samedi 24 octobre 2009
N'EST IL PAS VRAI QUE LES MÉDIAS SONT ANTI-SARKOZYSTES ??
La fin de la récré :

ÉDITO - Alors que la plupart des chefs d'État étrangers tentent de sortir leur pays du marasme, les Français se régalent des polémiques qui touchent successivement les membres du gouvernement. Il serait temps de passer aux choses sérieuses. Par Étienne Mougeotte
Pendant que Vladimir Poutine négocie pour 100 milliards de dollars de contrat avec la Chine.
Pendant que Barack Obama mêle de front une réforme historique du
système de santé américain et la redéfinition du rôle de l'Amérique
dans le monde.
Pendant que Lula conjugue le développement accéléré du Brésil et l'entrée de son pays dans le concert des nations.
Pendant que la plupart des pays, petits ou grands, mobilisent leurs
énergies pour vaincre la plus grande crise économique que le monde ait
connue depuis cent ans, nos sympathiques compatriotes se délectent d'un
petit jeu de massacre aux cibles tournantes.
De la vidéo de Brice Hortefeux aux écrits passés de Frédéric Mitterrand, en passant par l'élection de Jean Sarkozy à la tête de l'Epad, c'est tout de même bien l'écume des jours qui nourrit ces polémiques publiques.
Comme
si, un peu à la manière dont les chansonniers traitaient de l'actualité
au siècle dernier, on ramenait le débat politique à l'apparence et au
dérisoire pour éviter de traiter les vrais sujets.
Le président de la République s'efforce dans l'interview que nous publions vendredi de siffler la fin de la récréation, alors qu'il aborde son «mi-mandat» dans une bien meilleure situation personnelle que chacun de ses prédécesseurs de la Ve République. Il est bien normal que l'opposition, sans projet, sans programme, sans leader, fasse ses choux gras de chaque couac de l'exécutif.
Encore que si le Parti socialiste veut espérer reconquérir l'Élysée, il serait bien inspiré de traiter des vrais sujets de préoccupation des Français, plutôt que des ratés de la fanfare gouvernementale.
À ce propos, si certains ou certaines ministres se sentent mal à l'aise au gouvernement, la porte est grande ouverte. On ne les retiendra pas. Quant à la majorité parlementaire, députés et sénateurs confondus, on lui recommande la lecture de l'interview du président. La volonté du chef de l'État de revenir aux fondamentaux du sarkozysme est claire : défense de l'appareil industriel, priorité à la croissance, refus d'augmenter la pression fiscale, sévérité sur l'immigration, renforcement de la sécurité. Voilà de quoi faire réfléchir celles et ceux dans la majorité qui voudraient subrepticement supprimer le bouclier fiscal, saborder la réforme des collectivités ou enterrer la taxe carbone. Car, si les Français s'amusent volontiers un instant des «turlupinades» de la politique, ils s'attendent surtout à ce que ceux qu'ils ont élus s'attaquent aux graves problèmes du moment.
samedi 17 octobre 2009
LE FIGARO : CE TRACT SARKOZYSTE RÉDIGÉ PAR E. MOUGEOTTE !!
Le Figaro vend du temps de cerveau disponible à l'UMP :

Reversus - Blogueur associé | Samedi 17 Octobre 2009 à 07:01
Directeur de la rédaction du Figaro, Etienne Mougeotte garde la ligne, la ligne sarkozyste évidemment. Reversus a été choqué par son dernier éditorial, il nous dit pourquoi, et nous le comprenons tout à fait.
Etienne Mougeotte commence son édito avec ce brin de cynisme et d’arrogance qui a fait sa notoriété. Il présente les Français comme de grands enfants qui se « régalent des polémiques » et des « turlupinades de la politique » alors que pendant ce temps là, « la
plupart des pays, petits ou grands, mobilisent leurs énergies pour
vaincre la plus grande crise économique que le monde ait connue depuis
cent ans ».
Mougeotte ne cherche pas à comprendre les raisons de la colère du « petit peuple », à vrai dire, il s’en contrefout. Il relaie seulement la voix de son maitre : la « récréation est terminée ». La raison de ce revirement populaire, il l’impute à une nouvelle manipulation des gauchistes…
Quant à l’opposition, le patron du Figaro la stigmatise et la juge « sans projet, sans programme, sans leader ».
Elle ne pense qu’à importuner notre bon président, enrage t-il. Le PS
pour lequel il n’a pas de mot assez durs, il l’oppose à la « fanfare gouvernementale ». En matière de flagornerie, il faut reconnaître qu’il se révèle être un orfèvre.
Mougeotte se complait dans son rôle de pourfendeur de la gauche et d’hagiographe du régime.
Un rôle sur mesure. D’ailleurs dès sa prise de fonction au sein du
journal, il avait annoncé la couleur en s’efforçant de réduire au
silence toutes les voix hostiles au régime, quitte à cantonner par
exemple un Zemmour au Figaro Magazine.
Jadis sous Nicolas Beytout,
la divergence d’opinions était encouragée mais force est de constater
qu’elle est aujourd’hui lettre morte. La voix du chef est aussi celle
du Figaro qui n’est plus qu’une vulgaire caisse de résonance des
proclamations gouvernementales.
Le Patron du Figaro ne le cache même
plus et n’hésite pas à s’associer pleinement à l’action gouvernementale
en utilisant le pronom « on ». Il se permet même de délivrer également
quelques sentences contre ceux qui seraient tentés de rompre les rangs
: « si certains ou certaines ministres se sentent mal à
l’aise au gouvernement, la porte est grande ouverte. On ne les
retiendra pas ».
En somme Mougeotte fait du Lefebvre et défend avec acharnement le retour « aux fondamentaux du sarkozysme ».
Si on peut lui reconnaitre le mérite de la franchise, son aveuglement
dogmatique est franchement inquiétant. L’impartialité journalistique
a-t-elle déjà eu un sens pour Etienne Mougeotte ?
dimanche 13 septembre 2009
PUBLIC SÉNAT AVAIT CENSURE LA VIDÉO DE HORTEFEUX !!
Vidéo d'Hortefeux non diffusée : "incompréhension" des journalistes de Public Sénat :

NOUVELOBS.COM | 12.09.2009 | 12:02
Pour justifier leur choix de ne pas diffuser les images dans lesquelles on voit le ministre de l'Intérieur plaisanter des origines arabes d'un militant, les chaînes évoquent notamment les "conditions" d'enregistrement et "l’absence de journaux (...) sur nos antennes ce dimanche 6 septembre".
Les journalistes de Public Sénat ont fait part vendredi 11 septembre de leur "incompréhension" après la décision de son PDG, Gilles Leclerc, de ne pas diffuser à l'antenne la vidéo controversée de Brice Hortefeux qui avait été filmée par un journaliste de la chaîne, le 5 septembre.
Dans cette vidéo, le ministre de l'Intérieur tient des propos racistes sur les Arabes.
La Société des journalistes (SDJ) de Public Sénat écrit dans un communiqué qu'une "large majorité de la rédaction était pour" la diffusion des images.
Après une assemblée générale qui s'est tenue mardi, la SDJ a adressé
une lettre à Gilles Leclerc "dans laquelle, écrit-elle, nous lui
faisons part de notre incompréhension et lui demandons de répondre à un
certain nombre de questions concernant sa vision de la ligne éditoriale
de Public Sénat vis-à-vis des politiques et du pouvoir".
La vidéo tournée par Public Sénat a finalement été diffusée vendredi à 18h.
"Balancer des propos comme ça, c'est une responsabilité"
Les patrons de Public Sénat et de LCP-Assemblée Nationale, Gilles
Leclerc et Gérard Leclerc, avaient justifié leur décision initiale de
ne pas diffuser la séquence vidéo, "en raison notamment des conditions
dans lesquelles elle a été enregistrée et de l'absence de journaux
d'information" sur leurs antennes dimanche.
Gilles Leclerc a précisé : "J'ai décidé de ne pas la diffuser car les
conditions de tournage étaient compliquées, la qualité sonore pas
évidente... Et puis balancer des propos comme ça, c'est une
responsabilité. Certains journalistes n'étaient pas d'accord".
Gilles Leclerc a alors ajouté que les images qui avaient été diffusées
sur internet "ressemblent" à celles filmées par Public Sénat, mais que
la direction de la chaîne "ne peut affirmer que" ce sont les siennes.
Les images diffusées sur internet "ressemblent" à celles filmées par
Public Sénat, "mais je ne peux pas affirmer à 100% que ça vient de nous
car je ne peux pas exclure qu'un cinéaste amateur ai
pu filmer la même chose au même moment, cadré de la même manière,
etc.", a ainsi expliqué Gilles Leclerc à l'AFP. Les images diffusées
par la chaine vendredi soir sont pourtant bien celles qui circulent sur
internet.
"Si les images sont sorties de Public Sénat, elles ne sont pas sorties officiellement", a ajouté Gilles Leclerc.
Concertation
Plus tôt, Gérard Leclerc déclarait au site Ozap.com : "Nous ne pouvions pas diffuser la séquence comme telle, sans recontextualiser et sans incruster des sous-titres. On prend donc la décision de ne pas la diffuser " a expliqué Gérard Leclerc, ajoutant : "Nous aurions pu diffuser la vidéo dans le cadre de nos JT mais ils ne redémarrent que lundi (...) Il n'y a eu aucune censure de notre part".
samedi 22 août 2009
SI SARKOZY EST A GAUCHE, OU SOMMES-NOUS DONC ??
Scoop du Point: Sarkozy est de gauche! Par rapport à de Villiers?

Jessica Thomas - Marianne | Jeudi 20 Août 2009 à 12:00
Rose. Voilà d’abord ce qui interpelle, sur la couverture du Point,
cette semaine. Puis le titre, qui sonne comme une question piège :
Sarkozy est-il de gauche ? La réponse adéquate, banale, vulgaire en
somme, attend sur le bout de la langue : Non. Mais, curieux de voir
comment l’hebdomadaire réussira à remplir un dossier avec trois petites
lettres, on ouvre l’étrange objet.
Sarkozy est coupé en deux
dans le sens de la longueur. Sur la page de gauche, 11 visages. Des
« gens de gauche » qui sont devenu sarkozystes, ou qui se trouvent
mêlés aux discours sarkozyens. On remarquera la présence inattendue de
Manuel Valls, et l’absence surprise de Jean-Marie Bockel, Bernard
Kouchner, Eric Besson, Frédéric Mitterrand... Sur cette page, pas de
ministres. L’idée est-elle de montrer que Nicolas séduit par-delà les
rangs du gouvernement ? Sans doute. Même les morts se trouvent happés.
Mais alors, pourquoi Léon Blum et Mitterrand sont-ils dans le
trombinoscope, et pas Jaurès, ou Guy Môquet ? Les choix des photos
semblent donc un peu aléatoires. Mais l’article, lui, est solide : un
modèle de brosse à reluire.
Sarkozy, « homme incasable », qui « comme toujours, se dit « libre ». A tel point que « jamais (…) il n’a voulu de club politique à son nom ou de groupe de soutien. C’eût été déjà une prison ».
Et cette première phrase, bientôt culte : « On parle si peu de Nicolas Sarkozy ».
Attention,
ne soyons pas de mauvaise foi. La suite du paragraphe apporte une
précision essentielle : par Nicolas Sarkozy, l’auteur entend « celui que d’aucuns, y compris parmi ses amis, présentent comme… un homme de gauche ». Même ses amis lui font cet affront ! C’est un peu fort.
La gauche Hadopi
Secouons nos neurones et reprenons. Peut-être que Le Point n’a pas la même définition de « gauche » que le lecteur. Voyons…
« Gauche militante » :
Jean-Jacques Beineix, Claude Lelouch, Bertrand Tavernier (le seul à
figurer sur la page trombino : veinard !). Et Carla, bien sûr, Carla.
Pourquoi ont-ils été rangés là ? Pour leur soutien à « Hadopi, l’autre nom de l’ouverture ».
Si l’on comprend bien, être de gauche, c’est donc être pro-Hadopi ! Alors oui, Sarkozy est de gauche.
L’article s’emploie donc à détailler les sujets de discussion dignes d’un homme de gauche. « Il pourrait parler des heures de Charlie Chaplin ou des films de Capra ». Mais pas avec n’importe qui, « avec Marin Karmitz ». « De musique », avec une seule personne : Patrick Zelnik, qui produit Carla. Ou encore « de l’état de la presse », avec qui cette fois ? Denis Olivennes (le Nouvel Obs va se réjouir de cette distinction…).
La vie quotidienne d'un homme de gauche tendance Le Point
est palpitante. Un dîner avec Houellebecq, un week-end à New York avec
visite du musée Guggenheim (à croire que la culture est l’apanage de la
gauche ! C’est les hommes de droite qui vont être contents…), un
concert de clarinette de Woody Allen, « icône vivante de la gauche bobo ». A quand le café de Flore ? demande Le Point. On retient son souffle...
L’auteur,
méticuleux, tatillon même, se prend à lister toutes les actions
sarkozyennes qui font de Mister President un dangereux gauchiste. La
suppression de la publicité à la télévision, ou son engagement en
faveur des droits de l’homme. Avec une réserve vite balayée grâce à une
jolie technique de rhétorique de base : dire le mauvais, très vite, au
début, pour tartiner le bon à la fin, et ainsi persuader le lecteur que
le bon l’emporte sur le mauvais. Ainsi Sarkozy « invente un secrétariat d’Etat dédié aux Droits de l’homme. Ce qui ne l’empêche pas de recevoir Kadhafi en grande pompe. » Puis « dénonce la fraude électorale en Iran et réclame des sanctions contre la Birmanie.
La
brosse à reluire peut aussi se transformer en arme contre la gauche.
Pardon, non, la gauche, c’est Sarko. Contre le PS donc, qui « a du mal à se démarquer », qui « ne suit plus », dont « les poches idéologiques sont vides ». Et même un peu contre Europe-Ecologie. Avec cette habile question, « qu’est-ce que l’écologie aujourd’hui sinon une idée de gauche mise en pratique par la majorité présidentielle ? » Ouille !
Le PS aurait dû profiter de la crise, mais ce « président à la pensée mobile » lui a coupé la chique, en se posant « en étatiste, pourfendeur des banquiers (oui oui !!!) défendant, main dans la main avec Lula, la création de garde-fous internationaux ». Il a même carrément des « accents altermondialistes » !
Oubliés,
le bouclier fiscal, le service minimum, la tarification à l'activité,
le travail le dimanche, le changement de statut de la Poste... la
gauche à la Sarko, ce n'est pas de la politique : c'est de la com'.
La gauche de Villiers
A force de vouloir trop en faire, l’article tombe dans l’excès. Et se
permet de flotter sur une information de taille, et d’actualité : il
bégaie une seule petite phrase sur le ralliement cette semaine de
Philippe de Villiers et de Frédéric Nihous à la majorité. Bah oui, ça
faisait tache, sans doute, dans le portrait d’un quasi-communiste.
Alors il se contente d’une information rajoutée à la va-vite, comme en
urgence, entre deux phrases. Et commet des erreurs. « D’où le ralliement controversé du souverainiste Philippe de Villiers à l’UMP ».
Or, De Villiers n’est pas seul : il y a Nihous. Et ils n’ont pas rallié
l’UMP, mais le comité de la majorité. Ce n’est pas un secret. C’est
même l’argument langue de bois numéro 1 pour faire taire la
controverse. Controverse d’ailleurs plutôt faiblarde : seuls Bockel et
Boutin se sont, un peu, énervés. Et Bockel est rentré sagement dans le
rang, concédant au Figaro ce matin que « la Gauche moderne ne doit pas être sectaire ».
Pour le savoir, il suffit de lire, deux pages plus loin dans le Point, l’article traitant de ce ralliement « à problème ». Et là, de références à Sarko l’homme de gauche, point…
De toute façon, on a compris l’astuce : la gauche dont parle l’article
n’est pas celle de l’hémicycle ou des militants. C’est celle de New
York, de Hadopi et du café de Flore. Cette gauche peut bien aller se
ruiner dans le sixième, si ça lui fait plaisir. Mais elle ne peut
toujours pas mettre les pieds à Argenteuil.
mercredi 19 août 2009
CHATEL RATE SA MISE EN SCÈNE DE RENTRÉE !!
Supercherie au supermarché :
Histoire
Par MARWAN CHAHINE, LÉO RUIZ
Le ministre de l’Education, venu dans un supermarché du Val-de-Marne
vanter le blocage des prix des fournitures scolaires, y a croisé des
«clientes» étonnamment complaisantes.
Qui a dit qu’on ne trouvait pas de clients dans un supermarché un lundi 17 août à 11 heures ? Pas Luc Chatel en tout cas. Lundi, le ministre de l’Education nationale, s’est rendu à l’Intermarché de Villeneuve-le-Roi (Val-de-Marne) afin de constater le maintien des prix sur les fournitures scolaires pour la rentrée. Interrogeant plusieurs clientes présentes sur place, il a eu l’heureuse surprise de rencontrer des personnes toutes au fait de l’opération des «essentiels de la rentrée» (1), et pour certaines ravies de la baisse des prix. Une coïncidence qui a surpris les journalistes présents, vite convaincus qu’il s’agit d’une mise en scène avec des militants ou sympathisants UMP. Une affaire révélée par France Inter hier matin.
Mère de famille. Une demi-heure avant l’arrivée de Luc Chatel, l’Intermarché est presque vide. A 10 h 45, selon plusieurs témoins, une petite dizaine de femmes, type mère de famille idéale, débarquent ensemble dans le supermarché. Elles prennent des chariots mais se comportent de façon très étrange, selon une journaliste reporter d’images de France 3 : «Elles se saisissent de quelques affaires au rayon des fournitures scolaires, mais au lieu de continuer à faire leurs courses, elles restent là, à attendre en rang d’oignons.» La présence de ces clientes modèles est d’autant plus heureuse que quelques heures plus tôt, lorsqu’il contacte l’Intermarché de Villeneuve-le-Roi pour obtenir une autorisation de filmer, un journaliste télé se voit répondre «qu’il risque de ne pas y avoir grand monde».
Vers 11 h 30, Luc Chatel arrive en compagnie d’Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au Commerce. Célia Quilleret, journaliste à France Info, décrit l’attitude de ses femmes, «plantées au rayon fournitures scolaires derrière le ministre». Le doute s’installe chez les journalistes, dont beaucoup refusent d’interviewer ces «étonnantes clientes» et font part de leur suspicion à l’attachée de presse de Luc Chatel. D’après les journalistes, la conseillère, «gênée et écarlate», dément catégoriquement que ces consommatrices aient été dépêchées, mais s’inquiète d’éventuelles retombées de l’affaire (2).
Rush. Une des clientes se met alors «sur le chemin du ministre, de sorte qu’il ne puisse pas la louper», raconte Célia Quilleret qui, après s’être interrogée sur l’attitude à adopter, lui tend son micro. Son nom, Virginie Meyniel. Elle se présente comme une mère de famille qui ignore tout de la visite du ministre et profite de ses vacances pour anticiper le rush de la rentrée. A Luc Chatel qui lui demande : «Connaissez-vous "les essentiels de la rentrée" ?», elle répond par l’affirmative et s’enthousiasme «des prix intéressants et assez bas». En fait, Virginie Meyniel est conseillère municipale, chargée entre autres des affaires scolaires, à Vulaines-sur-Seine (Seine-et-Marne), dont le maire est proche de l’UMP. La ville où elle exerce son mandat est située à près de 50 km du supermarché de Villeneuve-le-Roi ! Des éléments qui font douter de son témoignage et renforcent l’hypothèse d’une scénographie. Le responsable marketing du magasin, joint par Libération, s’étonne de la polémique, et affirme que ces clientes sont des habituées. Puis lâche un étonnant : «Notre ministre n’a pas besoin de publicité !» Faut-il voir dans cette éventuelle supercherie une action zélée de militants UMP ou une initiative malheureuse du magasin ? Plusieurs journalistes ont vu les clientes modèles repartir sans achats, certaines, dans le même véhicule. Plus tard, des vendeuses rangeaient sans trop savoir pourquoi des fournitures scolaires laissées dans les paniers et chariots…
Luc Chatel n’est pas le premier responsable politique à être mêlé à ce genre de manœuvres. Il y a un an, à Marseille, Nadine Morano, alors secrétaire d’Etat à la Famille, était tombée sur le client idéal dans un supermarché, en réalité un proche du député UMP du coin, Richard Maillé. En 2003, lors d’une opération prévention organisée par la Ligue contre la violence routière, des intermittents avaient été embauchés pour assister au discours de Nicolas Sarkozy. L’événement avait été présenté comme une manifestation volontaire de jeunes préoccupés par la sécurité routière. Et surtout, en 1990, Olivier Stirn, ministre du Tourisme du gouvernement Rocard, n’avait rien trouvé de mieux que de payer des figurants pour remplir la salle d’un colloque sur l’avenir de la gauche. Une duperie qui avait contraint le ministre à la démission.
(1) Une opération gouvernementale visant à bloquer les prix de certaines fournitures scolaires (2) Joint par Libération, le cabinet de Luc Chatel n’a pas répondu.
vendredi 17 juillet 2009
L'ÉLYSÉE PAYAIT LES SONDAGES DIFFUSÉS DANS LE FIGARO !!
Figaro, Elysée et Opinion Way accusés de collusion :

NOUVELOBS.COM | 17.07.2009 | 20:19
La
Société des rédacteurs du quotidien a réclamé à sa direction de "mettre
immédiatement un terme" à la publication des sondages Opinion Way,
"commandités par la présidence de la République". Etienne Mougeotte
dément toute collusion.
Réagissant à une polémique sur des liens présumés entre l'institut de sondage Opinion Way, Le Figaro et l'Elysée, le directeur des rédactions du groupe Etienne Mougeotte a affirmé, vendredi 17 juillet à l'AFP, que les sondages Opinion Way publiés chaque semaine dans Le Figaro sont déterminés et payés par le quotidien. Démentant "formellement" tout financement par l'Elysée, il a expliqué que "chaque semaine, Le Figaro
détermine quatre à cinq questions d'actualité, Opinion Way pose ces
questions à son panel et fournit ces réponses au Figaro qui les publie
le vendredi ou le samedi".
"Le sondage, chaque semaine, est payé par Le Figaro
sur la base d'un contrat annuel. Tout ce qui est dit concernant des
sondages qui seraient payés de manière extérieure, et notamment par
l'Elysée, est faux et j'y oppose le démenti le plus formel", a-t-il
ajouté.
Cette mise au point d'Etienne Mougeotte intervient après que la Société des Rédacteurs du Figaro eut demandé à sa direction, vendredi, "de mettre immédiatement un terme" à la publication dans le quotidien de sondages Opinion Way. Car, au regard du rapport de la Cour des Comptes
sur le budget 2008 de l'Elysée, ces enquêtes "sont commanditées" par
"la présidence de la République", ajoutent les journalistes du
quotidien.
Opinion Way est "au coeur d'une campagne politique"
Répondant à la demande de la Société des rédacteurs du quotidien,
Etienne Mougeotte a indiqué ne pas avoir l'intention de remettre en
cause la collaboration entre le quotidien et l'institut de sondage,
dont il a loué "la grande qualité".
"Opinion Way n'a jamais reçu la moindre critique, fait face à la moindre protestation de la part de la commission des sondages", a-t-il déclaré.
Dans une réponse à la SDR transmise à l'AFP, le directeur du groupe
explique avoir "maintenu le contrat Opinion Way signé en 2007" lors de
son arrivée au Figaro,
estimant que ce contrat était "équitable et les enquêtes effectuées au
prix du marché". Il juge qu'Opinion Way "se trouve aujourd'hui au coeur d'une campagne politique".
Jeudi, dans son rapport sur le budget de l'Elysée, la Cour des comptes
a noté que "sur les 35 études (d'opinion, ndlr) diverses facturées en
2008, au moins 15 d'entre elles avaient fait l'objet de publications
dans la presse".
"Mettre un terme à ce type de 'coproduction'"
Dans un communiqué, les rédacteurs du journal phare du groupe de Serge Dassault,
député UMP, ont fait part de leur "consternation", vendredi, après le
rapport de la Cour des Comptes relatif au budget de l'Elysée, dans
lequel "il apparaît que de nombreux sondages Opinion Way publiés,
notamment, par Le Figaro, sont commandités par la présidence et que certains sont expurgés avant d'être diffusés au grand public".
En conséquence, la Société des Rédacteurs demande "à la direction du Figaro de mettre immédiatement un terme à ce type de 'coproduction' qui nuit gravement à la crédibilité des titres du groupe".
"Il appartient au Figaro de
choisir seul les instituts de sondage auxquels il commande des études,
de déterminer avec eux les sujets de ces études et les questions posées
à l'échantillon représentatif, et de publier les résultats in extenso,
assortis des commentaires des journalistes rédigés en toute
indépendance", ajoute la Société des rédacteurs.
Un rapport qui lance la polémique
Jeudi, dans son rapport sur le budget de l'Elysée,
la Cour des comptes a noté que "sur les 35 études diverses facturées en
2008, au moins 15 d'entre elles avaient fait l'objet de publications dans la presse".
"Pour un nombre très limité d'entre elles, la version remise à l'Elysée
contenait des thèmes ne figurant pas dans la version grand public. Pour
les autres études, le document remis à la présidence était identique à
celui publié par les organes de presse et conduisait donc à mettre en
doute l'intérêt de telles commandes", écrit la Cour dans son rapport.
Ce rapport a aussitôt fait l'objet d'une polémique.
Selon la députée socialiste Delhine Batho, "nous sommes ici au cœur
d'un système d'instrumentalisation de l'opinion et de connivence entre
le pouvoir, un institut de sondage et certains médias". De son côté,
l'institut Opinion Way a démenti les accusations de la Cour des comptes
à propos de ses liens avec l'Elysée.
Contacté par nouvelobs.com, l'Elysée n'a pas donné suite à notre requête.
lundi 13 juillet 2009
SARKOZY INVITE FRANCE 5 A L'ÉLYSÉE POUR LE PLAN COM' DU 14 JUILLET !!
Scoop de France 5: Sarko est Président! On ne rit pas...

Gérald Andrieu - Marianne | Jeudi 09 Juillet 2009 à 07:01
Lundi soir, la «chaîne de la connaissance» nous livre un documentaire ahurissant de complaisance sur Nicolas Sarkozy. Avec un numéro particulièrement gratiné sur l'Amérique. A hurler de rire, si le héros de la soirée n'était pas notre Président.
Le dernier plan com de l’Elysée (« Sarkozy-a-changé-plus-président-que-lui-tu-meurs ») est très très bien rôdé. Après L’Express et Sarko Zedong fait sa « révolution culturelle », après Nicolas Sarkozy s’invite aux journées portes ouvertes de l’Obs, voilà que c’est la télévision qui prend la suite. Et pas n’importe quelle chaîne : France 5 ! Lundi, en prime time, « la chaîne de la connaissance » (ou de la complaisance ?) du service public nous propose un doc dont Nico est définitivement le héros, un doc qui mêle images d’archives et entretien privé avec le Tout-Puissant. Son nom ? « A visage découvert : Nicolas Sarkozy ». Mais on n'y «découvrira» pas grand-chose, si ce n’est la servilité des deux « journalistes-présentateurs », Christian Malard et Bernard Vaillot, et celle (plus discrète) de leur rédactrice en chef, Magali Forestier.
Malard et Vaillot : les Tic et Tac du journalisme de cour
Dès le début, les Malard et Vaillot osent l’impertinence : « D’où vous vient cette énergie permanente ? ». C’est sûr qu’avec ce genre de question, il va être bousculé le petit bonhomme. Et quand les Tic et Tac du journalisme de cour ne lui servent pas directement la soupe, Nicolas Sarkozy s’en charge lui-même. Mais notre homme, lorsqu’il est en roue libre, lorsqu’il joue sans filet « henrigainesque », est capable d’enchaîner perle sur perle : « Vous savez, moi je me suis inspiré de tous ceux avec qui j’ai eu la chance de travailler ou de côtoyer. (…) Edouard Balladur m’a ouvert à l’importance du débat d’idées (mais ne l’a apparemment pas convaincu…). Jacques Chirac à la nécessité, comme chef d’Etat, d’avoir une énergie indomptable (exit donc les critiques à l’égard du « roi fainéant » ?). François Mitterrand à la nécessité de prendre du recul sur certains événements pour se donner le temps de réfléchir (le recul, c’est bien vrai, c’est ce qui caractérise le mieux la « méthode Sarkozy »…) Valéry Giscard d’Estaing à la précision dans ce qu’on doit dire (Notre homme a juste assassiné à plus de cent reprises les frères Bescherelle, les rois de la grammaire) ».
Les Etats-Unis, «la première puissance démographique»!
Sur les Etats-Unis, là, c’est encore plus pathétique : « L’Amérique, c’est un pays fantastique. C’est la première puissance économique du monde. C’est la première puissance monétaire du monde. C’est la première puissance militaire. C’est la première puissance… démographique ! » C’est sûr que la Chine et l’Inde sont des petits joueurs dans ce dernier domaine, et que le dollar, dont personne ne veut plus sur les marchés, se porte comme un charme. Mais qu’importe, nos deux interviewers de choc ne relèvent pas : Tic et Tac ne vont surtout pas s’amuser à contredire Monsieur le Président. Ni même lui demander de préciser sa pensée quand il se montre un poil excessif : « [Les Américains] sont des alliés structurels, ce sont des alliés… définitifs ! » Mais après tout que pourrait-on attendre de deux « journalistes » qui prennent pour argent comptant la confidence débile que leur livre Serge Danlos, un « ami d’enfance » du Président ? Son admiration sans limites pour les Etats-Unis lui viendrait, nous expliquent-ils, de la série «Rintintin» ! Et Malard et Vaillot, eux, ont appris leur métier devant « Lassie, chien fidèle » ?
A Sarkozy, le Liban, l'Europe, le monde entier reconnaissants!
Rebelote quand Nicolas Sarkozy évoque le Liban et « s’autocouvre » de louanges : « Aujourd’hui, deux ans après mon accession à la présidence de la République, le Liban va-t-il plus mal ou mieux ? »
Bien entendu, Tic et Tac, aidés à l’autre bout de l’oreillette par
Magali Forestier, laissent l’Omnipotent répondre lui-même à cette
question : « [Le Liban] est sorti de l’actualité des attentats. Il y a maintenant un gouvernement, un président, il y a eu des élections… » A Sarkozy, le peuple libanais reconnaissant…
Et (re)rebelote quand le locataire de l’Elysée justifie le retour de la France dans le commandement intégré de l’Otan.
Les « frères Lumière » de France 5 se contentent, une fois de plus,
d’acquiescer de la tête dans un silence si complice qu’il en devient
dérangeant. Et pour eux de conclure cette séquence en expliquant aux
téléspectateurs que oui, c’est vrai, la position de la France, avant
que Sarkozy n’agisse, un pied dedans un pied dehors, était très « hypocrite ».
On touche le fond, lorsque le documentaire se décide à aborder le passage du premier des Français à la tête de l’Europe
et la crise géorgienne. La preuve en deux petits commentaires si bien
sentis qu’ils feront se plier en deux une bonne partie du continent : «
En six mois, Nicolas Sarkozy acquiert une véritable dimension
internationale et, à l’époque, le contexte n’est pas facile. Et comme
dit le proverbe, c’est souvent dans la difficulté que les hommes se
révèlent… », « La présidence française a bousculé les vieilles habitudes de l’Union (…) Une Europe qui agit : la stratégie est payante et saluée par les 27 ».
Ca ne sert à rien mais on les interroge quand même!
Pour appuyer leur propos si clairvoyant, Malard, Vaillot et Forestier (qui auront bientôt, c’est certain, un manuel de journalisme à leur nom) ont décidé de ponctuer de plusieurs témoignages les 60 minutes que dure le nouveau clip de campagne de Sarkozy. Ceux de véritables contradicteurs ? Non, pas la queue d’un. Ceux de proches du Président ? Ça oui et à la pelle : Henri Guaino, Claude Guéant, Jean-David Levitte et Brice Hortefeux. Mais aussi des intervenants de « classe internationale » : un Tony Blair sarkolâtre (louant l’«incroyable assurance» de Nicolas) et des chefs d’Etats en poste comme Angela Merkel, Gordon Brown et Bachar El Assad. Là, c’est sûr, les critiques vont pleuvoir comme vache qui pisse. Mais le pire, c’est que Magali Forestier reconnaît les limites d’un tel choix : « Quand des chefs d'Etat en exercice parlent d'un président en exercice, confie-t-elle sur le site de France 5, c'est vrai qu'ils restent un peu dans les compliments pour éviter les incidents diplomatiques. » Ce à quoi on a envie de lui répondre : ok mais pourquoi les interroger si on est certain qu’ils ne serviront que du vent ?
Sarkozy «prend un petit peu de hauteur»!
La réponse à cette question, on y a droit en fin de documentaire, quand
le gentil flic Vaillot et le… gentil flic Malard se lancent dans un
dialogue savoureux :
- B.V. : «
Finalement, ce qui est frappant avec Nicolas Sarkozy, c’est qu’il a un
peu changé quand même. Lui qu’on connaissait plutôt accessible, direct,
on a l’impression aujourd’hui qu’il prend un peu de distance, un petit
peu plus de hauteur. »
- C.M. : « Je pense qu’il a pris
conscience de son rôle, de la fonction qu’il incarne. Bref, j’ai quand
même le sentiment qu’il s’est présidentialisé. »
- B.V. : «
En tout cas, ce qui n’a pas changé, ce sont ses ambitions, elles
demeurent les mêmes. Maintenant, est-ce que durant les trois années
qu’il lui reste, il aura le temps
de tout
réaliser?»
- C.M. : « Et qui te dit qu’il n’y aura pas un deuxième mandat ? »
C’est sûr qu’avec des journalistes à l’esprit critique aussi affûté, Sarkozy n’aura aucun problème pour rempiler…
lundi 22 juin 2009
ET LE SOUVERAIN PARLA DEVANT SES SUJETS !!
Versailles: Sarkozy venu «par la petite porte» :
REVUE DE PRESSE
La prestation présidentielle de lundi devant les parlementaires réunis en Congrès laisse globalement la presse «sur sa faim». Celle-ci s'interroge ainsi sur le choix de cette «pesante formule pour avoir aussi peu de choses à annoncer».
Un discours «classique», «attendu», guère à la hauteur du décor et du caractère inédit de cette première institutionnelle. Souvent déçus au lendemain de l’intervention présidentielle devant les deux assemblées réunies en congrès à Versailles, les éditorialistes s’accordent à pointer le «décalage» entre les mots et la photo du président de la République, hier dans l’hémicycle de l’Aile du Midi.
«Le contraste frappe, relève Laurent Joffrin (Libération). D’un côté, la pourpre et les ors, très monarchiques, la double haie de gardes, très républicains, et l’entrée sous les applaudissements du Congrès, très américains.» Mais au regard de l'«ensemble fort solennel», le propos reste «certes honorable, mais aussi classique que la cérémonie qui l’entoure était nouvelle». Bref, «un discours inattendu par son caractère...attendu», conclut-il.
«Tout ça pour ça?»
S’il prédit que «l’image du président de la République, face au Congrès sous les ors de Versailles, entrera dans les livres d’histoire», Xavier Panon (La Montagne) estime que «pour le discours, c’est moins sûr». «Absent du Congrès depuis un siècle et demi, le chef de l’Etat y est revenu par la petite porte», renchérit Jean-Francis Pécresse dans Les Echos. «Tout ça pour ça?», conclut Michel Lépinay (Paris-Normandie), resté lui aussi «un peu sur sa faim».
«Alors, pourquoi la solennité, la pompe et les ors de Versailles? Pourquoi avoir choisi la pesante formule de l’adresse présidentielle au Congrès pour avoir aussi peu de choses à dire et à annoncer?», relance Le Républicain Lorrain, selon lequel «la mise en scène» permet de capitaliser sur le score de son camp aux européennes mais surtout de «donner plus d’écho à la parole présidentielle en ces temps où, au fond, le chef de l’Etat n’a pas grand-chose à dire». Au point, pour Patrick Fluckiger (L’Alsace), de «reprocher un coût superflu en pleine crise économique» à ce «grand show politique».
«Plus solennel que substantiel»
Au classement des annonces relevées par la presse, celle d’un grand emprunt national sort en tête. Un moyen pour «trouver de nouvelles marges de manoeuvre» mais aussi une «idée empruntée au PS - l’une des rares propositions originales de son contre-plan de relance -», rappelle Erik Izraelewicz (La Tribune), qui juge le discours «plus solennel que substantiel» et augurant d’«un changement plus solennel que substantiel». Pour Hervé Cannet, de La Nouvelle République du Centre-ouest, «l’emprunt d’État qui sera lancé à l’automne est, de fait, la seule annonce spectaculaire».
Si Laurent Joffrin fait valoir que «la droite elle-même ne cachait pas sa déception», Etienne Mougeotte est sans doute le seul à tresser des lauriers à Sarkozy pour son «audace visionnaire et mobilisatrice» et son «indéniable hauteur de vue». Dans Le Figaro, il loue une prestation qui «avait incontestablement du soufle».
«Le costume d’homme d’Etat d’envergure»
Sans avoir été subjugués par sa stature, plusieurs éditorialistes relèvent tout de même chez Sarkozy, une volonté de troquer son personnage d’hyperprésident pour celle d’un homme «plus rassembleur, plus consensuel», selon Rémi Godeau, dans l’Est Républicain. En prenant la «défense du "modèle français"», Sarkozy «l’Américain, un temps accusé de vouloir casser le pacte social, s’est présenté en gardien de cet "héritage commun"».
Celui qui compte «se débarrasser de son image d’"hyperactif tendance égocentrique en campagne permanente"», décrit Philippe Palat (Midi Libre), veut «enfiler le costume de l’homme d’Etat d’envergure».
Plus que sur un glissement d’image, c’est sur le «changement de République» que s’attarde la presse. «Celle-ci s’apparente à un régime présidentiel à l’américaine, avec toutes les nuances monarchiques issues de notre histoire», considère Patrick Pépin (Nord Eclair).
Fillon en «gentilhomme de cour»
«En définitive, la France change avec le régime», confirme Jean-Marc Raffaelli, qui y voit «un pas de plus vers une présidentialisation parfaitement assumée».... et la relégation du Premier ministre «au rang de gentilhomme de cour». D’autant que, selon la presse, le discours s’apparentait à une déclaration de politique générale, prérogative du chef du gouvernement. Alors que Xavier Panon (La Montagne) ironise sur «le surintendant Fillon», Jean-Marcel Bouguereau (La République des Pyrénées). Patrick Apel-Muller (L’Humanité), le dépeint «sagement assis à son banc» écoutant, «un peu absent, les consignes qui tombaient de la bouche présidentielle».
Toutefois, la gauche ne sort pas non plus grandie de la séquence versaillaise, conlut la presse, moquant «le Tiers État de l’opposition, réuni au jeu de... paumés» (La Montagne, Xavier Panon). Dans l’Union, Hervé Chabaud fustige «une opposition plus pressée à boycotter Versailles ou à faire le pitre devant la salle du Jeu de paume sans crainte de manipuler l’histoire». Alors que «Verts et rouges ont jeté l’éponge», les socialistes «ont refusé le débat, déplore Jean-Marc Raffaelli (Nice-Matin). Comme si la politique de la chaise vide pouvait renforcer une assise.»
vendredi 17 avril 2009
LE GROSSIER SARKOZY S'EN PREND A SES HOMOLOGUES INTERNATIONAUX !!
Sarkozy déclenche une bronca médiatique internationale :

17 avril 2009 15:15, Les mots ont un sens, par Napakatbra
Dans son édition de jeudi, Libération a lâché une bombe. La veille, Nicolas Sarkozy recevait des parlementaires de toutes tendances pour un dîner à l'Elysée. Le chef de l'Etat y a violemment critiqué ses homologues étrangers : Obama, limite incompétent ; Barroso, "totalement absent" ; Zapatero, "peut-être pas très intelligent"...
Selon Libération, qui cite plusieurs élus présents lors de la petite sauterie, Nicolas Sarkozy s'était livré à un festival de "moi je" lors d'un retour d'expérience sur le G20 qui a rapidement viré à la critique généralisée de ses homologues internationaux. Des propos tenus en privé mais devant des parlementaires, Nicolas Sarkozy savait parfaitement qu'ils seraient rapportés à la presse. Tout le monde en a pris pour son grade.
Barack Obama : "un esprit subtil, très intelligent et très charismatique. Mais il est élu depuis deux mois et n'a jamais géré un ministère de sa vie. Il y a un certain nombre de choses sur lesquelles il n'a pas de position [...] il n'est pas toujours au niveau de décision et d'efficience". José Manuel Barroso : "totalement absent du G20". Angela Merkel, simple suiveuse : "Quand elle s'est rendu compte de l'état de ses banques et de son industrie automobile, elle n'a pas eu d'autre choix que de se rallier à ma position". Jose Luis Zapatero : "Il n'est peut-être pas très intelligent. Moi j'en connais qui étaient très intelligents et qui n'ont pas été au second tour de la présidentielle [...] L'important dans la démocratie, c'est d'être réélu. Regardez Berlusconi, il a été réélu trois fois". En fait, deux fois, mais c'est un détail.
"Stupide, immature, hors de propos"
La presse internationale s'est immédiatement saisie de l'affaire, comme un seul homme. Bien obligé, l'Elysée a mollement démenti... au sujet de Zapatero, qu'il doit rencontrer dans 10 jours. Pour le reste, silence radio.
"Stupide, immature, hors de propos : le jugement de Sarkozy sur ses homologues" titre en Une The Guardian, incendiant littéralement Nicolas Sarkozy, qui avait "déjà irrité ses homologues avec sa vantardise, les avait épuisé avec son hyperactivité et offensé avec sa tendance à envoyer des textos lors des réunions", mais cette fois-ci, note le quotidien britannique, il s'est "surpassé". En l'espace d'un déjeuner, "le président français s'est débrouillé pour rabaisser Barack Obama, traiter Angela Merkel avec condescendance et insulter" le premier ministre espagnol conclut le quotidien.
"Nicolas Sarkozy insulte les leaders mondiaux"
"Nicolas Sarkozy insulte les leaders mondiaux autour d'un déjeuner" titre le Telegraph, pour qui "Sarkozy n'est pas connu pour son tact" mais plutôt pour sa "réputation de personne grossière". Le Times note que pour Nicolas Sarkozy, "le président Obama est faible, inexpérimenté et mal informé sur le changement climatique" et décrète la "fin de la brève lune de miel franco-américaine". Le New-York Times, incisif, décrit un Nicolas Sarkozy toujours prompt à "se vanter et descendre ses homologues". "Dans le monde de Sarko, le président Obama est faible, inexpérimenté et mal conseillé, Angela Merkel n'a pas compris les problèmes économiques de son pays..." résume le quotidien.
L'Espagne polémique
Côté espagnol, la polémique a rapidement pris de l'ampleur. El Pais reste sceptique quant aux démentis de l'Elysée et cite la réaction de responsables politiques nationaux qui prennent la défense de leur premier ministre. Même Esteban González Pons, vice-secrétaire de la communication du Parti populaire (opposition), a exprimé sa "gêne". "Je ne me réjouis pas de ces déclarations, même s'il a parfois raison. Zapatero est notre chef d'Etat, c'est comme ça, s'il est attaqué, nous devons le défendre" a-t-il déclaré. Le Diario de Noticias titre que "Sarkozy ridiculise les autres leaders". Et ABC (de droite) insiste sur "le complexe de supériorité" du dirigeant français.
Bienvenue en Sarkozye...
samedi 11 avril 2009
SARKOZY DANS LES MÉDIAS : RETOUR A LA NORMALE ??
Temps de parole : camembert, Président !

Le Conseil d’Etat inflige un camouflet au CSA et exige que les interventions de l’Elysée soient prises en compte.
par Isabelle Roberts,
Raphaël Garrigos Monsieur
le président de la République, merci de bien vouloir fermer votre
clapet. C’est en substance le message qu’a adressé le Conseil d’Etat à
Nicolas Sarkozy en décidant hier que le temps de parole du Président
dans les médias serait désormais pris en compte. C’est aussi une grosse
claque pour le Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) et son
président, Michel Boyon, qui se voient renvoyés dans les cordes pour
« erreur de droit », le Conseil d’Etat estimant que le CSA ne peut
« exclure par principe toute forme de prise en compte des interventions
du président de la République et de ses collaborateurs dans les
médias ». Car aussi incroyable que ça puisse paraître, jusqu’à
présent, le temps de parole du président de la République était
décompté mais pas imputé. C’est-à-dire que le CSA relève toutes les
interventions diverses et variées de Nicolas Sarkozy, mais en fait des
cocottes en papier : ça s’arrête là. En effet, hors période
électorale, le temps de parole des personnalités politiques doit
respecter un équilibre entre gouvernement, majorité et opposition.
C’est ce qu’on appelle la règle des trois tiers (un terme impropre,
puisque 10 % sont normalement réservés en plus aux formations qui ne
sont pas représentées au Parlement). Trois tiers, mais zéro pour le
président de la République ; celui-ci étant supposé être au-dessus des
partis. Problème : que fait-on quand, par la grâce du suffrage
universel, on se retrouve doté d’un omniprésident qui se mêle de tout,
intervient à tout bout de champ, se substitue aux ministres et d’un
claquement de doigt convoque les télés ? C’est le cœur de l’analyse
effectuée par le Conseil d’Etat, qu’a pu consulter Libération : le
Président « n’est pas seulement l’arbitre qu’évoque la Constitution, il est aussi un capitaine »
. Et ce quel que soit l’hôte de l’Elysée, prend soin de noter le
Conseil d’Etat remontant à Mathusalem, en l’espèce un discours de
Giscard en 1978 destiné non pas à s’afficher en père de la nation mais
bien à botter les fesses de Mitterrand. Le Conseil d’Etat se fait plus
précis, concluant que « le chef de l’Etat est donc en pratique “l’homme d’une politique” » . Résultat : « Il paraît difficile de considérer que la parole présidentielle est, par nature et toujours, neutre. »
Et pan dans les ratiches du CSA. Interpellés à plusieurs reprises par
le PS quant à « l’omniprésence » médiatique de Nicolas Sarkozy, Boyon
et ses conseillers ont toujours envoyé bouler les demandeurs. Et ce au
motif d’une autre décision du Conseil d’Etat sur la question, mais qui
ne portait que sur le référendum européen de 2005. Saisi à l’automne
2007 par les socialistes François Hollande et Didier Mathus, le Conseil
d’état a mis le CSA KO. Mais il va devoir se reprendre. Car il lui faut établir
de nouvelles règles, conformes cette fois au droit et à la
Constitution. Et fissa, exige François Hollande qui a demandé au CSA de
s’adapter « dès le mois prochain ». Idée simple :
inclure le temps de parole du président de la République dans celui du
gouvernement. Problème : entre Nicolas Sarkozy et l’équipe de François
Fillon, l’un ou l’autre va devoir la mettre en veilleuse, car si l’on
additionne paroles présidentielle et gouvernementale, on arrive à des
sommets. Mais dans son analyse, le Conseil d’Etat donne une
piste : distinguer dans le verbe sarkozyste ce qui ressort de la
parole présidentielle et de celle du chef de la majorité. C’est-à-dire
passer du quantitatif au qualitatif. Ainsi, explique le Conseil d’Etat,
les discours de Sarkozy devant le Parlement européen, ses hommages à
des personnes décédées ou « une allocution glorifiant la Résistance »
ont à voir avec la fonction présidentielle. Et ne seraient pas pris en
compte. Tout le reste, en revanche, devrait l’être. Mais, note le
Conseil, « le tracé de cette frontière » sera « délicat ». Surtout quand un Sarkozy s’est fait expert dans l’art de brouiller les pistes.












