savoie), le collège Champagne, qui n'avait pas prévenu la Cnil en installant une trentaine de caméras en 2006, avait dû faire marche arrière après la plainte d'un parent d'élèves.

Enfin, la généralisation des caméras à l'école pose un problème de coûts. Alors qu'on estimait que 20 000 caméras pistaient les passants dans l'Hexagone, Rue89 consacrait fin 2007 un papier à la dimension économique de la question. En dix ans, les crédits alloués à la vidéosurveillance ont augmenté de 133% depuis 1993.

Rue89

samedi 24 janvier 2009

UN FICHIER TRÈS DANGEREUX QUI FAIT SURFACE : STIC !!

Le Stic, frère aîné d’Edvige : halte au fichage arbitraire et discriminatoire :

ldh_logo

COMMUNIQUÉ LDH

Paris, le 23 janvier 2009

La Cnil vient de rendre ses conclusions sur le fichier des infractions constatées – le Stic, créé clandestinement dans les années 1995/2000 mais connu seulement en 2001, et qui dès 2004 fichait 23 millions de personnes.

Les conclusions de la Cnil sont accablantes. Seulement 17 % des données collectées sur les personnes mises en cause sont exactes. Les données collectées sont stockées sans respect des durées de conservation, de mise à jour et d'apurement. Les qualifications des personnes fichées sont non seulement fantaisistes mais inacceptables dans un Etat de droit respectueux de l’égale dignité des personnes : on y trouve entre autres « autiste », « homosexuel », « travesti »… Voilà qui permet juger de la crédibilité des affirmations ministérielles selon lesquelles les autorités n’avaient jamais songé à ficher les orientations sexuelles ou l’état de santé.

Le Stic sert aussi pour les enquêtes administratives ; il est consulté pour le recrutement et l'habilitation des personnes travaillant dans le domaine de la sécurité. On sait déjà que ces très nombreuses données erronées ont conduit à des pertes d'emploi et  à des refus de recrutement. Là encore, que penser des discours sur la lutte contre les discriminations, notamment à l’embauche ?

Au moment où le gouvernement veut fondre le Stic et Judex (qui est à la gendarmerie ce que le Stic est à la police) en un seul fichier nommé Ariane, la Ligue des droits de l'Homme demande que toutes les données erronées qui menacent les droits de millions de nos concitoyens soient immédiatement effacées, que l’ensemble des fichiers de justice et de police soient mis à jour et soumis à des contrôles sérieux, indépendants et transparents, et qu’une loi vienne enfin protéger les droits et libertés des citoyens face à la montée de la « surveillance généralisée » et d’un fichage arbitraire et discriminatoire dont la Cnil vient de caractériser une nouvelle manifestation particulièrement accablante.

LDH

mardi 11 novembre 2008

DARCOS IS WATCHING YOU !!

Education : 220 000 euros par an pour surveiller l'opinion :

"Article 1: Les présents marchés portent sur la veille de l'opinion dans les domaines de l'éducation, de l'enseignement supérieur et de la recherche. (...)

Article 4 : Chaque marché est conclu du 1er janvier 2009 jusqu'au 31 décembre 2009."

C'est un peu plus loin que la volonté des ministères concernés apparait le plus explicitement ("description des prestations"):

"Le dispositif de veille vise, en particulier sur Internet, à:

  • identifier les thèmes stratégiques (pérennes, prévisibles, émergents)
  • identifier et analyser les sources stratégiques ou structurant l'opinion
  • repérer les leaders d'opinion, les lanceurs d'alerte, et analyser leur potentiel d'influence et leur capacité à se constituer en réseau
  • décrypter les sources des débats et leur mode de propagation
  • anticiper les risques de contagion et de crise.

En clair: le ministère de l'Education nationale va débourser 100 000 euros par an, et celui de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, 120 000 euros, pour surveiller l'opinion dans la Toile.

Suit une liste des espaces à surveiller de plus près, blogs et sites participatifs notamment, auxquels s'ajoutent, selon les termes de l'appel d'offre, médias traditionnels, dépêches d'agences, baromètres et enquêtes annuelles.

Non, ce n'est pas un canular: sur le site du Journal officiel, on retrouve bien cet appel d'offre pour le marché public de la veille de l'opinion parmi les personnels de l'Education nationale.

Aussi spectaculaire soit-elle, cette volonté d'identifier les leaders de la contestation n'est pas nouvelle. C'est en tous cas ce dont témoignait samedi une vingtaine de directeurs d'école réfractaires, réunis à Paris pour une journée de travail sur le fichier base-élèves.

Dans le Lot, quarante réfractaires à la base élève en avril, quatre aujourd'hui

Au total, cette toute première journée de coordination nationale, qui réunissait une vingtaine de collectifs départementaux, a rassemblé 75 personnes, dont de nombreux parents d'élèves. Leur but: faire le point sur "le fichage des enfants", notamment depuis le nouveau décret qui est venu modifier le contenu du fichier le 1er novembre dernier.

Mais aussi soutenir les directeurs d'écoles récalcitrants. Car le ministère met la pression sur ces derniers résistants au fichier, parfois quatre ans après le lancement de la base-élèves dans leur zone. Ils le disent d'ailleurs eux-mêmes, à l'instar de Jean:

"Entre une entrée en vigueur morcellée et le discours moderniste qui allait avec, le ministère a réussi à émietter la contestation. Le milieu enseignant a fini par entrer dedans honteusement. Dans le Lot, nous étions quarante directeurs d'école réfractaires en avril, dix en juillet, et seulement quatre aujourd'hui. Il était temps de monter au front nationalement alors que certains renonçaient parce qu'ils se sentaient lâchés."

Jean, à trois ans de la retraite, enseigne depuis trente-trois ans et gagne 2600 euros net. Directeur depuis plus de vingt ans, il travaille dans de "très petites écoles" et est aujourd'hui à la tête d'une classe unique:

"Dans les petites écoles, on suit les enfants pendant cinq ans, on a une relation beaucoup moins administrative au terrain. Or la Base-élèves et le fichage des élèves, c'est la mise à mort d'un encadrement que le ministère juge trop humaniste. J'en fais une question de principe et accepter de ficher mes élèves, ce serait comme un reniement à la fin de ma carrière."

Pression financière et menaces de fermetures de classes

Parce qu'il s'oppose, Jean y perd financièrement: pour faire taire la bronca contre le fichier base-élèves et ses scories (comme le numéro d'identifiant qui immatricule les enfants jusqu'à… 35 ans), la hiérarchie de l'Education nationale a décidé de sanctionner sur la fiche de paye.

Pour l'instant, le directeur d'école du Lot a eu deux retenues sur salaire, à raison d'un trentième du brut, soit environ 104 euros de moins à chaque fois. Une folie militante?

"Avant cela, je n'avais jamais eu de conflit dur avec l'inspection d'académie, j'étais bien noté et j'avais acquis une certaine légitimité: on me fait venir à l'IUFM! J'étais comme un dinosaure endormi, rangé des voitures en ce qui concerne le militantisme. Mais pour moi cette lutte-ci est encore plus fondamentale que toutes les autres, même celles pour les suppressions de postes."

Mireille, elle, est à la retraite depuis l'été, mais a ferraillé contre la base-élèves pendant deux ans depuis le Vercors, où elle était directrice d'école. Elle raconte que, lors d'une réunion publique organisée dans un village par des parents, la hiérarchie académique lui a ordonné de se taire, en la menaçant de sanctions. Elle n'en a rien fait et a même déposé un recours devant le Conseil d'Etat, cosigné d'un parent d'élèves. L'audience devant le Conseil d'Etat aura lieu le 26 novembre.

"On immatricule des enfants de cinq ans pour les trente-cinq années suivantes!"

Mireille, contrairement aux autres, n'a jamais vu son salaire amputé mais raconte que certains directeurs d'école commencent à flancher. Ainsi, cette instit rennaise qui a renoncé à un poste de direction à force de pressions. Ou encore ce courrier de l'inspection d'académie du Lot, que Rue89 s'est procuré, qui menace les directeurs d'école de fermer des classes:

"Le premier constat des saisies des élèves fait apparaître une diminution de l'ordre de cinq cents élèves par rapport à l'an dernier. Je rappelle que le constat arrêté au niveau académique et national sur lequel s'appuiera le travail de préparation de rentrée, notamment pour les suppressions et créations d'emplois, est celui de la base élèves."

Christophe, lui, promet de tenir bon. Directeur dans la Vienne, il avait pris contact avec Rue89 il y a plusieurs semaines mais hésitait à s'exprimer au grand jour (même s'il est syndiqué). Comme d'autres, il a subi des pressions. Par oral, on l'a menacé de sanctions de l'ordre d'une journée de salaire retenue par journée réfractaire. Sachant qu'il n'a pas flanché depuis la rentrée de septembre, la fronde commençait à peser cher: Christophe, six ans au compteur, gagne 1700 euros par mois.

Finalement,la pénalité sera la même que pour les autres: un trentième par lettre d'injonction. Sorti de l'anonymat, il espère mobiliser à nouveau:

"La base-élèves et le numéro d'immatriculation des enfants sont devenus des sujets tabous. Quand on en parle, on dirait que les collègues ne sont pas fiers, ils préfèrent regarder ailleurs."

En écho, Jean, pour qui les menaces verbales se sont transformées en retenue d'un trentième par injonction écrite, s'interroge : "comment la profession a pu basculer là-dedans?"

En juin, Darcos a parlé à l'Assemblée de "fichier liberticide". Depuis, ils disent qu'ils sont revenus en arrière en supprimant certains champs. Mais c'est un écran de fumée, car ce que nous avons fini par comprendre, c'est que c'est le numéro d'identifiant qui est le plus problématique. On immatricule des enfants de cinq ans pour les trente-cinq années suivantes!"

Côté ministère, on espère faire taire la contestation en affirmant que des modifications ont bien été faites dans le fichier, après que le ministre avait reconnu certains écueils à l'ancienne mouture, le 13 juin dernier.

mercredi 8 octobre 2008

EDVIGE VERSION 1.0 EXISTE TOUJOURS ET FONCTIONNE !!

Le premier décret Edvige serait toujours applicable :

Lib_ration

Corinne Lepage a déposé aujourd'hui «un référé suspension» devant le conseil d'Etat pour exiger le retrait du premier texte très controversé.

Corinne Lepage, la présidente du parti écologiste Cap21, a déposé ce mercredi un «référé suspension» devant le conseil d’Etat pour exiger le retrait du premier décret Edvige.

 

Car, selon elle, cela ne fait aucun doute:  le premier décret n’a pas été formellement retiré. «Pire encore, le projet de nouveau décret ne prévoit pas l’abrogation de l’ancien. Cela signifie tout simplement que le décret Edvige est non seulement applicable mais très probablement appliqué, le gouvernement utilisant le laps de temps nécessaire jusqu’à la sortie du nouveau décret pour mettre en pratique le décret Edvige (…)» «écrit-elle dans le texte du référé. (Lire l'intégralité du référé sur le blog de Corinne Lepage)

Joint par Libération.fr, Corinne Lepage explique sa démarche. «Mon raisonnement est assez simple : pourquoi le gouvernement n’abroge t-il pas le premier texte ? Je ne fais de procès d’intention à personne, je pose juste la question. Et j’attends une réponse.»

A demi-mot, elle dit craindre l’application, à terme, des deux décrets simultanément (la première et la deuxième version édulcorée). «De sorte qu’on aurait un fichier Edvige souterrain permettant de collecter toutes sortes d’informations», comme le dossier de santé ou l’orientation sexuelle.

Pour étayer son raisonnement, elle rappelle la communication du ministère de l’Intérieur à l’époque de la polémique. «Le gouvernement a braqué les projecteurs sur le nouveau texte. Mais, à aucun moment, la ministre a parlé de l’abrogation du premier décret».

Libération

dimanche 28 septembre 2008

SARKOZY PROMET UN HIVER GLORIEUX... AUX RESTOS DU COEUR !!

Au secours, Sarkozy se chiraquise !

Marianne2

73ème semaine de Sarkofrance pour Juan, qui a une impression de déjà vu face à un Sarkozy qui subit passivement la crise financière. Mais oui, on dirait Chirac !

En début de semaine dernière, Nicolas Sarkozy s'est réfugié à New York. Attaqué depuis 8 jours sur son silence au beau milieu de la plus grave crise boursière que le monde ait connue depuis 1929, le président français a profité de sa visite américaine pour «prendre de la hauteur». Puis, de retour en France, il a prononcé son fameux «discours de Toulon», avant d'achever ses promesses de croissance et d'équilibre des comptes le lendemain en Conseil des Ministres.
 
Président paralysé
Nicolas Sarkozy n'y connaît pas grand chose en économie. Le tsunami financier qui a frappé l'Amérique puis les places européennes l'a surpris. Il y a à peine deux ans, il déclarait: «il faut créer les conditions fiscales favorables pour le développement de fonds de pension français». Il ne mesurait pas la complexité et la volatilité imprudente du système boursier international.
Ces derniers jours, les «proches du Président» ont laissé filtrer qu'il réfléchissait à sa riposte médiatique. Il a fait venir à New York François Pérol, son secrétaire général adjoint pour l'aider. Un signe de fébrilité ou de solitude ? Là-bas, il a énoncé 3 platitudes : (1) «la crise, c'est mal» (2) «les responsables doivent être punis», et (3) il faut un sommet. «Un monde nouveau est en train de naître à travers tous les succès mais aussi toutes les crises qui secouent la planète», a-t-il ainsi déclaré mardi, entre deux cérémonies et un peu de shopping avec Carla Bruni. Mercredi, il a réuni ses proches collaborateurs et d'autres encore, pour continuer de préparer son discours au Zénith de Toulon, le lendemain: Claude Guéant, François Pérol, Henri Guaino, mais aussi des économistes et des chefs d'entreprise comme Jean-Philippe Cotis (Insee), Henri de Castries (Axa), Jean-Paul Fitoussi (OFCE), Michel Didier (Rexecode) étaient au chevet du Monarque pour l'aider à penser.

L'impasse économique
Nicolas Sarkozy n'a plus de choix. Il a grillé ses cartouches dans les premiers mois de son mandat, pour très peu d'effet. Alors que la crise des subprimes éclatait, le gouvernement français a fait l'autruche, refusant de voir le danger. Toutes les menaces extérieures étaient prévisibles: la flambée des cours du pétrole et des matières premières, la crise financière américaine, le ralentissement du marché immobilier ne sont pas apparus soudainement un jour de janvier 2008.

Le paquet fiscal de juillet 2007 coûte environ 10 à 15 milliards d'euros par an aux comptes publics. Un argent public dépensé en pure perte, qui n'a pas été remis en cause, alors que la situation se détériorait. On appelle cela ni plus ni moins du gaspillage. La croissance du PIB a ralenti dès le dernier trimestre de 2007 (+0,4% contre +0,6 à 0,7% les trois trimestres précédents); l'inflation, sur 12 mois glissants, a dérapé mois après mois de +1,2% en janvier 2007 à +3,2% en août 2008; le pouvoir d'achat s'est tassé début 2008, pour diminuer au trimestre suivant (-0,6%); les créations d'emploi salarié ont fortement ralenti (+0,7% au premier trimestre 2007, puis +0,4% le reste de l'année, pour régresser à -0,1% au second trimestre 2008); le chômage «officiel» a augmenté de 30 à 40 000 personnes en août 2008, d'après Laurent Wauquiez, le secrétaire d'Etat à l'Emploi, une hausse mensuelle jamais vue depuis 1993. Les derniers indices du moral des industriels, au plus bas depuis juillet 2003, révèlent que la France, comme le reste de l'Europe, entre en récession.

Vendredi 26 septembre, le gouvernement a acté que la croissance serait faible en 2009 (à peine 1%); que le déficit public s'établirait à 2,7% du PIB et non 2,5%; que la France renonçait à sa promesse européenne d'équilibre budgétaire en 2012; et que la dette publique grimperait à 66% du PIB l'an prochain. «Nous sommes vigilants, raisonnables et réalistes» ont expliqué Christine Lagarde et Eric Woerth.

La messe est dite.
 
«Le Discours de Toulon»
Jeudi 25 septembre, le président avait rassemblé un oratoire de 4000 fidèles au Zénith de Toulon. L'affichette un peu ridicule devant son pupitre mentionnait sombrement: «Discours de Toulon.» On s'attendait donc à de grandes annonces. Dans l'impasse économique et sociale la plus totale, Nicolas Sarkozy n'a pu que surjouer son rôle de Président «responsable mais pas coupable»: il a accusé la finance mondiale imprudente, pour mieux éviter de parler de la situation du pays. L'Etranger, banquier cette fois-ci, voilà l'ennemi.
Procureur des dérives du système boursier «qui a trahi les valeurs du capitalisme économique de marché», il s'est auto-proclamé Sauveur du Capitalisme. «la crise que nous connaissons n'est pas celle du capitalisme.»
In fine, les annonces concrètes ont été rares : garantie de l'État pour l'épargne des particuliers (c'est indéniablement essentiel), réduction du nombre de fonctionnaires (une promesse de campagne), et moralisation de la vie financière. Ce dernier point est curieux à double titre : primo, parce que Sarkozy le répète depuis des lustres sans jamais le mettre en œuvre (il a tout de même été ministre des finances en 2004...); secundo parce que Sarkozy a été d'une extrême indulgence avec le président de la Société Générale, Daniel Bouton, en janvier dernier, pendant l'affaire Kerviel qui cachait déjà 2 milliards d'euros de pertes dues aux subprimes.
 
Cafouillage intérieur
Les hésitations et incohérences du gouvernement et de la majorité présidentielle paraissent dérisoires, face à ces difficultés. EDVIGE a fini par être remplacée par EDVIRSP (le nouveau projet autorise toujours la possibilité exceptionnelle de ficher, à l'exception des informations relatives à la santé ou l'orientation sexuelle), La fiscalité verte ne verra pas le jour de sitôt, et Jean-Louis Borloo se tait. L'UMP s'est gentiment déchirée autour de la Présidence du Sénat. L'Assemblée Nationale a fini par voter favorablement le renforcement de l'engagement militaire français en Afghanistan. Et l'UMP a attaqué violemment le financement du RSA lors de sa présentation à l'Assemblée cette semaine.

Un président paralysé et à court d'idées moins de 18 mois après son élection, une majorité rebelle, un contexte économique effroyable, cela ne vous rappelle rien ?

Sarkozy semble tel un chasseur qui a tiré toutes ses cartouches avant que l'ours n'apparaisse vraiment. Il ne lui reste plus qu'à fuir.

Pendant encore 3 ans et demi.

Ami sarkozyste, où es-tu ?

Retrouvez toutes les chroniques de Juan en Sarkofrance, cliquez ici.

Dimanche 28 Septembre 2008 - 11:29
Juan

Marianne

dimanche 21 septembre 2008

SARKOZYSME = PARLER DES BROUTILLES ET SE TAIRE SUR LE CAPITAL !!

Un Président impuissant donc agité :

Marianne2

En cette 72ème semaine de Sarkofrance, Juan s'en prend à l'impuissance du chef de l'Etat face à la crise économique. Et souligne qu'il a recours à la bonne vieille tactique des bouc-émissaires.

Nicolas Sarkozy s'obstine à éviter la réalité. Il parle laïcité, quand EDVIGE mobilise; il parle otages, santé, ou handisport mais pas de l'effondrement de la Bourse. Jour après jour, heure après heure, le président français cherche la parade. Son rêve de croissance s'éloigne, son volontarisme échoue. Le monarque avait calé un grand discours, salle réservée et cotillons pour le 25 septembre à Toulon. Son banquier sera-t-il encore là pour payer les petits fours de la soirée ?

Le Président impuissant
La bourse s'effondre, et Sarkozy masque. A l'instar de John McCain, le candidat républicain à l'élection présidentielle américaine, il n'y connaît pas grand chose à la finance mondiale, à l'exception des signes extérieurs de richesses qu'elle peut procurer dans les belles années. Quand une banque d'affaires créée il y a 158 ans disparaît en un week-end avec ces 700 milliards de dollars d'actifs, il ne dit mot. Quand le premier assureur mondial manque de disparaître, sauvé par le gong d'une nationalisation sans précédent par l'Etat fédéral américain, il ne dit rien. Quand les Bourses américaine, asiatiques et européennes continuent de chuter, il ne dit toujours rien.

Mardi, au plus fort de la crise, il préfère jouer à Jack Bauer ("24H Chrono") depuis son bureau, et se mettre en scène devant les caméras. Un journaliste lui demande: "et la faillite de LEHMAN BROTHERS ?" Sourire crispé, Sarkozy rétorque à voix basse: "On a eu une petite nuit, et il faut être très reposé pour affronter la crise financière internationale. J'aurais l'occasion de m'exprimer sur le sujet dans les jours et les semaines qui viennent." Son homologue américain n'a heureusement pas attendu 15 jours pour se reposer. Bush a annoncé vendredi la mise sous tutelle des banques américaines, après avoir accepté de nationaliser (pour 70 milliards de dollars) l'assureur AIG. Samedi, il présentait les détails de son plan de sauvetage.

Sarkozy aurait pu parler de sa préoccupation, annoncer des mesures de soutien aux PME et aux ménages qui risquent de pâtir d'un resserrement général des conditions de crédit dans les mois à venir. Il aurait pu dire qu'il allait aider les banques françaises à nettoyer leurs bilans, comme le Trésor américain s'apprête à le négocier aux Etats-Unis.

Sarkozy aurait pu dire quelque chose sur la plus grave crise boursière depuis 1929. Il nous laisse Christine Lagarde expliquer que les banques françaises sont saines. 9 mois après le scandale de la Société Générale, on croit rêver.

Le Président du renoncement
Jeudi 18 septembre, devant une assistance attentive, à Bletterans dans le Jura, Nicolas Sarkozy a cette expression bravache :"Le mot renoncement ne fait pas partie de mon vocabulaire". Pourtant, la semaine écoulée ne fut que cela. Nicolas Sarkozy a renoncé à décrocher un point de croissance supplémentaire "avec les dents". On parlait récession depuis des semaines. Le crash boursier a porté le coup de grâce. Le Ministère de l'Emploi a confirmé hier que le pouvoir d'achat des salariés a baissé au second trimestre.

Quand la polémique EDVIDGE enfle, jusqu'au sein de son propre gouvernement, Sarkozy doit aussi renoncer. Mercredi, Michèle Alliot-Marie expliquait encore que le gouvernement n'avait pas l'intention de modifier en profondeur le contenu du fichier de police. Patatras, Fillon l'a désavouée le soir même, et une nouvelle mouture d'EDVIGE était présentée vendredi.

Quand la mobilisation contre le changement de statuts de la Poste frémit, Sarkozy fait également (temporairement ?) marche arrière: il nomme une commission.

Sarkozy a enfin renoncé au grand soir fiscal. Passés les premiers cadeaux à son camp électoral l'an passé, voici venu le temps du cafouillage généralisé. Sa taxe de 1,1% sur les revenus du capital des classes moyennes pour financer le RSA passe mal; Sarkozy recule : le gouvernement va finalement plafonner les niches fiscales qui permettent aux plus riches de s'exonérer d'impôt sur le revenu.

Le Président des bouc-émissaires
Pour masquer ces renoncements et autres impuissances, Nicolas Sarkozy utilise deux parades : distraire l'opinion et désigner des coupables.

La semaine dernière, la venue du pape à Lourdes lui avait fourni l'un de ses épouvantails favoris: il a pu focaliser l'attention médiatique sur son fumeux concept de "laïcité positive". A l'instar d'un George W Bush en 2004, ou d'une Sarah Palin cette année lors des élections présidentielles américaines, Nicolas Sarkozy aime agiter l'opinion sur des thèmes religieux, moraux ou sociétaux pour mieux cacher les vrais sujets que sont la pauvreté, le pouvoir d'achat ou le déficit de l'Etat. Le pape étant parti, il fallu au Président trouver autre chose.

Quelque soit le sujet, Nicolas Sarkozy a eu aussi besoin d'un bouc-émissaire. Depuis 72 semaines, il a attaqué les chômeurs, les seniors, les instituteurs, les militaires, les sans-papiers, les retraités, les jeunes, ou les banlieues. Vendredi, il a présenté son plan de réforme de santé. Il a choisi son angle favori : la traque aux fraudeurs à l'assurance-maladie. Comme si l'équilibre des comptes de la Sécurité Sociales passait par là. Il y a 6 mois déjà, pour réduire les droits et indemnités des chômeurs, il avait stigmatisé les fraudeurs. Pour la Sécu, même méthode inique. Il réclame des "pénalités plancher" contre les fraudeurs à l'assurance maladie.

Son paquet fiscal de l'été 2007 a creusé le déficit de la Sécu, mais chut ! C'est un secret. Les déficalisations des heures supplémentaires coûtent 150 millions d'euros par mois aux comptes sociaux. Chut !!

Surpris par des sondages très rapidement exécrables, le président français a compris la leçon. Il s'est enfermé dans sa tour d'ivoire, celle des copains et des grands discours. Petite différence avec son prédécesseur Jacques Chirac qui alliait hauteur et immobilisme, Sarkozy mêle agitation et incompétence.

Pour retrouver le blog Sarkofrance, cliquez ici

Dimanche 21 Septembre 2008 - 09:32
Juan

Marianne

samedi 20 septembre 2008

LA CNIL NE PROTÈGE PAS LES CITOYENS, SUPPRIMONS-LA !!

Edvige: «Qui nous dit que le nouveau décret sera respecté ?» :

Lib_ration

Pour Jean-Pierre Dubois, le président de la Ligue des droits de l'homme, le nouveau texte ne règle rien: «On pourra ficher nos enfants, et ça c'est inacceptable.»

Propos recueillis par Marie Piquemal
LIBERATION.FR : vendredi 19 septembre 2008

Sans détour, Jean-Pierre Dubois, président de la Ligue des droits de l’homme et membre du collectif «non à Edvige!», nous dit ce qu'il pense du nouveau décret portant sur le fichier Edvige.

Que pensez-vous du nouveau décret Edvige ?
 
 Le gouvernement recule sur un certain nombre de points, et ça c’est une bonne nouvelle. Mais c’est un succès partiel. Reste un problème essentiel: les enfants seront fichés dès 13 ans. Et contrairement à ce que répète Michèle Alliot-Marie depuis une semaine, il ne s’agit pas de ficher les seuls mineurs qui ont commis une infraction (c’est déjà le cas). Mais, tous les délinquants potentiels. Autrement dit : tous nos enfants sont cernés. On ne peut pas l’accepter.

Vous allez donc continuer à vous battre ?
 
 Plus que jamais. Tant que nous n’obtiendrons pas un vrai débat parlementaire, nous ne lâcherons rien. D’ailleurs dès que le nouveau décret sera publié, nous déposerons un nouveau recours.

C’est un sujet sensible qui touche l’ensemble de la société. Et on ne peut pas accepter que cette question soit traitée à la va-vite avec un décret réécrit en une après-midi. Michèle Alliot-Marie nous a quand même dit qu’elle avait rédigé le décret hier entre 14 heures et 18 heures… Du  grand n’importe quoi. En réalité, le texte était prêt depuis une semaine, avant l’ouverture de la pseudo concertation.

Pourtant, en lisant le nouveau décret, on a vraiment l’impression que la ministre a tenu compte des principales critiques ?
 
 C’est le but du gouvernement. Faire croire aux Français qu’ils peuvent à nouveau dormir tranquille. «On vous a écouté, on a changé le texte, n’ayez pas peur, à présent tout va bien.»

Sauf que le décret a beau avoir été modifié, rien nous garantit, en pratique qu’il sera respecté. Qui va vérifier le travail des services de police ?

La CNIL, la commission nationale des droits et des libertés, aura un droit de regard sur le fichier, non ?

Oui, mais avec quels pouvoirs ? C’est un vrai problème aujourd’hui. La CNIL, seul organe en mesure de défendre nos droits et libertés, est désarmée. Il faut absolument lui donner plus de pouvoirs et de moyens. Au lieu de ça, la majorité fait l’inverse… En 2004, la CNIL s’est ainsi vu retirer le pouvoir d’autoriser (ou pas) les fichiers policiers. Dommage, on aurait pu échapper à Edvige. Et  nous prémunir contre ce qui nous attend…

A quoi faites-vous allusion? Vous paraissez inquiet?
 
 Vous savez qu’il existe déjà 46 fichiers en France. Et bien, un petit nouveau est en préparation, il paraîtra avec la prochaine loi d’orientation et de programmation de la sécurité intérieure. Celui-là s’appellera Périclès, un joli prénom aux airs de démocratie athénienne.  Difficile d’en dire plus pour le moment. Mais, croyez-moi:  à côté, Edvige, c’est de la rigolade.

Libération

LE FICHAGE DÈS 13 ANS POUR ALIMENTER LE FANTASME DE LA DÉLINQUANCE JUVÉNILE !!

Ficher les mineurs dès treize ans : nécessité ou stratégie ?

rue89_logo

Par Chloé Leprince | Rue89 | 20/09/2008 | 16H51

Marche arrière toute  : le fichier Edvige va être remanié. Michèle Alliot-Marie, désavouée par Nicolas Sarkozy, a ravalé son décret du 1er juillet, qui actait la création d’un vaste fichier recensant jusqu’aux orientations sexuelles des personnes susceptibles de troubler l’ordre public.

Si la ministre de l’Intérieur est obligée de revenir sur plusieurs dispositions, les mineurs pourront pourtant bien être fichés dès l’âge de treize ans en France. D’après Le Monde, qui a eu accès aux derniers brouillons du nouveau texte, la durée de conservation des données pour cette cible sera toutefois limitée -pas plus de cinq ans.

Ficher des enfants, une nécessité  ?

C’était un des principaux points noirs relevés tant par la Commission européenne que par les associations, en passant par plusieurs personnalités de l’UMP. Ainsi, récemment encore, Bernard Accoyer, président de l’Assemblée nationale, plaidait en faveur d’un « droit à l’oubli ».

Nicolas Sarkozy, durant la campagne présidentielle, arguait que la délinquance avait évolué et qu’on avait besoin d’un fichier pour les jeunes. Car sur le terrain, policiers et éducateurs constatent une progression des actes délinquants commis par des adolescents de plus en plus jeunes. Tout en constant une montée générale de la violence chez les mineurs.

C’est d’ailleurs ce que faisait valoir Jean de Maillard, magistrat-blogueur de Rue89. Quitte à prendre ses lecteurs à rebrousse-poil, le juge d’application des peines était « favorable à Edvige à condition qu’on s’en serve bien dans les enquêtes, parce que les jeunes de 13-18 ans évoluent dans des sous-groupes qui ont des caractéristiques criminelles différentes ». Bien que « prudent », il estime qu’il faut « en garder la mémoire pour faire avancer les enquêtes sur ces populations qui sont particulièrement mobiles, sans attaches, sans repères ».

Jean de Maillard met en garde contre « l’angélisme à l’égard des mineurs ». Pour autant, faut-il tenir pour acquis que leur délinquance des mineurs progresse en France  ? C’est ce qui a permis aux ministres de la Justice successifs (Perben puis Dati) d’ouvrir les premiers établissements pénitentiaires pour mineurs.

Les mineurs d’aujourd’hui plus délinquants qu’hier  ? « Une vaste escroquerie »

Des voix s’élèvent pour contester cette lecture des chiffres et des faits. Magistrat, chercheur, avocate ou éducateur à la PJJ, ils contestent en chœur l’idée que les mineurs sont aujourd’hui plus délinquants qu’hier. Pour Serge Portelli, juge pour enfants et membre du syndicat de la magistrature, « c’est une vaste escroquerie » :

 

« On est en présence d’une arnaque grossière car en réalité la délinquance baisse en termes relatifs. La part des mineurs dans la délinquance générale ne cesse de régresser  : elle est passée de près de 22% en 1998 à 18% en 2005. Et 727 mineurs étaient détenus début 2007, contre 808 début 2003. »

Serge Portelli ne nie pas « la montée du nombre de vols avec violence ou l’existence de bandes de jeunes très violentes, notamment en milieu urbain mais pas seulement ». Mais le magistrat exige que l’on tienne compte d’une progression « du niveau de violence général dans notre société ». Pour lui, ficher les très jeunes revient à trouver « non pas une solution technique mais une solution idéologique » à ce problème. Il précise au passage que c’est aussi parce que l’on passe beaucoup plus par la case justice, notamment dans des zones difficiles, qu’on peut croire à une aggravation de la délinquance juvénile.

 

« Quand un jeune vole un vélo dans le XVIe, ça se règle entre familles, rarement au commissariat… pourtant, c’est un acte fiché en plus  !  »

« Le gouvernement tord les chiffres de la délinquance »

Même décryptage chez Laurent Mucchieli, sociologue spécialiste de la délinquance, qui affirme que le gouvernement « tord les chiffres de la délinquance » :

 

« On se contente de dire que le nombre de mineurs mis en cause par la police est passé de tant à tant en l’intervalle de six ans. Or on ne dit pas que dans le même temps, on observe le même phénomène chez les majeurs, voire plus. En réalité, la part des mineurs dans l’ensemble des actes délinquants a baissé. »

Pour lui le « pipeau intégral » va même plus loin. On ne distordrait pas seulement les chiffres de la délinquance mais même notre regard sur la violence  :

 

« Certains reconnaissent que la délinquance ne progresse pas mais disent tout de même que les jeunes sont de plus en plus appréhendés pour violence. Or on se rend compte en réalité que le cœur de l’augmentation de la violence ce sont les violences conjugales  !  »

A l’automne 2007, alors qu’il était beaucoup question des EPM, un internaute, éducateur à la protection judiciaire de la jeunesse dans la zone de Versailles gardant l’anonymat, m’avait interpellée sous un article. Je l’ai rappelé cette semaine pour avoir son point de vue. Il craint que « toujours les mêmes soient fichés… et pas les délinquants des beaux quartiers », et sur le terrain, affirme que la délinquance serait plutôt en baisse. Et s’interroge :

 

« On est quand-même présumé innocent jusqu’à ce qu’un juge tranche. Qu’est-ce que ça veut dire de ficher des gens qui seront si ça se trouve déclarés innocents  ? A la PJJ on travaille à partir de l’acte mais le taux de récidive n’est pas aussi élevé qu’on veut nous le faire croire. Le droit à l’oubli est fondamental mais c’est tout le principe du fichage qui me choque. »

Un discours qui vient contrecarrer celui de Jean de Maillard qui affirme que le droit à l’oubli peut être intéressant… pourvu qu’il ne soit pas trop court. D’après le magistrat riverain, il faut garder à l’idée qu’un délinquant n’est considéré récidiviste que dès lors qu’il se fait prendre une nouvelle fois « alors que c’est l’aléa qui fait qu’on se fait prendre ».

L’opinion publique est ainsi préparée à la révision de l’ordonnance de 1945

Me Heinich-Luijer, avocate qui tient un blog sur Rue89, était farouchement opposée au fichier Edvige. Notamment du fait du fichage des orientations sexuelles, qui a d’ailleurs divisé jusqu’au sein de la majorité. Aujourd’hui, elle met en garde contre la dégradation de la justice des mineurs  :

 

« On dit toujours que le casier judiciaire d’un jeune majeur est vierge quoiqu’il ait fait plus jeune. Mais c’est faux  : quand quelqu’un passe devant la justice à 19 ou 20 ans, on ressort systématiquement son casier de l’époque où il était mineur. Dans les faits, le droit à l’oubli est déjà bafoué. Sans compter ce qu’on appelle “l’excuse de minorité”  : pour indemniser les victimes coûte que coûte, avocats et parquets demandent de plus en plus qu’on fasse juger un mineur comme un majeur. Normalement, c’est censé être une procédure exceptionnelle. Or c’est devenu très fréquent, surtout en matière criminelle. »

Me Heinich-Luijer se hérisse aussi à l’évocation de l’ordonnance de 1945, texte que Nicolas Sarkozy et Rachida Dati ont annoncé vouloir modifier cette année  :

 

« Je n’en reviens pas quand j’entends dire tous azimuts qu’il faut changer l’ordonnance de 1945 sous prétexte que la délinquance a changé. Attendez, vous croyez quoi  ? Que c’est l’ordonnance de 1945 d’origine qui s’applique  ? Soyons sérieux  : depuis, elle a été remaniée à de nombreuses reprises. De même que le Code civil s’appelle le Code Napoléon mais évidemment ce n’est pas les lois de l’époque de Napoléon qu’on applique  !  »

Pour Serge Portelli, c’est justement parce que la réforme de l’ordonnance de 1945 approche qu’on « chauffe à blanc » l’opinion publique avec le fichage des mineurs et cette lecture des chiffres de la délinquance.

Rue89

jeudi 18 septembre 2008

NOUS IRONS JUSQU'AU BOUT POUR OBTENIR LA MORT D'EDVIGE ET DE SES COPAINS !!

Edvige: Alliot-Marie maintient l'essentiel du décret :

Lib_ration

La ministre de l'Intérieur Michèle Alliot-Marie maintient des dispositions contestées, comme le fichage des mineurs dès 13 ans, «en raison de l'évolution de la délinquance». Seule concession, la durée de conservation des données pourrait être limitée.

 

 

AFP
LIBÉRATION.FR : mercredi 17 septembre 2008

Michèle Alliot-Marie a confirmé ce matin sur RTL qu’elle travaillait à une modification du fichier de police controversé Edvige afin de «rassurer» ses détracteurs.

 

«J'ai entendu un certain nombre d'inquiétudes et de craintes qui, d'ailleurs ne correspondent à rien de concret, mais ce qui veut dire que le texte était pas suffisamment précis» a t-elle concédé ce matin sur RTL.

Rappelant que ce «fichier existait dans la même forme et avec le même contenu depuis 1991», elle a expliqué que le nouveau décret serait «rédigé différemment de manière à ce que les craintes infondées ou inquiétudes réelles qui s’étaient manifestées trouvent des réponses et des solutions».

La ministre maintient le fichage des mineurs

La ministre a indiqué qu’elle maintenait l’âge de 13 ans comme le seuil d’entrée dans le fichier tout en proposant un «droit à l’oubli» pour certains mineurs dans un délai non précisé. «Je maintiens l’âge puisqu’il s’agit de la majorité pénale, je le rappelle, 13 ans, et cela correspond à une évolution de la délinquance puisque aujourd’hui il faut savoir une chose, que 46% des vols à main armée sont commis par des mineurs, que 25% des viols sont commis par des mineurs».

«Mais quand des mineurs auront commis des fautes sans doute pas très importantes lorsqu’ils sont petits et si par la suite ils se comportent bien, il peut y avoir un droit à l’oubli» a ajouté la ministre. Dans l'état actuel du décret, les informations répertoriées sont conservées sans limitation de durée. La CNIL (commission nationale des droits et libertés) avait notamment émis une réserve sur ce point, estimant que les mineurs -encore plus que les autres- ont « le droit de changer et donc à l'oubli»

Quant au fichage des «personnalités», la ministre maintient sa position «dans la mesure où les indications qui sont dedans sont les indications du who’s who et figurent «dans le domaine public».

Libération




« Accueil  1  2  3   Page suivante »